AVANT-PROPOS
Les travaux qui traitent de la menstruation sont excessivement nombreux et depuis - Hippocrate et Aristote qui s’en sont occupés, on en retrouve des écrits dans toutes les langues, il est, par suite, très difficile de remonter à la source de chaque fait, et si nous nous sommes efforcés le plus possible de nous documenter, nous ne prétendons point à ce que notre bibliographie soit exempte de défec- tuosité.
| Ayant pris à tâche de rechercher les relations existant entre l’âge d'apparition de la fonction menstruelle et quelques-uns de ses caractères, nous avons cCollationné une série de 1.500 observations, recueillies sous la direction du D'Jayle, à la consultation du service
de gynécologie de M. le Professeur Pozzi, à l'hôpital Broca.
Cette statistique serait, à notre connaissance, la plus étendue qui ait été publiée en France, puisque celle de Mle Francillon, qui comporte le plus grand nombre de cas, est basée sur 424 observations, alors que celles de Raciborski, Rrierre de Boismont, Aran, Fachatte, Lagneau, Bouchacourt, Marc d'Espine, Donnart ne portent chacune que sur un nombre de cas variant entre 25 et 240. |
Ce travail nous a permis d'étudier l’influence qu'exerce l’âge d'apparition de la menstruation sur les caractères de cette dernière ; mais des résultats dans ce sens ayant déjà été acquis, nous avons, dans plusieurs cas, établi des comparaisons entre les chiffres déjà obtenus et ceux que nous apportons ; on pourra voir que nous sommes arrivés en concordance avec la plupart des auteurs, sauf sur quelques points où les divergences, bien que réelles, ne sont pas considérables. ne
À l'issue de ce travail, nous tenons à remercier M. le Professeur Pozzi, dans le service duquel nous avons pu acquérir et perfection-
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De quelques rapports généraux de la menstruation et du rôle qu’elle a joué chez certains peuples
Parmi les phénomènes physiologiques, celui de la menstruation pourrait, à un examen superficiel, paraître particulier à l'espèce humaine, mais si l’on ne veut point oublier que le rut, chez les animaux, correspond à une ponte ovulaire, on est obligé, avant. toute étude de la fonction menstruelle, d'établir les analogies existant entre ce phénomène chez la femme et certains autres que l’on rencontre chez les femelles des animaux. 2
D'après METCHNIKOFF, il faudrait en rapprocher non seulement le rut avec son écoulement séreux et parfois séro-sanguinolent, mais encore les cas observés par HEAPE, sur 230 femelles de macaques mises en cage, dans lesquels ce dernier a pu observer un écoulement rose päle, bien qu'à la vérité toujours pauvre en globules rouges, survenu régulièrement chez dix-sept de ces femelles.
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De ces faits, observés chez des animaux placés dans des conditions de vie artificielles, METCHNIKOFF en induit que le flux menstruel ne serait apparu dans l'espèce humaine qu'à une époque relativement récente et cela, d'autant plus qu’il suppose que, durant les premiers âges de la vie de l’homme, l'accouplement avait lieu avant la puberté, la femme devenant enceinte avant l'apparition des premières règles et une autre grossesse survenant avant la fin de l’allaitement.
Ce que l’on peut toutefois affirmer, c’est que ce phénomène est indépendant des rapports sexuels puisqu'il survient chez les vierges et que, d'autre part, chez beaucoup de peuples dont le degré de civilisation est peu avancé, les rapports sexuels précèdent de plusieurs années parfois la date d'apparition des premières règles.
