‹ De l'Accrochement de la Rotule: Chez la VacheChapitre 18 sur 20 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Traitement hygiénique. D'après G. Moussu, « l’engraissement, en augmentant le volume du coussinet graisseux sous-rotulien et en régularisant la sécrétion de la synovie, suffit souvent à amener la guérison. » C’est là plutôt une indication théorique, car en pratique les choses ne se passent pas ainsi. Toutes mes Gpérées étaient en assez bon état d'entretien et les trois cas de l’observation II et un cas de l’observation IV montrent que l’accrochement s’est produit au deuxième membre pendant la gestation, et s’est aggravé malgré j’embonpoint qu'ont pris ces animaux pendant cette période. (C’est un fait connu que la gestation s'accompagne d’un certain embonpoint).

Une autre indication hygiénique qui, théoriquement ne devrait pas être sans valeur, est l'exercice modéré, progressif. Chez le cheval il donne des résultats. Mais chez la vache il est pratiquement illusoire parce qu’on ne peut changer les habitudes dans une région, habitudes d’ailleurs imposées par la conformation du terrain, la fertilité du sol et surtout les modes de culture.

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Traitement médical. Il consiste à remettre la rotule en place, et à l'y maintenir. ;

La réduction est ordinairement facile : il suffit d’obliger l’animal à marcher, en l’excitant au besoin à petits coups de fouet ; quelquefois il faut le faire marcher vite pour augmenter les efforts de flexion du membre. Dans la grande majorité des cas, par ce moyen, tout rentre dans l'ordre. Parfois il est nécessaire de compléter ce moyen, d'aider le décrochement par des manipulations faites avec'la main. Celle-ci saisit la rotule et, pendant les déplacements de l'animal, la pousse en bas ét en dedans. Un bruit sec spécial et la régularité de la marche indiquent la remise en place de la rotule. C’est simple malheureusement la guérison est éphémère et les récidives fréquentes.

C’est alors qu’on a essayé les douches, les frictions vésicantes (encore employées aujourd’hui) voire même les bandages pour maintenir la rotule en place. Certains ont même pensé à la médication antispasmodique. Pour combattre la « crampe du vaste interne », Violet conseillait d’administrer tous les jours 100 à 200 grammes d’eau distillée de laurier-cerise, et dans les cas rebelles d'y associer les vésicants. D’autrés (Vandenmaegdenberg) font placer les bovins sur un plan incliné, de façon que le train postérieur soit surélevé de 30 à 40 centimètres on les maintient en position au moyen de deux barres : toutes les heures on fait sur la région des ablutions d’eau froïde, et, matin et soir, une friction d’alcool camphré additionné d’ammoniaque ou d’essence de térébenthine,

Tous ces traitements doivent être délaissés parce qu'ils ne guérissent pas, et leurs insuccès laissent dans l’esprit du client un doute sur l’opportunité de nos interventions.

Traitement chirurgical. — Il consiste dans la section sous-cutanée du ligament tibio-rotulien interne (Desmotomie).

Instruments. —- Un bistouri convexe, un ténotome courbe. L'opération peut se faire sur l'animal debout ou sur l’animal couché.

1° OPÉRATION SUR L'ANIMAL DEBOUT. — Pinaroli opère sur l'animal debout, maintenu par un seul aide et Sans lever le membre opposé. Il se sert d’un scalpel à dos convexe qu'il tient de façon à limiter la pénétration de la lame :; il implante celle-ci en arrière du ligament et le coupe en portant la pointe en avant et un peu vers la peau.

Pour l’opération sur l’animal debout, je pratique ‘une incision en avant du ligainent et non en arrière. Voici

d’ailleurs comment j'ai opéré une des vaches de l’obser-

vaton II atteinte d'accrochement double. Eile est conduite sur un épais lit de paille pour y être couchée ; la vache étant gestante, près du terme, je redouble de précaution pour éviter tout accident, Quand elle a jes pieds emprisonnés dans l’épaisse couche de paille Faccident se reproduit, et la hôte reste là immobile. C’est alors que j'ai l’idée d'opérer debout et sans autre moven de content'on que la pince-mouchette. Avec précaution, je palpe la région du grasset où je sens fortement tendu le hgament à sectionner ; la bête ne fait aticun mouvement de défense. Comme elle fait une assez forte congestion de la mamelle (congestion physiologique des primipares) le ligament n'est accessible que par sa face antérieure et c’est à son

niveau que je suis obligé d'opérer. Après avoir désimfecté la région, je me place en avant du membre à opérer, au niveau du flanc, les jarrets fléchis et face au grasset, et pour opérer à droite, je repère le ligament de la main gauche, je tends la peau, mobile à cet endroit, entre Île pouce et l'index, et avec la main droite armée du: bistouri convexe, tenu en plume à écrire, je fais une incision verticale d’un centimètre et demi environ immédiatement en avant du bord antérieur du ligament et le plus près possible de l’extrémité supérieure du tibia (voir figure 10). L’incision porte sur la peau, laponévrose sous-jacente et jusqu’au coussinet adipeux. Dans cette incision, j'introduis le ténotome courbe à plat tranchant en bas, et par une pression assez forte Je le fais glisser sous le ligament en le guidant avec les doigts de la main gauche. L’index placé au bord postérieur du Egament permet de se rendre compte de l’engagement suffisant de linstrument. A ce moment, je lui fais effectuer un quart de tour en dehors, et je sectionne le ligament par dés mouvements de scie, maintenant toujours l'index sur le ligament pour me rendre compte de la section et limiter les délabrements. Le ténétome courbe étant retiré, si la section est complète, le do gt au lieu de rencontrer une bandelette tendue s’enfonce dans une dépression en doigt de gant.

