A LA LIBRAIRIE NOUVELLE
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Le volume que nous publions aujourd'hui sous le titre De V Angleterre aurait pu recevoir plus exactement celui-ci : les Héroïnes de Shakspeare et Fragments sur V Angleterre ^ Nous avons préféré le premier, parce que ce volume^ quelque peu d'analogie qu'il ait pour la méthode et même le contenu avec les deux ouvrages de Heine intitulés De l'Allemagne et De la France^ donne cependant de l'Angleterre une image assez fidèle et assez complète pour prendre place, sous un titre analogue, à la suite de ces deux écrits, les plus importants de son œuvre avec les Reisehilder»
AVERTISSEMKNT
L'étude sur les Héroïnes de Shakspeare a paru en langue alleruande , dans une publication illustrée, qui fut publiée en 1839, simultanément à Paris et à Leipzig. Les mêmes motifs économiques qui ont empêché les éditeurs des Œuvres complètes de Heine, à Hambourg, de reproduire dans l'édition allemande les planches de l'ouvrage primitif, c^est-à-dire les figures élégamment gravées des héroïnes de Shakspeare , ne nous ont pas permis de donner, avec le texte français, ces mêmes illustrations. Les analyses pleines d'esprit et de fantaisie, qu'a faites du poëte anglais le poète allemand, peuvent facilement se passer du secours de la gravure. Il y aurait eu, en revanche, un inconvénient considérable à sacrifier les portions plus ou moins étendues des comédies de Shakspeare qui figurent à part dans ce travail, et sont à leur tour les illustrations les plus parfaites du texte de Heine : aussi n'avons-nous pas hésité à les conserver. Shakspeare et son
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commentateur se trouvent ainsi en présence, et se font mieux connaître l'un par l'autre. L'ensemble de l'ouvrage de Heine sur Shakspeare ne nous offre d'ailleurs pas seulement cette jouissance d^esprit si exquise et si rare d'entendre un poëte commentant un autre poète, il nous donne encore , grâce à une foule d'intuitions rapides capricieusement jetées çà et là dans ces pages que Heine n'envisageait que comme l'explication d'une série de gravures, laclef du génie de l'Aûgleterre elle-même et de son caractère moral, dont Shakspeare, le plus universel des poètes modernes, mais le plus anglais en même temps, est le représentant par excellence.
Les morceaux qui suivent l'étude sur les héroïnes de Shakspeare, se rattachent directement aux fragments sur l'Angleterre du premier volume des Reisebildei'y et remontent tous, à l'exception d'un seul, à la même date. Heine les
écrivit à Munich en 1828, et les fit paraître dans les Annales politiques, dont il était, avec son ami Lindner, le principal rédacteur. Ces fragments, dont quelques-uns sont de la meilleure
manière de T écrivain-^ nous donnent le résumé des jugements, ou plutôt des impressions politiques que Heine avait rapportés. Tannée précédente, de son séjour en Angleterre. — Le littérateur habile et consciencieux qui a présidé à la publication des œuvres allemandes de Heine, M. Ad. Strodtmann, nous apprend que Heine avait annoncé, pour une prochaine livraison des Annales^ la suite du discours de Spring Rice, qui termine le premier de ces fragments [l'Affranchissement)^ mais que cette suite ne vint pas. Nous sommes assurés que les lecteurs de ces morceaux s'associeront, comme nous, au regret qu'il exprime de l'impossibilité où sont les lecteurs de Heine de suivre jusqu'au bout le discours plein d'humour de l'orateur anlais.
Nous avons joint à ces fragments de 1828 un morceau intitulé Thomas Reynolds, où se trouve, entre autres, le récit de première main du plus émouvant épisode de la révolte d'Irlande, en 1798, l'arrestation et la mort de lord Fitzgerald. Ce fragment a été* écrit par Heine, à Paris, en
Les Éditeurs.