L'ŒUVRE
pouvait en écrire un esprit d'une aussi grande élévation, mais un esprit du XIII* siècle.
La Vita nuova, dont la composition bizarre n'est pas sans attrait, et où l'allégorie systématique prend des accents d'une douceur et d'une tendresse ineffables, est d'une lecture irritante, en raison de la difficulté que l'on ressent d'y démêler ce qui est histoire ou roman, vécu ou imaginé, pleuré ou versifié*.
Poète, moraliste ou philosophe, Dante a pu être égalé ou surpassé dans le cours des siècles.
Mais la Divina Commedia est de tous les temps et de tous les mondes, et c'est
penseur, c'est comme artiste qu'il ouvre un âge nouveau. » (La Grande Encyclopédie , article Dante.)
1. On doit considérer la Vita nuova comme une sorte d'autobiograpliie consacrée à l'amour de Dante pour Béatrice.
cette œuvre, indéfinissable et inimitable, qui a entraîné dans son immortalité des œuvres, assurément curieuses et attachantes; mais demeurées trop loin de nous.
Les trois parties dont elle se compose, ses trois Cantiche, offrent chacune un caractère étrangement distinct.
Dans Y En fer, c'est le drame; dans le Purgatoire, c'est la philosophie; dans le Paradis, c'est la poésie*.
La sensation domine dans la première, la raison dans la seconde, l'idéal dans la dernière.
Il semble qu'à mesure que le poète avançait dans son œuvre, son imagination s'élevait et s'épurait.
\ . Cette poésie est extraordinairement lumineuse ; mais Téclat qu'elle projette se trouve souvent obscurci par des digressions théologico-philosophiques qui contrastent singulièrement avec la lumière dont le poète aime à envelopper ses personnages.