‹ De l'amourChapitre 23 sur 75 · Copie du journal de Lisio · texte numérisé non relu

Copie du journal de Lisio

2. Othello et La Vestale , ballets de Vigano, exécutés par le Pallerini et Mollinari.

Je n’ose ni effacer ni approuver l’observation précédente. II est sûr que, quand je l’écrivais, je la lisais dans mon cœur. Si je la mets en doute aujourd’hui, c’est peut-être que j’ai perdu le souvenir de ce que je voyais alors.

L’habitude de la musique et de sa rêverie prédispose à l’amour. Un air tendre et triste, pourvu qu’il ne soit pas trop dramatique, que l’imagination ne soit pas forcée de songer à l’action, excitant purement à la rêverie de l’amour, est délicieux pour les âmes tendres et malheureuses : par exemple, le trait prolongé de clarinette, au commencement du quartetto de Bianca e Faliero, et le récit de la Camporesi vers le milieu du quartetto.

L’amant qui est bien avec ce qu’il aime, jouit avec transport du fameux duetto d ' Armida e Rinaldo de Rossini, qui peint si juste les petits doutes de l’amour heureux et les moments de délices qui suivent les raccommodements. Le morceau instrumental qui est au milieu du duetto, au moment où Rinaldo veut fuir, et qui représente d’une manière si étonnante le combat des passions, lui semble avoir une influence physique sur son cœur, et le toucher réellement. Je n’ose dire ce que je sens à cet égard ; je passerais pour fou auprès des gens du Nord.

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