VI DEDICACE
Pourtant, il est des faits publics, qui vous découvrent, malgré votre désir de silence, et obligent à vous admirer sans vous connaître. Peu à peu, avant que le voisinage de l'été nous mît en rapports, j'avais dû remarquer que votre magnifique générosité n'était pas la contribution automatique, si fréquente et banale, de la Fortune à la souffrance, à la misère environnante, aux désastres épisodiques. Vous poursuivies un Idéal, d'autant plits désintéressé qu'il ne relève d'aucune confession spirituelle, — et vous n'attendez de récompense d'aucune part. Vous ne vous inspirez que de la Pensée Libre, — et vous n'avez pas la naïveté de compter sur la gratitude contemporaine. Vous faites le bien pour le Bien, — non pas au hasard, aux secousses d'une sensibilité impulsive, mais avec préméditation, avec une foi robuste dans le Progrès social. Vous faites le bien, malgré tout le mal qu'il y a à faire le bien. Je n'aurais pas cru que cela fût difficile à ce point, si je n'avais vu, à les toucher des yeux, les barrières incroyables que les administrations civiles et militaires peuvent dresser