‹ De L'Antisepsie Pulmonaire Par la voie rectale Chez les PhtisiquesChapitre 6 sur 16 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'utilisation thérapeutique de la voie rectale n’est pas chose absolument récente. Les anciens savaient déjà que l’on peut donner des lavements médicamenteux. Van Helmont s’en est servi. Mais c’est seulement dans ces dernières années que les médecins ont systématiquement utilisé l’absorption rectale pour faire pénétrer dans l’économie des médicaments spécialement destinés à l’antisepsie pulmonaire.

C’est Révillet (1) qui parait avoir le premier employé les lavements de créosote. Mais, avant lui, d’autres tentatives avaient été faites par M. Bergeon, qui a préconisé l’usage des lavements gazeux : depuis le travail de Révillet, ont paru sur la question les recherches de Chabaud, de Guiter, et beaucoup de médecins ont adopté leurs idées et leurs techniques.

Frappés des inconvénients que présente parfois l'administration des lavements, d’autres auteurs ont eu recours aux suppositoires.

(1) Semaine médicale, 1891.

RO 2e

Le vieux moyen thérapeutique, primitivement destiné à solliciter les contractions intestinales — Rabelais en parle! — et au besoin à calmer, par une application directe de substances narcotiques, des douleurs siégeant dans la vessie, la prostate, le rectum lui-même, le vieux moyen, disons-nous, a trouvé dans ces dernières années un emploi neuf. La substance molle des suppositoires a été prise comme véhicule pour la créosote, le gaïacol, etc.

La premiére tentative de ce genre paraît due à Dujardin-Beaumetz (1), puis la méthode a été préconisée par Kügler (Communication à la société de thérapeutique).

On trouve dans les thèses de Main et de Blanc un nombre assez considérable d'observations où cette forme médicamenteuse a été employée avec succès.

On le voit, la bibliographie de la question n’est pas encombrante, et malgré les bons résultats qu’elle a donnés entre les mains de beaucoup de médecins. la méthode rectale n’a pas eu les honneurs de nombreux travaux. Cependant elle mérite mieux que cette indifférence et nous espérons pouvoir en fournir la preuve.

On s’étonnera peut-être de ne pas trouver dans notre travail de chapitre consacré à la méthode des

(1) Thèse de Lemanski, 1893.

UD re

lavements gazeux inaugurés par M. Bergeon. La raison en est simple : ces lavements, bien oubliés aujourd hui, n’agissent réellement pas comme antiseptiques, si tant est qu'ils agissent ; ce sont des modificateurs de l’état général, aux mêmes titres que l'oxygène. Peut-être y aurait-il lieu de reprendre la question au point de vue de gaz riches en soufre; mais les matériaux nous manquent, et nous préférons, laissant de côté cette médication, nous en tenir à l’antisepsie rectale par la créosote et son dérivé le gaiacol.

TT

De l'absorption rectale

re et

Le rectum est pourvu de nombreux vaisseaux sanguins et lymphatiques: sa circulation veineuse est un des points de jonction des systèmes cave et porte: son épithélium analogue à celui des autres portions de l'intestin; ses nombreuses glandes en tube, du type dit de Lieberkühn, la disposition de ses tuniques musculeuse et celluleuse tout à fait comparable à ce qu’on voit dans le reste de l'intestin, permettent a priori de penser qu’il doit jouir des mêmes facultés absorbantes que les autres portions du tube intestinal.

Toutefois, en physiologie et en thérapeutique, les inductions si légitimes qu’elles paraissent, ne sauraient suffire. Il faut qu’elles subissent le contrôle de l'expérience. Dans le cas particulier il y a deux questions distinctes à résoudre :

1° Le rectum absorbe-t-il ?

20 Absorbe-t-il la créosote ou le gaïacol ?

A) De l'absorption rectale en général. — L’expérience a démontré que l'absorption est plus rapide

Page 1