Pour citer des faits connus, chez les Vedas de l’ 1 de méridionale, dans l’ile de Ceylan, en Perse à Chiras, les filles se marieraient avant la puberté; il en serait de même, d'après Rogson, en Syrie, d’après Du CHaïzzu, chez les Achira de l'Afrique Occidentale, en Nubie, d'après ABBADIE, bien que dans cette dernière contrée le mariage ne fût point nécessaire, les hommes ne faisant qu’acheter les filles ; dans d’autres peuplades, encore, on retrouve les mêmes faits : chez les Atjeh à Sumatra, chez les insulaires de Viti ; pour les anciens Hindous, d’après BôrTLinex, le père, la mère et le frère de la fille non mariée avant
ses premières règles devraient descendre en enfer et
si l’on s’en rapporte à la religion musulmane, on voit
que Mahomet épousa Cadisja à 5 ans et l’admit dans son lit à 8 ans.
Si certains peuples ont considéré que le mariage
n’a point à attendre l'apparition des premières règles,
à d’autres même, ce phénomène dont ils ne s’expli-
quaient point la cause a paru anormal. Dans l’orga-
nisme humain, en effet, les hémorrhagies relèvent de
- la pathologie, aussi le flux menstruel n’a pas été sans
. étonner certains hommes, de là les croyances ou plutôt | 24 £ les superstitions auxquelles il a donné lieu : chezles - Hindous, dans la caste supérieure, la femme est 4 considérée durant le premier jour de la période menstruelle comme une paria, chez les Juifs elle était soumise à un certain isolement et ce que l’on rencontre chez ces peuplesorientaux se retrouve d’ailleurs en Occident, puisque certains allemands du XVII! siècle croyaient que les cheveux d’une femme ayant ses règles, enfouis dans du fumier, donnaient naissance à des serpents et dans certaines de nos campagnes il était acquis comme précepte de bonne cuisine que ces jours là, la femme ne devrait point faire de mayonnaise, car la mayonnaise serait ___manquée.
Des rapports de la menstruation et de l'ovulation
Le phénomène de la menstruation est resté inexpliqué durant fort longtemps et son origine en pa- “raissait si obscure au début du XIX° siècle, qu’en 1844, RaciBoRsSkI pouvait dire que la physiologie de la menstruation était aussi peu avancée qu'au temps d’Aristote et de Pline.
Toutefois en 1837, CosrTe avait émis l’idée de l'ovulation spontanée chez certains animaux à l'époque du rut ; en 1839 GeNprin et en 1840 NÉGRIER (d'Angers) cherchèrent à démontrer que le flux menstruel était liéà la ponte d’un ovule par l’ovaire mais cette doctrine ne fut confirmée que quelques années plus tard par les mémoires de PoucHer, | RacrBorsk1 et les recherches expérimentales de BISCHOFF.
| Nous savons à présent, que l’apparition du flux menstruel est sous la dépendance de la mise en liberté d’un ovule bien que ces deux phénomènes ne
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se produisent pas simultanément le dernier précédant le premier de dix à quatorze jours environ. En adoptant cette théorie, nous laissons de côté celle de SIGISMUND, L'ŒWENHARDT el REIGHERT qui admettent une plus grande SR entre l’ovulation et la menstruation.
Dans l'ovaire, les follicules de Graaf arrivés à Maturité augmentent de volume atteignent 10 et même parfois 20 millimètres puis l’un d’eux proémine à Ja
surface de l'ovaire, se rompt et l’ovule s'échappe... Ultérieurement le follicule rompu se charge d’un pig-
ment spécial : la lutéine et se transforme en corps jaun?. S'il n’y a pas fécondation ce corps jaune dis-
parait en quelques jours ne laissant qu'une petite
cicatrice blanchâtre, si au contraire la fécondation a
eu lieu, il augmente jusqu’au troisième mois puis
regresse pour disparaître après l’accouchement,.
L'ovule de son côté est recueilli par la trompe, mais sur le mécanisme les opinions diffèrent : suivant HALLER, le pavillon de la trompe s’appliquerait sur l'ovaire, suivant KELNER et LiécEois, l’ovule serait
brusquement projeté, d’après Krwiscx, HyYrTL et.
