‹ De l'Allemagne (volume 3)Chapitre 22 sur 36 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Une Ue de r Archipel. A gauche, un golfe dont Vétoe' raude étincelante harmonise avec le bleu de turquoise de la voûte céleste. Paysage idéal baigné dans nue atmosphère lumineuse. Végétation et architecture aussi

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grecques, aussi belles que les rêvait jadis le chantre de .rOdyssée. Cyprès^ buissons de lauriers, à l'ombre desquels reposent de blanches statues. Plantes fabuleuses dans de grands vases de marbre ; arbres ornés de guirhndes; cascades cristallines; à droite, un temple de Vénus Aphrodite , dont la statue brille derrière les colonnades, et tout cela animé par une verte et fleurissante race d'hommes, adolescents en blancs habits de fite, jeunes filles en tuniques de nymphes, la tète cooroonée de roses ou de myrtes. Tout ici respire la sér^ nité du génie grec, la paix et Tambroisie des dieux , le calme antique. Rien ne rappelle ce nébuleux supematuralisme, cette mystique exaltation voluptueuse ou maladive, cette extase de Tespritqui veut se délivrer des liens du corps et cherche un monde au delà de cette terre; partout une félicité réelle « plastique, sans le moindre mélange de regrets rétrospectifs ou de prétentieuses et vides aspirations.

La reine de cette tle » c*est Hélène , la fille de Sparte, lapins noble beauté qu'ait glorifiée la poésie. A la tête des femmes de sa cour, elle conduit la danse exécutée dans le temple de Vénus. Danse et attitudes , tout est mesuré, chaste, solennel, tout est en harmonie avec la beauté des lieux. C'est au sein de ce monde idéal que Faust et Méphistophéla, fendant les airs avec leurs noirs coursiers, font une subite irruption. Tous deux semblent délivrés d'un lourd cauchemar, d'un absurde malaise, d'une folie pitoyable, tous deux se récréent à la vue du u. 8*

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beau et de ta dignité vraie du moûde primIÔf. La raM^ dansAnt «tVec se6 ^mpagnes , a*ftT&ne6 hospitali^cmert à leot* i^côntre ; elle leur offi« deà alimenls dan» te vases d'ûtte Hcfcê cfediure, et les invite à demeurer fM \ elle en cette Ue fortniiée. Fawsl et Méphîstophéla, (ir^ îles pas de dansé pleins de g«tieté > répondent à ce grt-^ t^ieux accueil , et tous> fonnant une marche de (Ste>ii^ rendent an temple de Vénn6> nà les dent étranger 4é^ , fanent lenr romantique accn^tremenl moyen Agi^ l»onr revêtir nn costume p<èt à la foi» sàmple «t ^^hêp^ dide. Revenna ensnîle smr i'avant-«cèiDe» ila y exéèiMt^ ^ trois nne pantomime m^hologtqfne^ \

Faust él Hélène planent ptivûe mir «a trôoè èdrott^ 4è la ncène, tandis ^è Méphistophéla , le'thyrtt «t bj tambonrin à la main, aè livre, comme nim bacchaiN^^j des évolutions fongueuses. Les snivan*es d'Hélène)^! isratnéeè fyar Tex^emple^ arracbeiït de leurs froiAs ^\ couronnes de roses et de to^fWesjelles«talrelftcentd*j

«^>ill€fS de vigne ^ns leurs nattes, qtA ae èéfr(yâi^> ^ agitant le thyrse sà<^ , ta cThevehKPe flottante* ^ s*abafrdonnen*t anx mêmes transports. Ators les *We»^ •ôents , armés de boticfiers et de lainces , toftdent te* «s ^ iSlles prises de divine folte, les ^mwnivcftl, et dtt» ^ { ebmbat simulé exécutent nne de ces dani^s gnertih^ \ si complaisamfment décrites par les auteurs anciens* i Une «cène i'htimour païen doit trouver plaide daw cette pastorale héroïque : des amom^ chevauchant sur des cygnes accourent, armés de lances et de flèdhes, ih

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i*élancent de teurd montiju^s y et leurs danses simulent aussi des combats» Brusque interruption de ce gi^acieux ipsetàde par Tarrivée de la duchesse magicienne^ qui ïibat I travers les airs sur son énorme chauve-souris» ttoi des petits cavaliers > qui se précipitent sur leurs . cygnes et s'enYolent. La duchesse s'élance comme une Aria detaût le trône où sont tranquillement assis Faust et Hélène. Elle semble adresser à Tinfidèle sorcier de «nglaats reproches^ et d*atrôces menaces à la reine. IKphistophéla , qui observe cette scène avec une ma-^ ig»e satisfaction^ reprend sa danse de bacchante ^ à l^uelle se joignent les suivantes de la reine^ et leur joie Maétrque formd un insolent contraste avec la colère de k duchesse. Furieuse alors , et cédant aux emportements de sa rage, celle^i brandit la baguette magique qu'elle tient à la main , et Ton devine qu'elle accom- [ttgae ce mou^ment de malédictions horribles. Le ciel i^^bscurcit, des éclairs brillent, le tonnerre gronde, Pouragan siffle , la mer soulevée par la tempête bondit en ragues écumeuses, et Tile entière , avec tout ce qu'elle leoferme, subit d'effroyables métamorphoses. Tout lemble frappé de mort : les arbres sont desséchés et ios feuilles; le temple n'est plus qu'une ruine ; les sta-^ iRs jonchent le sol de leurs débris ; semblable à un queiette décharné , la belle Hélène y enveloppée d'un neeul, est assise à c6té de Faust« Les danseuses aussi eut transformées en spectres osseux ^ couvertes de ■puchons de toile blanche qui retombent jusqu'à mi^

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corps et laissent à nu les cuisses hideusement amaigries^ elles sont telles qu'on représente les Lémures défigurées, elles n'en continuent pas moins leurd joyeuse y sans paraître se douter du maléfice qui de les frapper. Faust, irrité de voir tout S09 boi anéanti par la vengeance d'une sorcière jalouse, s^éli du trône l'épée nue et la plonge dans le sdn de lad»! chesse.

Méphistophéla , qui a évoqué ses coursiers semble agitée d'une pensée inquiète; elle presse Fi de se remettre en route et disparaît avec lui dam airs. Insensiblement la mer a monté ; elle dévore choses et hommes. Seules, les Lémures ne reman rien de ce qui se passe, et leur danse continua au son joyeux tambourin jusqu'à ce que les flots attet leurs tètes, et que Tile entière soit submergée. Au-d< des vagues fouettées par la tempête, là haut, au sein l'espace , on aperçoit Faust et Méphistophéla cl chant sur leurs noires montures.

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