CHAPITRE IV
tuelles de l'Église : David, figure du Messie, conçut l'idée du temple de Jérusalem et en prépara l'édification. Les paroles et les pensées du psaume cxvii peuvent être facilement rapportées à ce grand événement. David exprime à la fois sa reconnaissance pour les faveurs passées et pour les faveurs présentes.
Le psaume cxvii est un petit drame dialogué, comme le Cantique des cantiques, mais les interlocuteurs ne sont pas formellement désignés. La subite introduction d'un dialogue est un usage propre au lyrisme des Hébreux. Les quatre premiers versets sont chantés par les sept chœurs des prêtres et des lévites qui conduisent triomphalement l'arche sur la montagne de Sion, avec les animaux destinés au sacrifice (1). Le maître du chœur, peut-être Chonénias, que David avait choisi, à cause de sa science , pour présider les chœurs et entonner les mélodies (2), chante la suite jusqu'au verset 2*2, à l'exception des versets 15 et 16 qui sont une interruption du chœur et du verset 20, que chante le pontife. Par la bouche de Chonénias, David résume sa propre vie : de nombreux ennemis le menaçaient ; mais Jéhovah a soutenu son courage (5-18); aussi sent-il le besoin de le remercier (19-22). Ces derniers versets sont chantés à l'entrée de la ville de David, où l'arche devait être déposée. Le chœur des lévites, placé à l'entrée de la ville, reprend les versets 22-2^1-. Le maître du chœur adresse à Dieu, au nom de David, la prière du verset 25. Le pontife accueille le roi, le bénit et l'invite à préparer le sacrifice (26-27). Le maître du chœur, toujours au nom de David, chante le verset 28, qui est une action de grâces. Enfin, tous reprennent en chœur le verset 29.
(1) II Reg., VI, 12-13.
(2) I Parai., XVI, 22.
Cette manière de diviser et d'interpréter le psaume cxvii a été adoptée avant nous par le Talmud {Pesachim 119) et le Midrasch; la plupart des commentateurs, Maurer, Ewald , Hengstenberg , ont accepté cette division en y introduisant quelques variantes.
Ce psaume affecte la forme sentencieuse. Chaque verset a un sens complet, sa saveur propre et sa couleur. Les pensées néanmoins se suivent et se rattachent les unes aux autres, comme les rameaux à la branche, comme les fleurs sur une même tige.
Voici, avec les divisions que nous venons d'indiquer, la traduction sur l'hébreu du psaume cxvii.
Confitemini Domino quoniam bonus.
Le chœur.
1. Louez Jéhovah, parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde est éternelle.