‹ De L'Anemie des Mineurs dite D'AnzinChapitre 22 sur 46 · S HOUILLÈRES DE GRAISSESSAG (HÉRAULT · texte numérisé non relu

S HOUILLÈRES DE GRAISSESSAG (HÉRAULT

D*après le docteur Bourguet, l'anémie règne actuellement encore (4) parmi les ouvriers des houillères de Graissessac (Hérault), chez qui il l'avait déjà signalée dès 1864 (5).

Les symptômes en sont analogues à ceux de la

(1) Thirion; maladies des ouvriers, etc.; Gaz. hôpit. 1847.

(2) Valat; Histoire médic. et statist. des ouvriers mineurs de la houillère de Decize (Nièvre) ; Acad. des Scienc. 1834 ; et coup d*œil thérapeutique sur les caract. génér. des maladies des ouvriers des mines ; BuUet. de thévap., t. VII, p. 185, 1834.

(3) Communication orale de M. de Clerck, ancien ingénieur des mines.

(4) De Tanémie chez les mineurs ; Gazette des hôpitaux, août et septembre 1877.

(5) Essai surThygiène des houilleurs ; thèse de Montpellier, no 97, décembre 1864.

forme abdominale chronique observée dans la dernière phase de Tépidémie de Fresnes en 1804 : fatigue musculaire, céphalalgie, tendance au sommeil, essoufflement, troubles de la vue et de l'ouïe; dyspepsie, langue sale, vomituritions le matin, coliques et douleurs abdominales erratiques, selles liquides fétides, abondant développement de gaz intestinaux, et enfin dans bien des cas, douleur parfois notable à la région splénique, sans grand changement du volume de la rate à la percussion.

En même temps, les sclérotiques ont une teinte subictérique assez prononcée ; l'ovale inférieur du visage est jaunâtre, les muqueuses gingivale et palatine sont décolorées. La céphalalgie, le plus souvent frontale, pouvant être temporale ou occipitale, s'accompagne parfois de vertiges ; elle est plus forte au moment où l'ouvrier passe de l'atmosphère viciée et chaude du chantier dans un air plus pur et plus frais. Des douleurs siègent dans les muscles de la nuque, du dos, des lombes et des membres inférieurs, de ceux, en un mot, qui servent surtout à la station debout. Le pouls ne présente ordinairement pas de caractères particuliers autres que la faiblesse et souvent la lenteur. Les bruits de souffle des vaisseaux cervicaux ou cruraux ne peuvent s'observer que dans les cas graves.

Chez les femmes, viennent s'ajouter les divers troubles génitaux de la chlorose.

Depuis 13 ans qu'il exerce, Bourguet n'a rencontré qu'un cas de mort.

Observation. — H s'agissait d'un « homme de trente ans environ, qui ne travaillait aux mines ^ue

depuis 1870. Il n'avait pas quitté notre exploitation^ avait eu peu à faire dans les chantiers à gaz, travaillant presque toujours dans des galeries bien aérées. Son affection débuta au commencement de 1875 par du malaise, puis, à la suite d'une vive frayeur déterminée par l'explosion d'un coup de mine qui le brûla légèrement à la face, il vit son aflEèction marcher rapidement. Il survint de l'afifaiblissement des membres inférieurs, de la céphalalgie, des troubles de la vue, des sifflements dans les oreilles, des coliques abdominales. Plus tard, décoloration de la peau et des muqueuses, troubles gastro-intestinaux. En février 1876, diarrhée fétide, incoercible ; insomnie, urines pâles, abondantes, vomissements, hémorrhagies intestinales dans les premiers jours de mars et mort peu après.

« L'examen le plus attentif n'a fait constater aucune lésion des organes internes, ni aucune altération du système lympathique et glandulaire pendant la vie.

« L'autopsîe, qui aurait été intéressante, n'a pu malheureusement être faite. »

Tout incomplète qu'elle soit, cette observation n'est, selon l'auteur, que la reproduction très exagérée, mais fidèle, de toutes celles qu'il est facile de rencontrer en grand nombre. On y voit absolument les mêmes symptômes se développant dans une succession toujours la même : troubles nerveux, musculaires et gastro-intestinaux.

La cau^e la plus puissante de l'anémie serait la mauvaise qualité de l'atmosphère des mines, et en particulier un excès d'acide carbonique.

L'hérédité, le jeune âge, le sexe féminin, le tempe-

rament lymphatique, la fièvre intermittente antérieure, le travail à la taille et au roulage, constitueraient autant de causes prédisposantes.

Bien que toutes les mines de Graissessac soient susceptibles de fournir des anémiques, la proportion de ces malades est plus considérable dans quelques fosses dont la température est assez élevée.

Bourguet n'a jamais observé de véritables épidémies ; mais au printemps et à Tautomne, quand la température de la mine et celle de l'atmosphère extérieure tendent à s'équilibrer, et amènent dans la ventilation des difficultés considérables, il voit alors arriver à la consultation un grand nombre d'ouvriers présentant tous les signes de la maladie.

Les purgatifs auraient très-bien réussi dans les cas légers au début. Les reconstituants, tels que le fer en première ligne, l'arsenic, l'iode, Thuile de morue, le quinquina, ont été de la plus grande utilité.

Le traitement préventif consisterait, suivant Bourguet, a établir un système déroulement qui ferait passer à tour de rôle les ouvriers dans les diverses mines ou les divers chantiers qui exposent le plus à l'anémie. Cette mesure, outre qu'elle serait impraticable, nous paraît d'ailleurs peu efficace.

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