KüssmauL, la pesanteur seule agirait, enfin d’après HENLÉ, l’ovule suivrait la gouttière creusée sur la frange constituant le ligament tubo-ovarien. Quoi
qu'il en soit, l’ovule gagne la trompe et progresse
grâce aux contractions du conduit et aux cils vibratiles.
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Modifications apportées dans l'organisme
par la première menstruation
L'activité de l'ovaire entraine comme conséquence une hyperémie de tout l’appareil génital ; les trompes deviennent turgescentes, il y a de la congestion des ligaments larges et de la stase dans les vaisseaux: utérins due à la contraction des fibres musculaires qui les entourent ; du côté de la vulve et du vagin la circulation devient plus active et de l’érythème vulvaire peut apparaître.
. Mais les modifications apportées dans l’organisme par la ponte ovulaire ne se bornent point à l'appareil
génital, elles peuvent porter sur un grand nombre
d'organes et sont en général d'autant plus mar-
quées que la fonction menstruelle s'établit mal. Aussi, comme dans notre étude statistique nous
. envisageons l'apparition des premières règles en
rapport avec quelques-uns de ses caractères et certaines phases de la vie de la femme, nous devons
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tenir compte des troubles que cet établissement apporte à l'organisme.
Le plus souvent, la première éruption de règles, suivant une expression de certains auteurs, est an-. noncée par un petit écoulement séreux, Séro-muqueux ou séro-sanguinolent ;: d’autres fois une diarrhée supplémentaire éveille l’attention ; parfois le début est inopiné. En même temps les seins sont le siège d’une légère tension avec picotements, le cou augmente un peu de volume, la jeune fille se plaint de bouffées de chaleur, de céphalalgies pouvant constituer de véritables migraines (ReNDu et LABaA-
DIE-LAGRAVE), de vertiges, de nausées, de troubles dyspeptiques, de palpitations, parfois d’angine ; il peut exister de la eonjonctivite, de la blépharite, du coryza, des épistaxis dounant parfois lieu à de véritables hémorragies de remplacement, du bourdonnement d'oreilles, des fluxions dentaires et chez les arthritiques de l’herpès ou de l’eczéma.
Le premier flux amène une-détente et tous ces phénomènes se calment, mais ceux-ci ne se rencontrent | point d’une façon constante et chez beaucoup de jeunes filles l'établissement des règles se fait sans accident notable.
Age moyen d'apparition de la fonction menstruelle
Dans son traité de gynécologie, le Professeur Pozzi
écrit :’
« Dans nos climats tempérés la menstruation commence en général de 13 à 15 ans. »
Certains auteurs ont cherché à établir un âge moyen : À
Raciborski, sur 236 femmes à la Charité de Paris a trouvé 14 ans 46. |
Marc d’Espine, sur 85 femmes à Paris a trouvé 14 ans 11 mois. |
Aran, sur 400 femmes à Paris et les environs a trouvé 14 ans 6 mois.
Fachatte, sur 100 femmes de la Maison de Nanterre
. a trouvé 14 ans.
Marc d’Espine, sur 25 femmes à Marseille a trouvé
14 ans.
Marc d’Espine, sur 43 femmes à Toulon a trouvé
Bouchacourt, sur 460 femmes à Lyon a trouvé 1 14,492.
Donnart, sur 200 femmes des départements du Midi a trouvé 14 ans. À
Mlle Francillon, à qui nous empruntons ces chiffres a trouvé sur 424 femmes à la consultation de : gynécologie de Saint-Antoine un âge moyen compris — entre 14 et 15 ans avec les pourcentages suivants :
15,09 o/o entre 12 et 13 ans | 16,74 o/o entre 13 et 14 ans Be.
18,4 o/o entre 14 et 15 ans 15,08 o/o entre 15 et 16 ans 12,78 0/0 entre 16 et 17 ans :
D'autre part, sur nos 1.500 cas, nous avons trouvé : =.
