‹ Darius; tragédie en 5 actes et en versChapitre 62 sur 69 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

STATIRA, BESSUS.

STATftRA bas.

Ciel ! le perfide Bessus !

{haut). Eh bien, dis-moi, cruel ! où donc est Darius?

BESSUS, avec une fureur concentra.

STATIRA

Je frémis.

BESSUS.

Ton époux?

STATIRA

Oui , perfide !

BESSUS l'entraîne vers la coulisse d'abord sans lui parler.

Regarde... le voilà.

( Statira pousse un cri et tombe évanouie ). BESSUS.

Je suis le pari-icidc.

L'assassin , le bourreau qui cause tes malheurs ; O vengeance ! ô plaisir ! je vois couler tes pleurs. Quelque soit mon forfait, j'en fais gloire, je l'aime j Oui, plus qut ton époux, je te frappe toi-même. Je jouis de tes maux, je me plais à les voir. Je ne puis être heureux que par ton désespoir.

8a DARIUS,

Cruelle ! comme toi, je veux être insensible. Oui, mon crime est affreux, aubominaLIe , horrible. J'ai frappe mon ami , mon parent et mou roi ; Mais ce crime me plaît , il me venge de toi.

STATIR A.

Dieux ! veillé-je ? est-ce un sènge ? et mon ame tremblante

Avait-elle enfanté cette image sanglante ?

Ce tigi-e....

BESSUS.

Tu le vois.

STATIRA

O comble de l'hoiTeur !

A ce funeste aspect je connais mon malheur. Monstre que les enfers ont vomi sur la terre. Hardi pour les forfaits et timide à la guerre. Assassin de ton prince, ennemi des vertus. J'abhorre dès long-tems le fai'ouche Bessus. Prévoyant des horreurs dont toi seul et capable, Je lisais dans tes yeux les remords d'un coupable. Et je te méprisais avant de te haïr ! Mais si je t'épargnai, je saurai m'en punir. Va, je n'attends de toi ni remise, ni grâce. Ainsi que ton amour je bi-ave ta menace : 11 est des Dieux, Bessus ! et du moins les humains Ont toujours en horreur les affreux assassins. Trenihle ! dans peu d'instans l'éternelle justice. Par la voix du vainqueur, va dicter ton supplice. Et te réserve encor de plus grands châtimens ; Oui, je veux de mes mains préparer tes tourmens;

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