‹ De l'Accrochement de la Rotule: Chez la VacheChapitre 14 sur 20 · CAUSES DÉTERMINANTES · texte numérisé non relu

CAUSES DÉTERMINANTES

Les troubles locomoteurs occasionnés par l’accrochement de la rotule ont été d versement interprétés.

Pour Solleysel, « la crampe des chevaux leur tient le jarret si roide au sortir de l’écurie, qu'il ne le peuvent plier et font quelquefois cinquante pas, trainant la jambe comme s'ils n’avoient pas de mouvement au jarret ; ce mal tient de la faiblesse cn cette partie, et particulièrement dans les nerfs qui font le mouvement. » (Le Parfait Mareschal, 1672).

Lafosse, Garsaut aussi ne voyaient là qu'une crampe. Pour Vitet. il s'agissait d’un spasme passager avec douleur :; Viollet incriminait le vaste interne. Et plus récemment, Villiams (1907) adopte l’idée d’une crampe collective des muscles qui vont de lischium à la rotule ou à ses ligaments en dehors et en dedans. Selon l’auteur, pendant la station, ces muscles immobilisent le grasset pendant la marche, si la crampe survient, il tirent le .membre en arrière et le maintiennent rigide.

Cependant, en 1849, déjà, Pastureau touchant de près la vérité, expliquait l'accident par l’accrochement du ligament fémoro-rotulien interne sur la lèvre correspondante de la trochlée.

2° Ag

DD

Meyer, en 1852, énonça le premier que « la cause réelle de la rigidité du membre postérieur qui caractérise la crampe est le déplacement de la rotule en haut et un peu en dehors, laquelle repose sur l’éminence très saillante qui termine la lèvre interne de la trochlée fémorale, et y reste comme accrochée au moyen des ligaments rotuliens interne et médian, qui se mettent à cheval sur ce renflement de la lèvre interne de la trochlée. ».

C’est la théorie reprise par Bassi, en Italie, et Chuchu, en France.

Dans: le Traité de Thérapeutique Chirurgicale de MM. Cadiot et Almy il est écrit : « Il s’agit en somme d’une luxation de la rotule en haut de la trochlée fémorale, accident favorisé surtout par lamaigrissement, la fonte

.des coussinets adipeux du grasset, et dont la guérison

survient d'ordinaire avec l'amélioration générale des. sujets, la reprise d’un certain embonpoint, la reconstitution des coussinets adipeux susdits,

« Dans l'espèce bovine, c’est aussi chez les bêtes maigres que l'affection est ordinairement observée. »

Dans son Traité des Maladies du Bétail, M. le professeur Moussu éerit : « L'accrochement de la rotule ne se constate guère que sur les bêtes maigres, principalement les laitières. Il tient à une conformation spéciale du sommet de la lèvre interne de la trochlée fémorale, V'accrochement étant favorisé par l’atrophie du coussinet adipeux rotulien. Des glissades en arrière avec extension extrême du grasset pourraient le faire apparaître chez tous les animaux. »

Je n’en dirai pas davantage des causes déterminantes n'ayant pas eu l’occasion de faire l’autopsie d’une de mes opérées.

CAUSES FAVORISANTES

Nous allons examiner successivement l'influence : de la maigreur, de l’âge, de l’état de gestation et de la stabulation.

a) Maigreur. — D’après ce qu’on vient de bre, il sem- ‘blerait établi que cet état est une cause favorisante 1mportante (pour ne pas dire la seule) parce qu’elle entraine la fonte du coussinet adipeux rotulien. Je dois dire qu’aucune de mes opérées n’était maigre, au contraire, comme Je l’ai dit dans mes observations toutes étaient, sinon grasses, du moins en état d’embonpoint moyen. Pourtant les vaches maigres ne manquent pas dans la région, et je n'ai Jamais constaté l’accrochement de la rotule chez une de ces vaches.

Hamoir avait aussi fat les mêmes constatations, c’est ce qui lui avait fait dire : « Il n’est pas invraisemblable qu'une condition prédisposante importante tienne à la largeur anormale de l’entablement articulaire supratrochléen et à la haute alt:tude du sommet de la lèvre interne de la trochlée. Ces dispositions expliqueraient que la crampe n’apparaisse pas faltalement sur tous les sujets maigrèés, débilités, convalescentst »

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