‹ Dans un coucou comedie vaudeville en un acteChapitre 13 sur 36 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

Les Mêmes, MARIE.

MARIE, à part, entrant par la gauche et sc croyant seule. * Tant d'amour mo met sur des épines I... Mon Dieu! pourvu qu’il no fasse pas d’extravagances ! (voyant corbillon.) Ciel l mon mari!

CORBILLON, à part-

Elle est encore sous l’impression de tout-à-l'hcure! c’est le moment! (Haut.) Ah! c’est toi, chérie?

MARIE

As-tu fait bonne chasse?

CORBILLON

Atroce! atroce!... pas plus de lièvre que sur mon pouce... Aussi, je suis contrarié éreinté et... altéré surtout ! Baplistiue, donne-moi à boire, ma fille !

* Corbillon, Mario, Bapligtine.

■JG

BAPTISTINE, passant près de lui.'

A... a boi...

CORBILLON, avec intention.

Un verre d’eau sucrée.

BAPTISTINE, balbutiant.

Oui... sucrée... m’sieu...

MARIE, à Baptistine.

Depéchez-vous donc !

BAPTISTINE, allant au buffet.

V’Ia, m’ame Corbillon... v’ià m’sieu. (Elle prend en tremblant un verre sur le buffet, y met de l’eau et du sucre et redescend à la droite de Corbillon, tenant d’une main le verre et de l’autre le paquet de mort aux rats.)

CORBILLON, bas à Baptistine. **

Et la mort aux rats... que tu oublies. (Elle tremble, veut rendre le paquet à Corbillon qui le prend et en verso le contenu dans le verre.) Va donc I ça n’est pas plus difficile que ça! (Il prend le verre et se lève. — Baptistiue ne dit mot ; il la regarde. — Haut.) Ah I ah ! je vais donc me désaltérer, (il porte lo verre à sa bouc!* 0 » en gagnant le milieu. — Bas et de loin à Baptistine.) Va donc... « Heu 1 je suis une malheureuse !... » (Baptistine ne dit mot. — il porte de nouveau le verre à scs lèvres.) Ah I jo vais donc me désaltérer.

BAPTISTINE, à part.

Y va boire tout d’ bon ! (Haut.) N’ buvez pas, m’sieu I n’ buvez pas I (Elle court à lui.)

MARIE

Que signifie?

baptistine, à Marie.

Empéchez-lel c’est de la poison.

MARIE

Ciel !

CORBILLON, jouant l’effroi.

Horreur! (il va porter le verre sur le bureau.)

BAPTISTINE'

V’Ià l’argent! j’ veux pas laisser faire une chose pareille devant mes yeux. (Elle jette les billets de banque.)

MARIE, les ramassant.’*'

Trois billets do cent francs ! ah !

corbillon, prenant les billot* des mains de sa femme.

Trois cents francs en billets... oh! (U les met dans sa poche.)

baptistine, avec force.

J’épous’rai point Cadet Pierre... mais au moins, j’aurai lacon* science tranquille, vous n’ vous poiâonu’rez pus.

* Corbillon, ltaptidtiao, Marie,

** UaplisLiiic, Corbillon , Marie.

Jidpusiinc, Marie, (iorbilloo.

SCIiNlï IX.

CORBILLON, l’interrompant vivement, ch se jetant entre elle et sa femme."

Hum! hum ! non, on ne m’empoisonnera pas... la trame est déjouée! mais c’est égal on n’en a pas moins essayé de mo détruire... (Avec une grande volubilité.) Ainsi, après avoir comblé ma commune do bienfaits, mes concitoyens de largesses... dernièrement encore, j’ai donné deux francs... j’ai donné quarante sous pour bâtir la nouvelle mairie... je sais bien que ce n’est pas... mais enfin... après, dis-je, avoir comblé ma commune de bienfaits, j’apprends qu’on en veut a mes jours!... j’ai des ennemis qui me menacent jusque chez moi... jusque dans les bras do mon épouse adorée, jusque sous los yeux de mes onfants... (Mouvement de Marie qui le regarde étonnée. — il se reprend.) si j'en avais... do mes pauvres petits enfants... des chérubins blancs et roses... et ce sont mes gens que l’on choisit pour la perpétration do l’homicide I... on les gorge d’argent! que dis-je ï on les gorge d’or ! que dis-je?... on les gorge do billets do banque I

MARIE

Il faut que cette malheureuse fille nous apprenneà l’instant...

BAPTISTINE

Oui, m’amc Corbillon, j’ vas vous dire.

corbillon, l’interrompant avec volubilité.

Chère amie, les criminels sont comme dos bêtes féroces, c’est par la douceur qu’on les apprivoise, (a Baptistine.) Je vous crois innocente... vous n’avez pas approfondi la... profondeur d’un crime aussi... profond! vous n’avez pas compris le...

BAPTISTINE, naïvement.

Non! je n’avions point compris, m’sieu.

CORBILLON

Hocommeuceriez-vous un pareil attentat?

BAPTISTINE

Oh non !... et st vous...

corbillon, l’interrompant.

Port bien... je vous pardonne, quant à celui qui vous a remis cette poudre insalubre...

BAPTISTINE

C’est...

corbillon, vivement.

Je ne veux pas le connaître.

Puisque c’est vous...

CORBILLON, vivement et très-haut.

C’est moi... qu’il voulait détruire... oui... je lo gênais poutétre... mon Dieu I (a Baptistiue avec dignité.) Allez a votre cuisine, innocente criminelle... et, pour que désormais vous ne

* Baptistine, Corbillon, Marie.

succombiez plus à la tentation de l'or, j’augmente vos gages..* allez I

M A lu G , à part.

Mon mari est plus grand que César !

CORBILLON

Air : S Ion cœur à l’esptir s'abandonne.

Je pourrais bien, pour un tel crime, Vous envoyer devant les tribunaux ; Mais, plus grand et plus magnanime, je vous renvoie à vos fourneaux.

Allez, allez à vos fourneaux !...

( Haptisline passe au milieu .* — A part.).

Je suis lier de mon stratagème!

Pour combattre de tels brigands,

Il faut s’exterminer soi-même,

C’est I’ moyen de vivre longtemps...

On peut aller jusqu’à cent ans.

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