ÉTATS ALLOTROPIQUES DES MÉTAUX
La plupart des propriétés des métaux varient notablement selon qu’ils ont été fondus, forgés, laminés, écrouis, recuits, précipités, etc. Ainsi la densité du fer forgé oscille entre 7,628 et 7,614,selon qu'il a été recuit entre le rouge sombre et le blanc. En général, l’écrouissage rapproche les particules métalliques et augmente la densité des corps en même temps que leur dureté et leur fragilité ; le recuit fait disparaître ces effets.
Ces changements de densité semblent dus à la différence des arrangements mécaniques des molécules du métal, phénomène que nous ne rapportons pas à l’allotropie.
Mais il existe d'autres phénomènes qui paraissent répondre à de véritables transformations moléculaires ; telle est la modification de l’étain sous l’influence d’un froid excessif ; telle est encore la modification produite dans le fer par l’action d’une haute température, et rendue manifeste par la variation anormale de la chaleur spécifique et de la conductibilité électrique, etc.
M.Berthelot a appliqué aux métaux des considérations analogues à celles qu’il a développées sur lecarbone. On sait que les oxydes normaux d’un grand nombre de métaux, le peroxyde de fer et le bioxyde de manganèse, par exemple, soumis à'une température croissante, perdent peu à peu leur oxygène et se métamorphosent en sous-oxydes dont la complication croît à mesure que l’élévation de température chasse plus d’oxygène. Ces sous-oxydes de moins en moins oxydés sont comparables
aux carbures de moins en moins hydrogénés qui se forment sous l’action d’une température croissante. Ces analogies conduisent à penser que certains métaux, dans leur état actuel, ne sont que les produits limites d’une série de condensations moléculaires.