‹ De l'appréciation des appareils orthopédiques. Thèse. Présentée au concours pour la Chaire de médecine opératoire de la Faculté de médecine de Paris, 28 janvier 1841Chapitre 8 sur 47 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

Du degré d'intensité des forces ,

Nous poserons en tête de ce chapitre une règle d’appréciation qui a quelque actualité , dans un temps oîi Fon n’a pas craint d’appliquer au corps de Fhomme, des puissances d’une intensité d’action vraiment dangereuse : cette règle, c’est qu’on doit proscrire tout appareil capable de déterminer des solutions de continuité des tissus vivants, en donnant lieu soit à la déchirure des

parties molles , soit a la fracture des parties osseuses. Quand bien meme des moyens de cette nature produiraient quelque résultat orthopédique favorable, quelle compensation pourraient-ils offrir, en échange des dangers qu’ils font courir aux malades , dangers dont on a été témoin plus d’une fois.

On peut encore prendre pour régie, dans l’appréciation de Fintensité des forces, qu'elles doivent toujours plutôt rester au-dessous de ce qui est rigoureusement nécessaire que de dépasser la limite de maximum.

Quant a la limite d’intensité , elle ne saurait être déterminée d’une manière générale ; c’est Fa qu’il convient d’avoir égard a Fàge, au sexe, au tempérament, a l’état de susceptibilité plus ou moins marquée des parties du corps sur lesquelles on agira : ainsi , par exemple, chez l’enfant, chez les sujets lymphatiques, à ligaments plus ou moins relâchés et à muscles débiles, on devra modérer avec prudence Fintensité d’action des forces.

Un autre fait qui touche , de la manière la plus directe , â Faction des appareils orthopédiques c’est la graduation dans Fintensité des efforts produits ; tel effort qui ne saurait être supporté s’il se produit d’une manière instantanée , pourra être porté au double et au triple s’il est accru d’une manière lente et graduelle : c’est ainsi qu’en mettant de suite en jeu , toutes les brisures de certains appareils , on se trouve bientôt forcé d’en cesser l’emploi , tandis que cela n’existe pas, quand on les fait agir successivement et en quelque sorte une â une.

Une chose bien importante pour l’appréciation des appareils dans leur manière d’agir, consiste â noter ce fait: que leur application doit être graduée d’une ma-

nière progressive et comme insensiblement; il y a une sorte d’accoutumance à établir, d’éducation a faire* faute de laquelle les moyens les mieux indiqués seraient d’une application insupportable; ce n’est donc que pièce à pièce, et après avoir acquis pour la manière dont chacune est supportée , une sorte de tolérance réelle et bien constatée, qu’il est permis de faire l'application de tout l’appareil; ces épreuves successives peuvent réclamer, eu égard a la susceptibilité des sujets, un long espace de temps avant que I on n’ait pu faire l’application complète de tout l’appareil.

Il y a donc ici un principe , celui de ht graduation d'action des appareils .

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