‹ De l'AngleterreChapitre 42 sur 60 · MESURE POUR MESURE · texte numérisé non relu

MESURE POUR MESURE

(Acte II, scène 4n»e)

Angelo. — Supposez qu'il n*y ait point d'autre moyen de sauver sa vie (bien que je ne consente pas à ce moyen ni à aucun autre; c'est uniquement par forme de conversation), si ce n'est celui-ci, que vous, sa sœur, inspirant des désirs à quelque homme dont le crédit auprès du juge, ou sa propre dignité, pourrait délivrer votre frère des entraves de la toute-puissante loi; supposez, dis-je, qu'il n'y eût point d'autre moyen humain de le sauver, mais qu'il fallût ou livrer les trésors de votre corps à cet homme que nous supposons, ou laisser souffrir le coupable ; que feriez-vous?

Isabelle. — Je ferais pour mon pauvre frère tout ce que je ferais pour moi-même : je veux dire, que si j'étais condamnée à la mort, je porterais les marques douloureuses du fouet, comme des rubis, et je me déshabillerais pour aller à la mort, comme vers un lit que j'aurais désiré à en devenir malade, plutôt que de céder mon corps au déshonneur.

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