‹ De l'appréciation des appareils orthopédiques. Thèse. Présentée au concours pour la Chaire de médecine opératoire de la Faculté de médecine de Paris, 28 janvier 1841Chapitre 1 sur 47 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le rôle des agents empruntes à îa mécanique est d’une telle importance dans le traitement des difformités , qu’on aura fait un pas immense dans la thérapeutique de ces affections , le jour où Ton aura posé , d’une manière définitive , les principes généraux , les cas particuliers et la limite d'application des appareils d’orthopédie. Telle est, sans doute, la pensée qui a présidé au choix que le jury du concours a fait de la question qui nous est échue en partage, et dont la difficulté a été universellement appréciée.

Voici le plan que nous avons cru devoir suivre :

Dans une lre partie, qui peut être considérée comme constituant les généralités du sujet, nous avons cherché a fixer des principes qui doivent nous servir de base d’appréciation : c’est ici la partie philosophique et générale du travail. Dans une 2e partie , guidés par les principes précédemment émis , nous avons eu pour but d’apprécier la valeur respective des moyens particuliers appliqués à chaque ordre de difformité.

En tête de l’appréciation de chaque classe d’appareils,

nous nous sommes proposé de nous bien rendre compte du principe sur lequel est fondée leur construction ; nous avons mis en discussion ce principe lui-même , et Pavons soumis à un rigoureux examen.

J adresse mes remercîments les plus sincères a notre honorable confrère, M. Bouvier , dont la sûreté de jugement et Inexpérience déjà longue en orthopédie , m'ont été d'un grand secours dans Pexécution de ce travail, pour lequel il m’a fourni des documents importants dont plusieurs n’avaient pas encore été publiés.

Si , dans le cours d’un travail composé avec trop de rapidité pour qu’il m’ait été possible de vérifier entièrement les sources , et de rendre a tous ceux qui se sont occupés d’orthopédie toute la justice due à chacun, je prie qu’on ne l’attribue pas à un sentiment de partialité ou de dédain qui est bien loin de ma pensée , mais à la nature même des circonstances dans lesquelles je me trouve placé.

Bien que j’aie la conviction d’être resté , dans mes efforts , au-dessous du but qui m’était proposé , je dois dire, contrairement à l’opinion de quelques personnes, que la question dont je vais m’occuper rentre , de la manière la plus directe , sous la subordination des diverses branches d’enseignement de cette faculté. Eh! qui donc serait plus a même de porter un jugement sur la valeur des appareils orthopédiques, que l’anatomiste avec sa connaissance exacte et minutieuse des os et jointures a modifier ; que le physiologiste , qui, par une analyse approfondie de l’action des muscles et des articulations, déduit le sens le mieux entendu dans lequel les efforts puissent être dirigés ; que le chirurgien, qui, sans cesse en présence des troubles introduits brusquement dans la conformation naturelle par les frac-

tures et les luxations, est déjà sur la trace des indications les plus rationnelles de l'orthopédie ; que Fanatomo-pathologiste enfin , dont les investigations sur la texture intime et les propriétés des tissus maladesnous mettent sur la voie d^un fait qui va changer tout • à-coup la face du traitement, en montrant que, la oii tel moyen serait employé en pure perte , tel autre aura un succès assuré ?

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