‹ De l'Accrochement de la Rotule: Chez la VacheChapitre 10 sur 20 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Accrochement définitif ou irréductible DEUX CAS

Premier cas. — Vache de quatre ans, en état d’embonpoint moyen. L'accident remonte à plus d’un an ; ‘la propriétaire n'a pu me donner une date exacte. La vache suit le troupeau en fauchant à outrance, la pince grattant ou rasant le sol. La croupe est asymétrique, le côté atteint présente une émaciation de ses masses musculaires par atrophie fonctionnelles, l’articulation coxofémorale semble déformée, plus grosse que celle du côté opposé et la région trochantérienne plus saillante, Aussi je songe au premier abord à une déchirure possible du long vaste ou muscle ischio-tibial externe, déchirure qui entraine son déplacement en arrière du sommet du trachanter où il se trouve bridé, et qui se caractérise par un mouvement de faucher du membre atteint. Mais la palpation de la région trochantérienne ne permet pas de sentir derrière‘le trochanter le bourrelet rigide tendu verticalement que forme dans ce cas le bord antérieur du muscle déchiré.

L'exploration du grasset montre tout de suite des ligaments tibio-rotuliens très tendus, l'interne surtout, et la rotule véritablement collée en haut de la trochlée fémorale et légèrement déviée en dehors et en bas.

Joblige l'animal à se déplacer, et saisissant la rotule à pleine main (Pautre main appuyant sur la hanche) je la

De Nes

pousse fortement en dedans et en bas au moment où l'animal fait un effort pour porter le membre en avant. J'entends le bruit caractéristique du décrochement, et l'animal fait quelques pas normalement : la rotule est en place. Mais elle n'y reste pas, et l’accrochement se reproduit même sur l'animal en marche. Je recommence plusieurs fois cette manœuvre, et à chaque fois même succès éphémère. Il faut donc recourir à un autre moyen. C'est alors que je propose lopération, La cliente peu crédule, avant sans doute demandé conseil aux empiriques du voisinage dont la guerre avait favorisé le réveil,et qui crovait sa vache « estropiée pour toujours », consentit enfin à l'opération quand j'eus garantit le succès.

La vache est couchée, opérée, comme il sera dit au chapitre « Traitement », et relevée complètement guérie. La propriétaire possède toujours la vache, il n'y a jamais eu de récidive. :

Deurième cas. — Vache de 9 à 10 ans. L'accident est ancien. Le propriétaire ne peut donner de date ayant acheté le cheptel vivant et au moment de l'achat la bête était atteinte. Elle présente les mêmes symptômes que la précédente, peut également suivre le troupeau. Encouragé par le succès précédent, il consent à l'opération qui fut suivie du même succès.

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