7 femmes réglées à 9 ans. Pourcentage, 0,46 0/0. 27 femmes réglées à 10 ans. Pourcentage. 1,80 0/0. 112 femmes réglées à 11 ans. Pourcentage, 7,46 0/0.
186 femmes réglées à 12 ans. Pourcentage, 12,4 0/0. 323 femmes réglées à 13 ans.. Pourcentage, 21,53 ojo. 281 femmes réglées à 14 ans. Pourcentage, 18,78 0/0. 2
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231 femmes réglées à 15 ans. Pourcentage, 15,40/0. 151 femmes réglées à 16 ans. Pourcentage, 10,06 0/0. 103 femmes réglées à 17 ans. Pourcentage, 6,86 0/0. n. 99 femmes réglées à 18 ans. Pourcentage, 8,93 o/o. 14 femmes réglées à 19 ans. Pourcentage, 0,73 o/o. 8 femmes réglées à 20 ans. Pourcentage, 0,53 0/0. L femme réglée à 21 ans. Pourcentage, 0,06 0/0.
Gomme on peut le voir, l’âge moyen correspondant au maximum de femmes réglées pour la première fois
: À est compris entre 13 et 14 et correspond à un pour- = centage de 21, 53 0/0.
E Nous différons évidemment de la moyenne donnée par les auteurs, ces derniers plaçant le maximum
chiffres admis par le professeur Pozzi.
À quoi faut-il attribuer cette différence ? Peut-être à ce fait que nous nous sommes basés uniquement - sur l'apparition du premier flux menstruel, alors que | certains auteurs semblent considérer l’âge après lequel 7 les règles ont apparu d’une façon régulière. D'autre
part, si nous comparons aux chiffres fournis par M”° Francillon qui, parmi les auteurs précédents, se base sur le plus grand nombre de cas, nous consta-
Lie) Lilo à lu
tons qu'entre 14 et 15 ans, elle apporte comme pour- centage 18,4, qui est à peu près équivalent au nôtre 4 - correspondant à 18,73; il en est de même entre 15 et
Lu de Ÿ be PA à
: - 16 ans, M* Francillon apportant 15,08 et nous 15,4. > Mais ce qui fait notre différence, c'est que cet au- - teur n’a que 16,74 0/0 entre 13 et 14 ans et que nous 4 apportons 21,53 0/0, ilest vrai qu'entre 12 et 13 ans 2 notre moyenne est inférieure : 12,4 o/o contre > 415,09 0/0. | ;
> Silon tient des comptes des différences qui peu- + vent se produire dans deux statistiques, dont l’une porte sur 424 cas et l’autre sui 1.500 et des réponses parfois peu justes des femmes, on s’aperçoit que les divergences ne sont pas grandes et cela d'autant plus
Æ qu’elles oscillent autour de 13 ans. Il n’en reste pas
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moins que d'après notre statistique, l’âge moyen serait compris entre 13 et 14 ans et non point entre 14 et 15.
MENSTRUATIONS PRÉCOCES
S'il est un âge moyen auquel débute la menstruation, on pourrait, d'après certains cas observés, la voir apparaitre, rarement il est vrai, à une époque de la vie où le développement de l’organisme féminin n’est en général même pas ébauché. Les cas rapportés
sont nombreux, mais on peut toutefois se demander
si ces menstrualions précoces peuvent être considérées comme de véritables menstruations physiologiques avec tous leurs caractères ou comme des écoulements sanguins sans grand rapport avec la fonction ovulaire. | |
Il a été assez souvent constaté fchez les nouveaunés, de petites hémorragies vaginales, Mme Kouindjy, en particulier, en a rapporté 8 cas qu'elle considère comme sous la dépendance d’une certaine activité ovarienne. Nous ne voulons point discuter, si les faits observés dans ces cas, ainsi que dans tous ceux qui ont été rapportés, sont assimilables à de véritables menstruations : nous nous éloignerions de notre sujet, notre stalistique ne comportant aucun fait de
ce genre. Nous ne pouvons toutefois passer sous si-.
lence quelques observations qui,bien que ne prouvant
point qu'une maturité précoce soit d’un heureux pré-
sage pour la vie génitale de l'individu, sont tout de même les témoins de l'existence de ces anomalies,
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Dans le traité du Professeur Pozzr, nous pouvons relever les cas observés par :
CABADÉ : enfant réglée à 15 mois.
