ACTE V
BBDIfBTTO.
Mais Bardi n'est pas homme à lâcher sa Tictiose.
BÈATBix, à part, regardant les tablettes de Bardi. Ces tablettes... sans doute... Hésiter est un crime.
DAXTE.
Beatrix! Beatrix! Puisque vous savez tout.
Pardonnez-moi ma feinte, ah ! mon amour m^absout : Je craignais tant de voir vos pleurs î
BEATRIX
Je vous pardonne.
Pardonnez-moi surtout si je vous abandonne; Orpheline déjà, le destin plus cruel Vous enlève un époux...
BËATRIX.
Il me reste le ciel !
Dante, la mort délivre ; elle est ma seule envie.
DANTE
Mais, jusque-là, pour vous quelle sera la vie !
— Ah! j’aurais dû, portant votre image en tout lieu. Vous pleurer seul dans l’ombre, et laisser faire à Dieu; Et, maintenant, j’aurais trouvé ma récompense, j Mais j’ai voulu lutter. Notre orgueil est immense. Chaque jour a brisé l’espoir que je formais.
Et nous voilà plus loin du bonheur que jamais!
BÉATRIX
Hélas!
DANTE
Ma vie, ainsi qu’un manteau qu’on déchire.
Traîne en lambeaux aux pieds de la foule en délire ; Pour gouverner l’état je me crus assez fort.
Je crus qu’il suffisait d’ètre honnête. J’eus tort î
BÈATRlx, avec reproche.
Dante !
DANTE
Adieu maintenant tant de choses aimées, Horizons infinis, retraites embaumées;
Comme tout était beau, Béatrii, n’est-ce pas? Comme tout souriait et chantait sur nos pas!
Jamais je ne sentis avec pareille ivresse S'éveiller sous mes doigts la lyre enchanteresse ; Jamais, reconnaissant et fier de votre amour.
Je n’aimai mieux la vie — et je n’ai plus qu’un jour
Hélas !
BÉATRIX
DANTE
Ah! malheureux! qu’ai-je dit? Elle pleure.
BÉATRIX
Non, non, Dante! Il est vrai, j’ai faibli tout à l’heure Mais j’eus tort de douter de la bonté de Dieu.
DANTE
L'heure du jugement est arrivée. Adieu.
A l’espérance, hélas! si mon âme est fermée.
J’emporte la douceur de vous avoir aimée ;
A vous, consolatrice, ange du sort vainqueur,
A vous donc le dernier battement de mon cœur!