‹ De L'acte D'administration En Droit Civil FrançaisChapitre 12 sur 51 · LE TE · texte numérisé non relu

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et trébuchantes, leur temps et leur tranquillité ; il est préférable de ne pas devenir son client ; pour cela, il faut ne pas avoir de procès. Mais c’est trop demander à l’homme, à sa prudence et à sa sagesse, que dese priver du plaisir de tracasser le voisin, des émotions d’une procédure, que d’étouffer toute espérance du profit pécuniaire et de la satisfaction morale, attachés aux gains d’une instance ; c'est illusoire de penser l’éloigner de la barre, quand il croit pouvoir établir le bien fondé de ses prétentions, faire triompher sa thèse, ou même s'assurer un bénéfice coupable et immérité, par suite de la faiblesse ou du manque de preuves de son adversaire. Ce qui peut arrêter le plaideur léger ou joueur, c'est seulement l’évidence de son tort, l’absolue certitude de sa défaite ; cette persuasion de l'échec inévitable est impossible, si les principes sont imprécis, les textes ambigus et la jurisprudence flottante ; elle est inébranlable, au contraire, si la clarté des notions, la netteté des lois et la fermeté des décisions de justice, permettent de prévoir infailliblement la solution devant clore chaque affaire. — Si les frontières de l'administration se trouvent minutieusement tracées, il sera inutile de recourir aux tribunaux pour solutionner toutes les difficultés qui résultent du silence de nos lois ou de l’obscurité de nos textes. Les particuliers feront eux-mêmes, le cas échéant, l'application des principes aux espèces particulières, seuls ou en s'appuyant sur l'avis com-

pétent d’un homme d’affaires, d'un notaire, mais sans

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jamais requérir le ministère de l’avoué, ni l'intervention du juge. La construction d’une théorie générale, sûre, permettra aux individusde mettre fin à beaucoup de difficultés séparant, en ayant l'avantage, pécuniairement appréciable, de ne pas placer leurs intérêts dans le plateau dela balance de Thémis.

L'intérêt pratique de l’étude de l’acte d'administration existe aux yeux du juge, du législateur, des particuliers processifs. Plus généralement on peut dire que toute personne, cherchant à pénétrer la science du droit, doit désirer l’apparition de cette monographie, et espérer sa réussite. Ce qui fatigue l'intelligence, complique et prolonge les recherches, c’est la nécessité de passer en revue une multitude de cas indépendants, de sonder une série de problèmes voisins, quasi-semblables, et cependant distincts, et de préparer pour chacun une explication. Il est ainsi fastidieux, long et monotone, d'examiner individuellement les divers actes possibles de la vie juridique, pour savoir s'ils excèdent ou non la capacité ou les pouvoirs d’une personne donnée ; il est excessif de con sacrer à chacun d’eux un exposé spécial. Supposant l'administration et la non administration caractérisées et limi” tées, supposant les divers actes rattachés,une fois pour toues, à l’une ou l’autre notion, il est au contraire facile de restreindre sur chaque question son travail à l’élaboration de quelques « principes » généraux, solides, susceptibles d'applications multiples et variées. Le maitre peut

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se contenter de tracer vigoureusement ces « principes », sans encombrer son enseignement d’une revue minutieuse d’espèces ; l’élève n'a pas besoin de surcharger sa mémoire, en cherchant à retenir la solution de chaque difficulté, connaissant les « principes », 1l la trouvera facilement par le raisonnement. Nous avons eu déjà l’occasion de dire que l'utilité propre de la science était de nous faire passer de la connaissance particulière et isolée à la connaissance générale et méthodique. Donc, toute personne s'intéressant au droit doit retirer un bénéfice de la construction heureuse d’une théorie générale de l’acte d'administration en droit civil français ; ce n’est donc pas un amusement puéril que de s’essayer à

édifier cette construction.

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