‹ De l'appréciation des appareils orthopédiques. Thèse. Présentée au concours pour la Chaire de médecine opératoire de la Faculté de médecine de Paris, 28 janvier 1841Chapitre 38 sur 47 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

APPRÉCIATION DES APPAREILS EMPLOYÉS DANS LES DIF- FORMITÉS DES MEMBRES.

Les appareils employés dans les difformités des membres s’appliquent a des difformités survenues dans eur continuité ou dans leur contiguïté •

Les cas dans lesquels ces appareils peuvent être employe's, sont, pour la continuité des os, des courbures de la diaphyse ou bien des cals difformes. Cette dernière question étant Fobjet particulier de la thèse d°un de mes honorables compétiteurs , M. Laugier, je ne méen occuperai pas ici.

APPAREILS EMPLOYÉS DANS LES DÉVIATIONS RACHITIQUES DES OS DANS LEUR CONTINUITÉ.

11 faut se rappeler, avant de juger le rôle des appareils dans ces affections , qu'il n’est pas rare de voir les os se redresser d^ eux-mêmes , et la guérison spontanée survenir par le progrès de Page. Dans les cas ou les efforts de ^organisme , secondés par les bains aromatiques, les pressions modérées exercées plusieurs fois par jour avec les mains dans la direction convenable pour redresser les os, paraissent susceptibles de réduire la difformité, il faut s’abstenir de Posage des appareils qui, malgré Pemploi le plus méthodique , ont toujours Pinconvénient de gêner plus ou moins la nutrition des membres , et dont Inapplication elle-même est pour le sujet une cause de gène plus ou moins grande.

Dans les cas graves , il n’est pas permis de compter sur le redressement spontané , et Ton doit alors chercher, s^il est possible , a produire ce redressement au moyen de machines appropriées.

Les appareils n’ont diction bien puissante cjue dans la première période du rachitisme, quand Pamincissernentde Pos ancien et le peu de solidité de la production nouvelle laissent encore aux os assez de flexibilité pour leur permettre de se redresser. Plus tard, ils offrent une résistance trop grande pour que l’énergie qu'il serait

nécessaire de donner aux moyens mécaniques fut compatible avec raccompüssement des fonctions du membre; le rôle des appareils se borne alors a empêcher les os de se courber encore plus. Mais ce léger avantage ne compense pas les inconvénients attachés à leur emploi , et, d’après l’opinion de M. Bouvier, il faut s^en abstenir lorsque le travail local est consommé , sauf les cas ou il y a imminence de déviation dans les articulations voisines.

Graduation dans V action des appareils . — Lorsqu’on fait usage des appareils dans la première période du ramollissement rachitique , il faut avoir soin de graduer leur intensité diction de manière a ne pas produire de fracture , ce qui pourrait arriver si Ton employait d^abord une force trop grande. Chez les enfants chétifs et maigres, on doit s'abstenir de leur emploi; leur poids et la constriction qu’ils exercent, ne feraient qu^augmenter la faiblesse, et mettraient les malades dans des conditions plus défavorables pour la guérison.

Membres inférieurs. L^épaisseur des muscles de la cuisse rend Posage des appareils peu efficaces pour redresser les courbures du fémur , aussi ne les appliquet-on guère qu à la jambe.

Aux membres inférieurs les appareils ne seront réellement efficaces que dans la position horizontale ; mais on ne peut , sans de grands inconvénients , condamner les sujets a rester dans une immobilité continuelle , et c’est à la sagacité du médecin à combiner, suivant Page et Petat des individus , le repos et le mouvement de manière à obtenir le résultat le plus avantageux possible. Les appareils sont souvent un pal liatif nécessaire dans la position verticale.

Membres supérieurs. On a rarement occasion de les employer aux membres supérieurs, et Ton ne peut guère le faire , 'a cause des inconvénients qui résultent de la pression exercée sur les muscles de ces parties. On peut se faire une idée des effets de celte compression en considérant ce qui arrive chez les sujets affectés de fractures des membres supérieurs : à la levée des appareils on trouve les membres atrophiés et réduits a un état démaigrissement très considérable; bien que les appareils aient été appliqués pendant un espace de temps assez court , et que les sujets soient ordinairement dans un état de santé très-satisfaisant. Quels ne seraient pas , dans les cas qui nous occupent, les effets de la compression produite par les appareils dont Posage devrait être continué pendant un temps fort long et sur des sujets amaigris et débilités !

Ira-t-on, pour une courbure légère, soumettre l’enfant a tous les inconvénients d ' un bandage serré et appliqué sur des muscles déjà atrophiés, qui les atrophiera encore davantage, et qui supposerait au travail reproducteur qu’on doit, au contraire, favoriser par tous les moyens ?

Les appareils sont d’ailleurs construits sur les mêmes principes que ceux employés a redresser les déviations des jointures, et en particulier des genoux.

En considérant les membres comme des arcs qu’on cherche a redresser, il s’agit de prendre un point d’appui a leurs extrémités, et d’appliquer une fronde sur le centre de la convexité. L’indication sera remplie par un tuteur appliqué sur l’os, et fixé convenablement a ses deux extrémités du côté delà concavité, et par une large courroie qui, passant sur la convexité de la courbure , visa-vis son centre, viendra s’attacher sur ce tuteur. Dans

cette application, le point essentiel est, 1° de ménager les pressions et de les répartir de manière a ne pas excorier les téguments ; 2° de conserver les mouvements des articulations vis-a-vis desquelles se fixent les tuteurs, par des brisures convenablement disposées.

APPAREILS EMPLOYÉS DANS LES DIFFORMITÉS DES ARTI- CULATIONS DES MEMBRES.

Quant aux difformités dans les jointures, ce sont surtout celles à l’égard desquelles je chercherai a m’occuper de l’appréciation des appareils orthopédiques.

Indications générales des appareils orthopédiques dans les difformités articulaires .

1° Déviations articulaires qui ne sont point liées aune affection locale des jointures, et qui , causées uniquement par le changement des surfaces ou des liens artiticulaires, peuvent être considérées comme essentielles.

2° Inflexions permanentes produites par une cause étrangère aux articulations, et maintenues par l’état des muscles ou des téguments , comme on le voit dans les contractures et les cicatrices vicieuses.

3° Rapports anormaux des os que les moyens ordinaires de la chirurgie n’ont pu rétablir a l’état naturel comme cela a lieu dans les luxations anciennes et congéniales.

4° Adhésions des surfaces articulaires comprises sous le nom d’ ankylosé.

5° Relâchement des ligaments qui amènent une sorte de diastase ou d’écartement des os , et parfois une mobilité extraordinaire des surfaces correspondantes.

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