‹ De l'Accouchement Prématuré ProvoquéChapitre 13 sur 31 · ÉTATS PATHOLOGIQUES DU FŒTUS · texte numérisé non relu

ÉTATS PATHOLOGIQUES DU FŒTUS

Hydropisie de l’amnios. — C’est encore là une affection peu fréquente. Baudelocque en rapporte un cas remarquable, dans lequel l’utérus renfermait 32 litres de liquide. Elle s'accompagne le plus souvent d’œdème et d’anasarque, et donne lieu au pendulous belly des Anglais. Parmi les auteurs,

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les uns lui attribuent une origine inflammatoire (Mercier) (1) ; d’autres la placent sous la dépendance d’une maladie du placenta : kystes, tubercules (Churchill (2), Burns (3) ; d’autres enfin, y voient une manifestation de la syphilis maternelle.

Duclos (4) (de Toulouse) a le premier pratiqué l'accouchement prématuré dans un cas de ce genre; il s’agissait d’une femme de 25 ans, multipare, qui, au septième mois, présentait une augmentation énorme du ventre, de la dyspnée, des palpitations, des vomissements. Duclos perfora les membranes et recueillit 14 litres de liquide; l’enfant vécut, et la mère se rétablit en six semaines.

Robert Lee cite deux cas malheureux et un cas d’insuccès dû au retard de l'opération. |

L'accouchement prématuré artificiel est indiqué dans l’hydramnios ; son indication est tirée de l’état de la mère et de l'insuffisance des autres moyens mis en usage. Quant au fœtus, son état n’entre guère en ligne de compte, car, la plupart du temps, il est affecté de quelque difformité congénitale : hydrocéphalie, ascite, etc.

Mort du fœtus dans les grossesses antérieures. — On observe quelquefois des femmes qui ne peuvent mener à bien une grossesse à terme. Jusqu'au huitième ou neuvième mois, dans plusieurs gestations successives, la grossesse suit son cours normal ; puis, tout à coup, sans cause appréciable, le fœtus cesse de vivre, et la femme accouche d’un enfant mort. La cause de cette affection est obscure et paraît tenir à la faiblesse d’un des générateurs.

(1) Mercier. Journal général de médecine, t. XL, p. 165 ; t. XLV, p.256. (2) Churchill. Traité pratique des maladies des femmes.

(3) Burns. The Prineiples of midwifery, London, 1843.

() Duclos. Journal général de médecine, t. LVXI, p. 248.

On est autorisé, dans les cas de cette nature, à provoquer l’accouchement prématuré. Denmann rapporte deux succès dus à cette manœuvre : Hayn (de Kœnigsberg) a publié un cas analogue ; d’Outrepont (1) rapporte le fait d’une femme qui, mariée à un phtisique, eutcinq grossesses successives dans lesquelles les enfants moururent à huit mois; remariée à un homme bien portant, elle eut quatre grossesses et donna le jour, à terme, à des enfants en bonne santé.

Nous en avons fini avec l'étude détaillée des indications de l’accouchement provoqué. Au terme de cette énumération, nous pouvons conclure, avec M. de Soyre (2), que : « Toutes les fois que, dar< le cours d’une grossesse, la femme est prise d'accidents graves qui menacent sa santé, si l’enfant a dépassé le terme de sept mois, ou mieux de sept mois et demi, l’accor:cheur est autorisé à pratiquer l'accouchement prématuré artificiel. »

M. Picard (3) résume de ia sorte les indications de l’accouchement provoqué :

« L'accouchement provoqué est utile et souvent nécessaire dans certains cas, en dehors des rétrécissements du bassin :

» 4° Toutes les fois que la vie de la mère est gravement compromise par des affections dépendant ou non de la grossesse, et que l’on suppose devoir disparaître avec elle ;

» & Dans quelques cas de mort habituelle, excès de volume du fœtus, grossesse prolongée, vices de conformation de la mère, etc. »

Si le danger que court la femme est extrême, au point qu’elle puisse mourir de l’opération, l'intervention est contreindiquée. (Ambroise Paré.)

(4) d’Outrepont, Ueber das habituelle Absterben der Früchtse, Neue Zeitschrift f. Geburtshülfe, 1838.

(2) De Soyre. Thèse de concours, 1878.

(3) Picard. Thèse de Paris, 4882, n° 213:

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