SECTION Y
APPRÉCIATION DES APPAREILS ORTHOPÉDIQUES COMPARES AUX AUTRES MOYENS EMPLOYÉS EN ORTHOPÉDIE.
On peut , je crois , avancer d’une manière générale, qu*il n’est aucun moyen de l’hygiène et de la thérapeutique générales , non plus qu’aucun des autres moyens employés en orthopédie , comme la gymnastique ou la ténotomie , qui , en somme totale , ait une aussi grande valeur pratique que les appareils. Ceux-ci peuvent a eux seuls suffire, pour la guérison d’un grand nombre de difformités , et la plupart des autres moyens , la ténotomie elle-même , si puissante dans ses résultats immédiats , ne peuvent se passer de Fauxiliation des appareils. Comme moyen préventif pour empêcher l’établissement définitif ou l’accroissement
de certaines difformités, cette classe de moyens obtient un succès complet.
Toutefois , il ne faut jamais perdre de vue que les ressources empruntées a la gymnastique , aux modificateurs généraux de Forganisme , a ceux surtout qui agissent sur la nutrition, et enfin a la ténotomie, doivent concourir, au plus haut degré possible , a Faction des machines , si Ton veut crue celles-ci puissent amener des résultats et plus prompts et plus durables.
Nous nous contenterons de ces généralités , sans entrer dans de plus grands détails sur le parallèle de la valeur clinique des appareils et de la ténotomie. Du moment qu’il est admis que ces deux ordres de moyens doivent concourir, chacun pour sa part , au traitement des difformités , il ne s^agit plus que d'apprécier, pour chaque cas particulier, le rôle respectif de F un et de Fautre. 11 nous paraîtrait oiseux de se livrer a un parallèle de deux moyens qui ne s’excluent pas , et entre lesquels il n‘;y a pas lieu a accorder une préférence générale. Ce cpie nous pouvons dire, pour assigner la principale différence dans le mode cFaction, c’est que la ténotomie est surtout caractérisée par Finstantanéité des résultats et leur peu de durée , tandis que les machines , avec une action plus lente , ont aussi des effets plus durables. On peut dire, sous ce rapport, ce queFon a appliqué a tant d’autres choses : « Le temps ne respecte que ce quai a fondé. ,
Je saisirai Foccasion de ce chapitre, pour dire quelques mots des appareils orthopédiques gymnastiques. Ces appareils sont peu nombreux, les résultats gymnastiques de l’orthopédie étant dûs beaucoup plus a la manière dont sont dirigés les exercices des malades , qu’à l’existence d’appareils spéciaux. Toutefois , il
existe quelques modifications, telle que celle imaginée par M. Pravaz , qui sont de nature à faire une part pour la gymnastique , dans certains appareils qui n’ont point cette destination exclusive.
L'action volontaire est préférable à celle des machines; mais condamner les machines en général estla conséquence plutôt de raisonnements théoriques rpe de l’observation 5 et encore le raisonnement basé sur les connaisances de l’anatomie et de la physiologie conduitil a prescrire ce genre de moyen. En effet, dans une déformation ancienne les muscles opposés au sens de la flexion n’étant plus capables par eux mêmes de surmonter la rigidité des articulations et l’effort des muscles antagonistes , il faut bien leur donner pour auxiliaire Faction des ressorts mécaniques. Ces muscles, soustraits à un état d’allongement permanent qui leur avait ôté leur force de ressort , la reprennent et , d’une autre part , les muscles antagonistes qui s’étaient raccourcis, ramenés a leur longueur normale, ne conservent plus une action prépondérante. Un effet analogue se produira aussi dans les ligaments et meme dans les os. Si l’habitude, ce qui arrive le plus souvent, est la cause de la flexion , il aura fallu , avant d’arriver a l’application des machines , essayer les exercices gymnastiques.