WALLENTIN : enfant réglée depuis l’âge de 15 mois. Casari : enfant réglée à 6 ans 1 mois.
. Lovior: enfant réglée à 4 ans.
de 12 ans.
BERNARD enfant régléeà la naissance jusqu'à l’âge
DIAMANT : enfant réglée de 2 ans jusqu’à 6 ans.
On peut citer encore ceux observés par : ALONZo sur une enfant de Sans ; BERTRAND sur une enfant du même âge, ÂMES sur une enfant de 5 ans, OLINTO sur une enfant de 4 an 1 mois, KEMPER sur une enfant de 3 ans, etc. 3
MENSTRUATIONS TARDIVES
- À côté de cette menstruation apparaissant chez des enfants, on peut mettreen parallèle celle qui survient chez des jeunes filles, ayant dépassé l’âge de 17, 18 ans, ces enfants retardataires, qui, d’après Jayle, outre ce défaut de développement génital, présenteraient parfois dans leur organisme soit d’autres mal-. formations, soit même des signes de dégénérescence et dont la faculté de reproduction serait très limitée, la nature, selon cet auteur, parant d'elle-même à l’abatardissement de la race.
Ces cas ne sont pas rares et dans notre statistique 11 femmes n’ont été menstruées qu’à 19 ans, 8 à 20 ans et une à 21 ans,
Des Causes qui influent sur le début ie de la Fonction menstruelle
L'homme, en naissant, apporte des caractères que Jui transmet l’hérédité et subit, dans le courant de sou existence, les influences inhérentes à son milieu, aussi dans l’étude du début de la fonction menstruelle il faut tenir compte de la race et du climat, du milieu social et des conditions d'hygiène.
Dans les races vivant sous des climats froids la menstruation apparait à un âge assez avancé à l'inverse des races des pays chauds chez lesquelles la précocité est de règle. C’est ainsi que l’âge moyen trouvé par Wa£THoun, en Laponie, serait 18 ans ; par Dusors, en Russie, 16 ans 8 mois : par LEBRUX, en Pologne, 15.083, par le même auteur à Manches- | ter, 15 ans 191 ; par LAGNEAT, en Allemagne, 16 ans 9 mois ; par Meyer, en Allemagne, 16 ans. En 1908, ScxærrEer, sur 10.500 cas observés à la policlinique = gynécologique de Berlin trouve comme moyenne — 15.723 qui est un peu inférieure aux précédentes.
SORCE = \ 3 : À
Dans notre statistique nous avons pü relever :
Sur 6 Allemandes 14 ans 4 mois comme âge moyen. s A
Sur 16 Belges 14 ans 9 mois.
Sur 23 Russes 14 ans 5 mois. $ Sur8 Polonaises 15 ans 9 mois. 4
Ces nombres sont moins forts que les précédents, excepté pour les Polonaises, mais tous supérieurs àla moyenne que nous avons trouvée pour la France et qui serait entre 13 et 14 ans. :
Pour celle, établie sur les 28 Russes, qui pourrait paraître peu élevée, il faut lenir compte que la plupart des femmes examinées étaient originaires du sud” de la Russie, en particulier d'Odessa et RHRPRRReEE en majorité à la race juive. &
Si nous considérons, au contraire, les races vivant sous une latitude plus basse et un climat plus chaud nous voyons que LaënEau donne 12 ans 10 mois pour l'Asie méridionale, ROBERT 12 ans 6 mois pour Calcutta, WEB 12 ans 5 mois pour la même ville, -Roserrsox 14 ans 40 mois pour la Jamaïque. De notje côté nous avons trouvé :
Sur 4 Algériennes 13 ans 3 mois.
