I.a lâcheté s'étend comme une lèpre immonde
Guido, quand on n’est pas un traître, — on est trahi! l'n seul moment, un seul m'a changé : j’ai haï' '
GUIDO
Mon ami, je ne puis te cacher ma surprise :
Quoi! tu leur fais l’honneur de t’indigner?... Méprise Tous ces puissants d’un jour qui régnent à genoux;
Tu descendis vers eux, tu remontes vers nous! Pourquoi désespérer? pourquoi te plaindre même, ■ O Dante? — n’as-tu pas ton rêve, ton poème Dont les matériaux, épars sur le chantier.
Réclament tes efforts, tes soins, toi tout entier?
— Frère, partons; peut-être en est-il temps encore; J’ai près de l’Apennin une maison que dors Le soleil au levant, dont le seuil attiédi De platanes touffus est couvert au midi,
Kt dont un gai ruisseau, naturelle limite.
Remplit l’air de chansons que le poète imite!
Tu te retrouves là, là tu te reconnais.
Nous cueillons à l’envi les fleurs et les sonnets; Réatrix t’y rejoint, votre union s’achève.
Dans un calme joyeux s’accomplit ton beau rêve,
Te voilà sans tourment, sans fièvre, sans ennui...
DANTE
Guido, ee serait fuir, — Dante n’a jamais fui !
GUIDO
Mais peut-être la mort....
DANTE
C'est le commun partage.
Mais.