scène dans l’attitude d’un homme qui réfléchit profondément, le
coude droit dans la main gauche et le menton appuyé dans la main
droite, à lui-méinc.
Position perplexe que la mienne ! Je suis jaloux et je ne le suis pas ! c’est-à-dire que je ne le suis pas... et que pourtant je le suis. Tout-à-l’heure je jouais avec le feu... Je taquinais mafemmo! Il me fallait un prétexte. J’ai planté Antinolis et il a germé 1... Ai-je raison de craindre? ai-je tort de ne pas craindre? voilà ce qu'on appelle avoir la conscience... entre doux selles!... Non, ce barbichu no mérite pas ma colère... Mais pourquoi diable Marie est-elle si tiède à mon égard ? (Baptistinc remonte, va prendre la table du fond, l’apporte au milieu du théâtre et sc inet à l’essuyer. — CorbiUon passe à droite.)* Encore, pour me consoler si je pouvais contempler madame Pimpernell... Pnsli! la belle charpente !
BAPTISTINE
Eh bien I vôbs ne partez donc pas?
CORBILLON, regardant Baptistinc, à part.
Tiens, mais elle est fraîchoue, ma bonne ? (Haut.) Qu’est-ce que tu fais là , joune cauchoise? (Il pose son fusil contre le secrétaire.)
BAPTISTINE
Eh 1 je nettoye donc !
CORBILLQN, venant à elle.
Ah ! tu nettoies, toi ?... Eh! eh !
BAPTISTINE, riant.
Eh ! ch ! eh 1
(La table est au milieu du théâtre, Baptistinc la nettoie. Dès que Corbillon s’approche , elle pose ses deux mains sur la table. — CorbiUon en fait autant de l’autre côté.)
CORBILLON, à part, la regardant.
Elle rit bêtement, mais sa bêtise a les dents blanches ! Je ne soupçonnais pas cette mercenaire d’avoir quelques attraits.
BAPTISTINE
Vous me faites do drôles de z’yeux ?
Je trouve que tu ressembles... moins la charpente... à m’ame Pimpernel... ou à une femme...
BATI STINE .
Que vous avez connue ?
* Baptistine, Corbillon.