OUVRAGE DU MEME AUTEUR
Traité d'économie politique, on Simple Exposition de la manière dont se forment, se distribuent et te consomme»* les Richesses , a vol. in-8°.
Et
Aja longue interruption des cointtiuiiicatioiR entre la France et l'Angleterre , a rendu bien précieux les mojnens qui se sont écoules depuis la paix. On a pu aller chercher de l'autre côté de la Manche, l'explication de plusieurs phénomènes dont oh ne connaissait que les résultats, et mesurer le levier qui , plus d'une fois , a soulevé l'Europe*
Ce ne sont point les forces înilitaires de la nation anglaise, ni même sa marine, qui ont exercé une influence majeure sur le Continent ; je ne dirai pas même que c'est son or; car, depuis 1 797 , elle n'a qu'une monnaie de papier qui ne repose sur aucun gage métallique ; et c'est peut-être, de toutes les nations du monde , celle qui , proportion gardée , possède le moins de métaux précieux ; mais c'est par sa richesse et par son crédit qu'elle a pu agir; et comme ces armes puissantes sont le résultat de toute son économie, c'est son sy$-
tème économique qui est son trait saillant, et qui mérite de fixer notre attention. .
Jusqu'en i8i/ f , la France qui avait l'ascendant sur le Continent, et l'Angleterre qui lavait sur les eaux, n'ont pu sérieusement se prendre corps à corps, elles nombreux combats qu elles se sont livrés sur Pun et l'autre élément, ne pouvant compromettre leur existence» ni même leur puissance» quelquaffligeans qu'Us lussent d'ailleurs pour l'humanité > ne pouvaient, quant à lews résultats, être considérés <jue comme des escarmouches. Mai s leur effet total a été de priver pendant près de vingttrois ans l'Angleterre de ses communications faciles et régulières avec ieContittent,et la France, de presque toutes ses relations maritimes. Les colonies séparées de leurs métropoles , 0e sont rendues indépendantes» ou sont devenues la proiedes Anglais et *oulle commerce fioutrémev est tombé entre leurs mains. Sainf un petit nombre de navires aventuriers , dont h plupart même n'ont pu leur échapper^ ce n'est <[«£ par leurs vaisseaux ,oudu moins avec leur jpermissum» que les denrées de l'Asie etde l'Amérique ont pu parvenir dans notre quartier du globe y et que les produits du sol et de l'industrie des Européens ont été portés dans les
autres parties du monde. Que cette pre'potidé* rance ait été avouée ou non , que ce commerce 6e soit fait par contrebande ou par des licences , seus des pavillons masqués ou à visage découvert ? le fait n'en a pas moins existé.
Quelles ont été les conséquences de ce mo»
nopole ?
Les profits commerciaux de l'Angleterre se aont accrus à un point surprenant. Plus de vingt mille navires de toutes nations , sont entrés chaque année dans les ports delà Grande- Bretagne. De nouveaux négocians , de nouveaux capitaux , ont voulu prendre part à ces profits. Un plus grand nombre d'agens *de toute espèce , ont été employés; et comme les familles s'augmentent en proportion des moyens qu'on leur offre de gagner, là population des villes maritimes anglaises a éprouvé des accroissement remarquables. Londres n'est plus une ville : c'est une province couverte de maisons* Glascow, qui en 1791 > n'avait que 66 millehabitans, en* maintenant 1 lomille(i). Liverpool, qui en 1801 , avoir une population de 77 mille âmes , en contient §4 mille (2).