‹ De l'abolition de l'esclavageChapitre 11 sur 12 · M RE · texte numérisé non relu

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leurs impôts en dégrévant de moitié les contribuables, selon cette proportion pour la France :

1 milliard étant aujourd’hni prélevé sur 7, on pourrait prélever 4 milliards sur 28, montant du quadruple produit; mais le fisc aura bien assez de 2 milliards. Les contribuables ne paieront done que 2/28 au lieu de 4/28 qu'ils paient aujourd’hui. L’avanfage sera le même pour tous les souverains; ils porteront aux nues Louis-Philippe, fondateur de la nouvelle industrie, tous brigueront l'alliance conjugale avec ses enfants; sa dynastie deviendra la plus stable du globe.

Un charme non moins flatteur pour eux sera la garantie d’une fin des révolutions et conspirations ; elles ont pour cause principale l’indigence, malesuada fames. Si Fieschi et Alibaud avaient été rentés à mille écus, ils n’auraient pas commis leur attentat; or, je puis prouver àärithmétiquement et en détails minutieux, que dans le régime sociétaire, le plus pauvre des hommes vit comme celui qui, aujourd’hui, a mille écus de rente en pays hors d’octroi. Pourra-t-on trouver dans un tel ordre, des assassins, des émeutiers poussés par la faim ?

Le roi aura donc fait d’un seul coup la conquête des monarques et des peuples; ses ennemis personnels deviendront ses plus zélés partisans. Les partis tomberont dans l’oubli; il sera évident qu’aucun d’eux ne pouvait rien pour le bonheur du peuple, parce qu'aucun ne peut l’enrichir ; sous les républicains ou les légitimistes il serait toujours réduit à la famine et au travail répugnant ; double malheur auquel succèdera tout à coup un double bonheur ? surtout dans les genres de jouissance auquel le peuple tient le plus, la bonne chère et l’insouciance du iendemain. | |

Il waura nul souci de femme ni d’enfants; car, en régime combiné la femme gagne beaucoup, l'enfant est entretenu jus qu'à trois ans par la phalange, à quatre ans il gagne déja sa subsistance, à six ans bien davantage. L'éducation est gratuite en tous degrés et genres.

Alors il ne pourra plus exister d’esclaves, parce que la domesticité combinée est un service infiniment meilleur ct moins coûteux que celui des esclaves. D'ailleurs tout propriétaire vou dra profiter du quadruple produit, il offrira à ses esclaves la It-

berté, sauf rançon solidaire payable en dix ou douze années. Ainsi finiront à la fois l’esclavage et l’indigence. 6

Disons les esclavages, car il en est de bien des genres ; le salarié n’est-il pas un esclave indirect? Et parmi la classe qui possède, que de servitudes pour l’homme, la femme et enfant! Glissons sur ce sujet beaucoup trop étendu.

Mais il est un esclavage inconnu et qu’il faut signaler, c’est le joug de l’obscurantisme et des superstitions philosophiques, de Vathéisme et du matérialisme, des dogmes qui ont avili Dieu, nié sa providence en mécanisme industriel. nié l’existence de son code et empêché qu’on en fit la recherche. x

S'ils étaient rationnels et positifs comme ils s’en vantent, ils comprendraient qu’en direction de mouvement social ou autre, La raison divine doit être au premier rang, et la raison humaine au deuxième; c’est donc de Dieu que doivent émaner les lois organiques et générales du système social, l’homme doit être borné aux lois secondaires ou de circonstance.

Si leur raison est positive et négative à la fois, qu’ils reconnaissent la preuve positive de subversion dans la pauvreté des nations les plus industrieuses, Anglais, Français, Chinois, Hindous ; et la preuve négative dans l’obstination des sauvages à refuser Pagriculture. Ils sont libres et organes de la nature; elle nous dit par leur refus que notre méthode industrielle est une subversion du mode naturel. |

Si nos philosophes cherchent la vérité, pourquoi n’ont-ils jamais.fait l'étude des résultats que produirait emploi universel de la vérité en relations industrielles? Cette étude leur eût dévoilé le ressort du mécanisme sociétaire, les échelles de discords et d’inégalités, les séries de groupes rivalisés.

Depuis quatorze ans, ils empêchent çette épreuve : voici une belle occasion de les suspecter et les confondre. Ils veulent faire une saignée de trois cents millions à la France, pour affranchir un millième des esclaves du globe ; qu’on affranchisse le tout sans frais : Cest une belle palme pour le Roi, il y va de la sûreté de sa personne et de sa dynastie. La France au lieu de perdre 300 millions, en gagnera au moins 500 qui seront donnéS au Roi libérateur, à qui chaque souverain, chaque nation, voudra témot-

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