ACTE V
Tantôt, vous espériez avec moi cet exil :
« Je vous suivrai partout en épouse fidèle; »
— Me disiez-vous. — Et moi, si je vous le rappelle; Si je n'hésite point à vous dire cela.
C’est que, je le sens bien, votre bonheur est là;
Le mien n'est que le vôtre, et mon âme attendrie Ne songe plus qu'à vous; que me fait la patrie? N’emporterons-nous pas la patrie avec nous?
O Béatrix, Texil est bon, l'exil est doux ! , • ,
Florence m’interdit seulement sa frontière.
Mais nous pourrons choisir dans l'Italie entière : Rome, Pise, Ravenne, ouvertes à nos pas.
Dès que nous partirons...
BÉATBIX.
Nous ne partirons pas!
DANTE
Béatrix! Qui vous force à tenir ce langage?
Vous ne manqueriez pas, je le sais, de courage ; Pourquoi donc, Béatrix, me parlez- vous ainsi ?
BÉATRIX
Ah ! vous ne doutez pas de moi, Dante, merci ! Hais... Ne voyez-vous pas que mon cœur se déchire? Ah! j’aurais cru cela moins terrible à vous dire !
— Dante, ma voix s’éteint, ma main tremble...
DANTE
BÉATRIX
Remerciez le ciel, Dante, c'est un bienfait.
Ma mort...
En effet!
DAirrB.
Que dites-TOus?
BÉATRIX
Eh bien, donc, tout-à-llieure.. .
Oh ! Priez avec moi, Dante, pour que je meure !
DANTE
Beatrix! Béatrix ! Quel malheur!... Je frémis!...
Qui donc m’expliquera ce my.stère?