Pour opérer à gauche, il faut changer de main.

J’ai aussi pratiqué l'opération debout sur des vaches à accrochement simple (unilatéral). Moins dociles que la précédente, je les fixe de la façon suivante : pince mouchette tenue par un aide ; une plate-longe est fixée au canon du membre sain par un nœud coulant, l'extrémité libre est passée entre les avant-bras, puis sucéessivement

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sur l'épaule opposée, le garot et la région costale,: on la croise au niveau du coude et un aide en portant l’extrémité libre en avant détache facilement le membre du sol, forçant ainsi l'appui sur le membre à opérer. Four l’opération, Je Suis en tous ponts la technique précédente.

Grâce à ces moyens de contention j'ai pratiqué la section du ligament tibio-rotulien interne sur plusieurs vaches ; les unes ont été dociles, les autres se sort défendues, sont mêmes tombées, m'’obligeant ains à répéter mes tentatives d'opération. Je n’ai pourtant jamais eu d'accident ; néanmoins, en raison du peu de sûreté pour l'opérateur et pour l'opérée, j'interviens de préférence sur l’animal couché. AUS

2° OPÉRATION SUR. L'ANIMAL COUCHÉ. — La vache est couchée sur le membre à opérer. Au lieu de me servir d’entravons, je préfère coucher l'animal de la façon su vante : une pince-mouchette et deux plate-longes sont nécessaires. La pince-mouehette est mise en place et tenue par un aide qui, avec sa main libre, saisit la corne du côté du membre atteint. Une plate-longe est fixée par un nœud coulant au canon d’un membre antérieur, on passe l’extrémité libre en arr ère du canon du membre opposé et on l'entoure d’un tour complet en serrant et rapprochant le plus possible les deux membres ; le chef libre est passé entre les deux membres postérieurs et confier à deux aides. Les membres postérieurs sont fixés de la même façon, l’extrémité libre de la plate-longe est passée entre les avant-bras et confiée aussi à deux aides. Pour coucher l’animal, en même temps que les aides tirent sur les plate-longes, celui qu maintient la tête, par un

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effort combiné sur les mouchettes et la corne tord l'encolure.et fait ineliner la tête du côté sur lequel la bête doit tomber, De cette facon, incitée à se rassembler par les tractions sur les plate-longes elle se couche lentement, sans à-coups, presque seule.

Le membre à opérer est dégagé, porté en arrière par une plate-longe fixée au pâturon, pendant qu’on fixe les trois autres membres en eroisant les plate-longes et en les cordant. Un seul aide suffit à les maintenir.

(Il est ‘nutile de porter le membre. postérieur superfciel en avant en le fixant sur les antérieurs).

L'aide tire légèrement en avant, tandis que celui qui maintient le membre malade-tire en arrière et le champ opératoire se trouve suffisamment découvert. Rarement la mamelle est gênante, et dans ce cas un aide placé du côté du dos la saisit à ple'nes mains et la soulève.

Je me place en arrière du membre à opérer. La région étant désinfectée, le ligament repéré, avec le pouce et l'index de la main gauche je tends la peau, et je fais avec le bistouri convexe une incision de 4 centimètre et dem environ, immédiatement en arrière du bord postérieur du ligament, le plus près possible de l'extrémité supérieure du tibia. L’incision porte Sur la peau, l’aponévrose sous- Jacente et jusqu’au cCoussinet adipeux. Le ténotome courbe est introduit dans la plaie, à plat, tranchant en bas et, par pression, glissé sous le ligament, surveillant toujours sa marche avec le pouce et l'index de la main gauche qui sentent l’extrémité mousse de l'instrument affleurer Ja peau en avant du ligament. Alors par un mouvement de rotation d’un quart de tour et par des mouvements (de scie, je sectionne le ligament, Comme plus

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haut, il est facile de se rendre compte de la section par La palpation : les doigts, au lieu de sentir un cordon. tendu s'enfoncent dans une dépression en doigt de gant facilement perceptible.

Il ne reste plus qu'à étancher les quelques gouttes de sang qui ont pu sourire, à relever l'animal, et lPopération est terminée.

Aucun pansement n'est nécessaire.

Complications. -— Je n'ai jamais observé de compl'cation, même la moindre suppuration. Il y a toujours cicatrisation par première intention.

À quel procédé doit-on dorer la préférence ?

Nous donnons la préférence au procédé sur. l’animal couché, toutes les fois qu'il est réalisable. Il donne une sécurité complète tant pour l'opérateur que pour l’opérée, il permet d'intervenir sans. aucune hésitation. La gestation avancée nous parait être la seule contre-indication, en pareil cas, on opère sur l’animal debout.

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