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J'avais depuis quelque temps déjà terminé mes recherches sur ce sujet, quand j'ai eu connaissance d’un article de H. Biltz ! dans lequel se trouve un travail analogue ? concernant le même dissolvant, article qui jusqu'alors m’avait complètement échappé. Il se trouve pourtant entre le chiffre trouvé par cet auteur (46) et celui que j'ai obtenu (51,03) une différence assez sensible, de sorte qu’une comparaison des deux travaux ne sera pas inutile.
De mon côté, J'ai fait tout mon possible afin de travailler avec les soins les plus minutieux en observant toutes les conditions requises pour un travail de ce genre, car 1l m’a paru être d’une grande utilité de pouvoir arriver à la connaissance de la constante d’élévation moléculaire la plus exacte d’un dissolvant aussi important que le nitrobenzène et aussi utilisable, surtout pour des substances présentant de grandes difficultés de solubilité. |
H. Biltz avait déjà indiqué que la détermination de la constante en question présentait plus de difficultés que cela n’arrive d'ordinaire avec des dissolvants ayant un point d’ébullition plus bas. Ces difficultés toutefois ne sont pas à mon avis de nature à ne pouvoir être surmontées, et les essais nécessaires peuvent être faits sans aucun inconvénient d’une manière très commode et très précise avec l’appareil ordinaire de Beckmann.
1 Ueber die Bestimmung der Molekulargrôsse einiger anorganischer Substanzen. Zeitschrift für physik. Chemie B. 19, S. 385-431.
2 Ibidem, S. 424 u. 425.
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La plus grande difficulté consiste à empêcher la chaleur excessive qui est requise pour porter le nitrobenzène à son point d’ébullition, de produire par rayonnement des oscillations quelquefois très considérables du fil de mercure du thermomètre si sensible de Beckmann, de même que d'empêcher le dissolvant d’être surchauffé. Mes premiers essais ayant donné des point d’ébullition peu constants du nitrobenzène, j'ai été amené à procéder avec les précautions suivantes (outre celles déjà recommandées par Beckmann t).
Afin que le liquide contenu dans le tube intérieur de l’appareil ne soit surchauffé par le passage des gaz trop chauds, on entoure sa partie inférieure soigneusement de bandes de papier d'amiante ; la même précaution doit être prise pour protéger sa partie moyenne contre le contact direct avec les parois du manteau extérieur ; les parties supérieures et latérales sont complètement entourées de bandelettes de papier d'amiante et ainsi mises à l’abri de l’influence de l’air ambiant dont la température est beaucoup plus basse et trop peu constante ; le thermomètre également doit être protégé, au moven de morceaux de carton d'amiante posés horizontalement sur le sommet du tube intérieur, contre la chaleur rayonnante provenant de l’appareil. Enfin l’appareil tout entier a été entouré de tous les côtés d’une barrière en carton d'amiante aussi haute que possible, afin de le garantir des courants de l’air extérieur.
! Zeitschrift für physik. Chemie B. 4, S. 530.
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Par ce procédé d'isolement, j’ai pu obtenir des résultats très constants malgré la chaleur excessive provenant de deux becs de gaz brûlant de toute la force de leur flamme. Je tiens encore à noter en passant, qu’il est absolument inutile de chauffer le tube intérieur directement au moyen d’une petite flamme, comme l’avait recommandé M. Biltz.
En observant toutes ces précautions, j'ai procédé d’abord à la détermination du point d’ébullition du nitrobenzène qui a été obtenu avec une très grande précision. Les essais qui ont suivi, ont été faits au moven de solutions de concentrations diverses, de substances chimiquement pures, ayant un point d’ébullition très élevé (environ 150° plus élevé que celui du nitrobenzène), et de nature chimique différente. De cette façon je suis arrivé à des résultats très concordants entre eux, dont les différences ne dépassaient guère les limites ordinaires de 2°-3° c. sur 100 gr. de dissolvant, différence qu’on observe également en employant comme dissolvant des liquides à point d’ébullition beaucoup plus bas.
Des oscillations de lélévation moléculaire comme il s’en trouve dans le travail de H. Biltz, et qui, flottant dans les limites de 40° à 52°, comportent une différence tout à fait anormale de 12 degrés, n’ont jamais été observées par moi. Il est très probable que ces différences beaucoup trop grandes dans les essais en question, proviennent d’un manque de régularité dans la température et surtout de l’emploi de solutions de substances à point d’ébullition trop bas en comparaison de celui du nitrobenzène. Ainsi
Ce
en employant la m-nitraniline dont le point d’ébullition se trouve à 285°, H. Biltz a obtenu une movenne d’élévation moléculaire de 47,5, l’anhydride phtalique au point d’ébullition de 277° a donné 41, le salol 42, etc., tandis que les substances ayant un point d'ébullition beaucoup plus élevé employées dans le même travail donnent des résultats tout à fait concordant avec ceux que j'ai obtenus, par exemple, le soufre 50,0, le tétraphénvléthane 51,5, la phénanthraquinone 51,5, etc. Abstraction faite des chifires. obtenus au moven des substances dont les points d'ébullition ne sont pas d'environ 150° plus élevés que celui du dissolvant, comme le recommande Beckmann, mes résultats sont en concordance avec ceux obtenus par M. H. Biltz.
D'après tout ce que je viens de dire précédemment, j'ose donc prétendre que les déterminations de poids moléculaires, peuvent également être faites avec une grande exactitude en se servant du nitrobenzène comme dissolvant, quoique le point d’ébul- Htion de ce dernier soit très élevé, pourvu qu'on prenne les précautions nécessaires pour garantir l’appareil de la chaleur ravonnante trop grande et qu’on emploie des substances à point d'ébullition beaucoup plus élevé (au moins de 150° de plus que celui du liquide en usage).
Essais sur l’élévation moléculaire constante du point d’ébullition du nitrobenzène (Point d’ébullition 204,50C) ‘,
Elévation moléculaire pour 100 grammes de nitrobenzène — 51,03.
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La moyenne de ces chiffres est de 50,04.
1 Pour ces recherches on a employé du nitrobenzène chimiquement pur de la maison C. A. F. Kahlbaum (Berlin). Ce nitrobenzène a été rectifié une fois; son point d’ébullition était constant à la température de 204,59 sous une pression atmosphérique de 705 mm.
2? Livré par la même maison comme tous les autres corps, tous chimiquement purs.
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