‹ Dante et Béatrix drame en cinq actes et en versChapitre 63 sur 68 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BEATRIX

Secourez-moi, seigneur, fortiûez mon âme.

Dante est sauvé ! — Mon Dieu, soyez béni ! — Mais quoi? A jamais maintenant il est perdu pour moi.

Et Bardi... je serai sa femme, moi! sa femme !

Et j’ai lu maintenant jusqu’au fond de son âme.

Et tout à l'heure, ici, tout plein de sa fureur,

11 m’a prédit mon sort dans toute son horreur.

Moi sa femme I

(Elle s’arrête et chancelle.)

O mon Dieu! quel étrange délire!

Quel vertige! on dirait que mon cœur se déchire... Est-ce un horrible mal? est-ce un joyeux transport?

O mon Dieu, je ne sais....

(/ttw joie.)

Oh! si c’était la mort!

La mort, c’est le repos; la tombe, c’est l’asile;

Seigneur, rendez pour moi son approche facile;

Comme un enfant s’endort dans le sein maternel.

On s’endort dans la tombe et l’on s’éveille au ciel ; Donnez-moi ce sommeil des choses de la vie.

Donnez-moi ce réveil du ciel, ma seule envie !

(Avec ravissement.)

4e soutB'e... oh! ce n’est pas un espoir décevant...

Tout mon être frissonne ainsi qu’un arbre au vent...

Oh! redouble de force et que rien ne t’émousse. Aiguillon de la mort : ta blessure m’est douce!

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