Sur 3 Espagnoles 12 ans 7 mois.
Sur 16 Italiennes 13 ans 9 mois.
Quatre Roumaines que nous avons pu observer avaient été réglées pour la première fois deux à 12 ans et deux à 13 ans. pr
Ces deux facteurs, la race et le climat ne se neu-
Ode
tralisent point bien qu’à la longue l'influence du climat semble agir plus fortement sur les générations. ScHUuKkITZ à observé qu’en Autriche la fonction menstruelle apparait plus tôt chez les Hongroises que chez les femmes des races slaves ou germaniques, en Pologne, selon LEBRüN, les Israëlites seraient plus précoces que les slaves catholiques ; sur 200 Anglaises nées dans les Indes, WeBg aurait trouvé l’âge moyen d'apparition des premières règles compris entre 15 et 16 ans ; un fait analogue, mais d'ordre inverse se produirait chez les négresses nées en Europe : enfin, les Mongoles, bien que sous un climat froid, seraient, d’après les auteurs, réglées au même âge que les Espagnoles ou Îles Italiennes,
Le-milieu social à une grande influence qu’il est facile de mettre en relief si l’on considère les femmes nées dans les grandes villes comme Paris et celles originaires des campagnes.
PaciBorsk1 sur 50 femmes des localités de Vitry, Choisy et Thiais avait trouvé 15.020 comme âge moyen d'apparition de la fonction menstruelle au lieu de 14,46 pour les femmes nées à Paris. BRIERRE DE BoisMonrT était arrivé à des résultats analogues, Schæffer trouve 14.513 pour les Berlinoises d’origine, 15.673 pour les femmes de la campagne, et 16.526 pour celles nées dans'les campagnes maïs venues à Berlin avant qu’elles ne fussent pubères.
Pour notre part, sur 1280 françaises, nous avons pu relever à la consultation de gynécologie de l’hôpi-
tal Broca :
pie
À145 femmes nées à Paris et 865 nées dans les départem“
Réglées à 9 ans, 0,28 0/0.
Réglées à 10 ans, 0,77 o/o Réglées à 10 ans, 2,42 0/0. Réglées à 11 ans, 7,46 0/0 Réglées à 11 ans, 6,93 0/0. Réglées à 12 ans, 13,25 o/o Réglées à 12 ans, 11,79 0/0- Réglées à 13 ans, 26,26 0/0 Réglées à 13 ans, 18,84 0/0 Réglées à 14 ans, 20,72 0/0 Réglées à 14 ans, 18,26 0/0 Réglées à 15 ans, 15,66 0/0 Réglées à 15 ans, 16,41 0/0
Réglées à 9 ans, 0,96 0/0
À , 2 ANT Érosei Louise héhé
Réglées à 16 ans, 8,43 0/0
Réglées à 16 ans, 9,71 0/0 Réglées à 17 ans, 9,01 0/6 Réglées à 18 ans, 4,73 0/0 Réglées à 19 ans, 0,80 0/0 Réglées à 20 ans 0,69 o/o
Comme on peut le voir, le nombre des femmes nées à Paris et ayant leurs règles pour la première fois est plus grand jusqu’à la période de la vie-com-
prise entre 14 et 15 ans, après laquelle c’est le nom-
bre de femmes nées dans les départements qui domine.
Les jeunes filles nées dans les villes seraient donc plus précoces et si l’on s’en rapporte aux auteurs qui admettent que les femmes habitant sur les monta-
gnes ont un éveil de l’activité ovarienne assez tardif
malgré que le développement général de l'organisme soit favorisé par les conditions d'hygiène dans lesquelles elles vivent, on ne peut qu'être frappé par ce manque d'harmonie physiologique entre individus d'une même race.
RacrBoRsKki en cherche la raison dans des faits |
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