INDICATIONS OPÉRATOIRES
Vu l’innocuité absolue de l'intervention, et ses résultats opératoires parfaits, nous estimons que cette opération doit être employée plus couramment el surtout plus tôt qu’on ne le fait d'ordinaire.
On ne peut comparer, en effet, la guérison ainsi obtenue (guérison définitive et durable) aux cathétérismes et lavages indéfiniment prolongés, ni au cathétérisme à demeure préconisé par M. Vacher et obtenu à l’aide de crins laissés en place pendant des années. |
Comme intervention opératoire, nous préférons l’ablation totale du sac ne voyant pas nettement lavantage de la sarco-rhinostomie préconisée par M. Trantas au dernier Congrès d'Ophtalmologie. Cette intervention, plus compliquée, ne semble pas assurer la perméabilité des voies lacrymales puisque la fluorescéine ne passe pas. Quant à l'intervention de M. Dupuis-Dutemps (suture de la muqueuse du sac à la muqueuse pituitaire) nous ne la citerons que pour mémoire n'ayant jamais eu l’occasion de la voir pratiquer.
HN de
En dehors des cas où la question d'intervention ne se pose pas, les Idvages, cathétérismes, etc., en assurant la guérison (voir le rapport de M. H. Villard au dernier Congrès d’'Ophtalmologie) il importe de distinguer deux catégories de malades : ceux qui sont soigneux de leur personne et ceux qui ne le sont pas, ou que leurs occupations empêchent de se soigner régulièrement. C’est ce qui explique que, dans la pratique privée, les indications d'opérer sont moins fréquentes que dans la pratique hospitalière.
Dans le premier cas, en effet, il est rare que l’on ail à enlever un sac, à part les cas de tuberculose, de lésion osseuse ou nasale. Ces malades viennent se faire soigner avant tout début de mucocèle, ou de dilatation du sac.
Dans ie second cas, au contraire, il s’agit souvent de malades qui, avant de venir consulter, ont attendu d’avoir un mucocèle gênant et mème, un refoulement abondant. Il n’est pas rare même, de voir laffection arrivée déjà à la phase de péricystite, de phlegmon, etc., lors de la première consultation.
Y a-t-il avantage, alors à attendre longtemps avant d'intervenir ?
Il est certain que, s’il s’agit de dacryocysiile aiguë on emploiera le traitement courant: lavages, lavages rétrogrades, nitrate d'argent, au besoin sondages, en se rappelant, toutefois, qu'ii faut éviter de traumatiser la muqueuse, donc, s'abstenir des sondes fines, n’employer que les grosses sondes. Ce traiteinent a, en effet, de très grandes chances de réussir.
Rene
La question de l'intervention se pose plus neltement dans tous les cas de lésions chroniques. C'est surtout ici qu'intervient la distinction que nous faisions plus haut. On s'inspirera, surtout, de l’:vantage du malade, en tenant grand compte de sa condition sociale qui lui permet une plus où moins grande perte de temps.
C’est ainsi que, dans la pratique hospitalière, ou similaire, on ne fera pas plus de un mois à deux mois de traitement, dans tous les cas de dacryocystite chronique avec dilatation et refoulement plus ou moins abondant. Plus le refoulement sera abondant ou rebelle au traitement, plus l'intervention sera précoce.
Les malades aisés, plus coquets de leur personne, craignent loujours une intervention faciale. Ils n'accepteront que rarement une ablation du sac, à moins qu’ils n’y soient forcés par de: accidents à répétition. C’est dans ces cas,qu'on pourra recourir soit au Stilling, soit à la stricturotomie et à la méthode des grosses sondes. Il faudra, dans les deux cas, bien prévenir les patients que l'intervention n’est pas curative et qu’ils auront encore à revoir leur oculiste pendant de longues années, plus ou moins souvent et plus ou moins régulièrement.
Si linfection lacrymale s'accompagne de lésions chroniques et rebelles des paupières, de la conjonctive, ou si elle s'accompagne de kératite, on interviendra rapidement. L'existence d’un ulcère à hypopion nécessite une opération d'urgence.
Au cours de cette étude, nous avons eu l’occasion de parler de l’ablation du sac, opération préliminaire à toute intervention portant sur le globe oculaire (cataracte, iridectomie, tatouage, etc.) chez tout malade présentant une infeclion, même légère, des voies lacrymales. Rappelons, encore, que c’est surtout dans ces cas qu’il faudra cautériser au galvanocautère les points lacrymaux, suivant le conseil de MM. Duverger et Velter.
Signalons, pour terminer, l'indication d'ordre militaire que nous relevons dans le rapport de M. H.Villard de cette année : l'instruction sur l’aptitude physique au service militaire portant que «l’épiphora très prononcé, la dacryocystite suppurée et la fistule lacrymale peuvent justifier l’ajournement ou la réforme » l’auteur conseille une opération précoce permettant la récupération rapide des jeunes gens.
En résumé, il faut se rappeler l’innocuité de l’ablation du sac et les excellents résultats qu’elle donne, afin de diminuer les pertes de journées de travail chez les ouvriers, employés et, en général, toute personne dont, seul, un travail suivi peul assurer l'existence,
Ch. Lebrun