‹ Dans un coucou comedie vaudeville en un acteChapitre 9 sur 36 · ANTINOUS, MARIE · texte numérisé non relu

ANTINOUS, MARIE

ANTINOUS, entrant comme un fou par la fenêtre du fond. Femme adorable ! femme adorée! il y a trois minutes la nature était extra-morose; tout-â-coup, un pot do réséda parait à cette fenêtre.

Air do Docue. { Une Pats ion).

Alors, à sa vue ,

Fêtant mon bonheur,

S éclaircît la nue.

Et s’ouvrit mon cœur...

Mon sensible cœur !

Que ma tendre flamme A tes deux genoux,

. S’exhale... ange ou femme,

Aimer est si doux!

Ah! ah! ah! ah! ah! ah !

Tra la la la la la la.

N’cst-ce pas, ô femme,

Qu’aimer est bien doux ?

Tra la la la la la la.

(Tombant aux genoux de Marie.)

Partage ma flamme !

Nargue ù ton époux !

Aimons-nous, ô femme !

Aimer est si doux !

MARIE

Relevez-vous, Antinous ! votre effervescente passion m’épouvante! depuis cette soirée d'hier, je ne vis plus,., j’ai peur!

ANTINOUS, qui s’est relevé.

De qui ? de qui ?

MAUIE.

De vous... et puis on peut venir.

ANTINOUS

Qui? qui? qui? diles-lo ? osez le dite... votre mari, un abominable tyran.

AntinoUs I

ANTINOUS

Abominable tyran, je le répète. Cotte nuit, n’ai-je pas surpris des éclairs dans son oeil farouche, tandis que nous valsions tous

deux enlacés!... n’ai-jcpas ouï ses grincements de bête fauve lorsqu’il vous entraîna loin du bal... bien malgré vous!... estce vrai ?

MARIE

Oui, mais il me le paiera.

ANTINOUS

Pourquoi cette violence? pourquoi cet outrage? qu’a-t-il à vous reprocher, cet homme ?

MARIE

Rien!

ANTINOUS

Infamie 1

marie, avec ressentiment.

Non, rien! et quand je pense à sa conduite indigne, pendant cette soirée d’hier... «

ANTINOUS

Oh! je vous soustrairai au sort qu’il vous réserve!... nous fuirons ensemble I

marie, effrayée.

Non, AntinoUs I oubliez plutôt que vous m’avez aimée.

ANTINOUS

Et devez- vous oublier, vous... ange aux ailes d’or... que, pour vous voir, j’âi dû simuler un commerce de farine? oubliez-vous que nous naquîmes porte à porte ?... Non... non... Marie, élevée dans le premior pensionnat... de Caudebec, vous ne pouvez pas décemment vivre sous le même chaume que ce farinier... incongru!... Partons ensemble, allons-y ! (il veut l’entraîner.)

marie, refusant.

Laissez-moi '•

ANTINOUS

Allons habiter une île désorte, je serai votre Robinson... vous serez mon Vendredi I la comparaison n’est pas exacte... c’est égal, venez 1 fuyons !

MARIE, faiblement.

Non!... voici vos lettres, rendez-moi les miennes. (Elle tire de sa poche un paquet de lettres qu’elle lui présente.)

ANTINOUS, avec une dignité comique, prenant les lettres et en tirant un autre paquet de sa poche.

Auriez-vous pu craindre... ali! fi ! les voici... Mais non, je veux les conserver... ces pages d’une autre histoire.

MARIE

Toutes ?

ANTINOUS, remettant dans sa poche les deux paquets de lettres.

Toutes! il y en a trente-trois, dont vingt-neuf non affranchies... oh (Marie, dites à la face du ciel que vous aimez encore votre petit Nous ■

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