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être recouverte de petits bourgeons saignant difficilement ; si la plaie ne présente pas un aussi bel aspect on l’aura modifié par la teinture d’iode et le nitrate d'argent, mais la plaie sera uniquement aseptique au moment de l’opération. Il n’est pas indispensable qu'il y ait des bourgeons charnus et M. Delbet chez ses malades fit directement les greffes sur la table externe même le diploé, et obtint un excellent résultat.
On commence par aviver la surface à greffer et pour cela on la frictionne doucement avec une compresse sèche ; on obtient ainsi l'enlèvement de la partie toute superficielle des bourgeons. ;
Pour sectionner rapidement et facilement les greffes, on tend la peau de la face antérieure de la cuisse, de la face interne de la jambe, et, à un rasoir à coupe histologique, tenu fermement, on imprime de petits mouvements de scie, on mord la peau et on en détache ainsi une mince lanière presque transparente qui se ramasse et se plisse sur la lame du rasoir ; il faut opérer vile : c'est ainsi qu’on obtient les plus belles greffes. On détache ainsi un lambeau large de 5 à 4 centimètres, long de 15, 20,30 centimètres, à bords dentelés par suite des mouvements de scie.
On transporte la greffe, ainsi enlevée, sur la plaie et on l’étale, en fixant une extrémité avec une aiguille à dissocier et on retire le rasoir ; on peut aussi pour mieux appliquer la greffe la repasser légèrement avec le manche d'une curette, avec une
éponge.
On enlève ainsi plusieurs bandelettes et on les reporte sur la plaic cranienne, la seconde greffe est établie à côté de la première, mais il faut que les greffes s’imbriquent les unes sur les autres.
« L’imbrication des greffes est absolument indispensable si l’on veut obtenir leur union sans cicatrice apparente. Si l’on se contentait de placer les greffes les unes à côté des autres, bord contre bord, comme il est impossible d'obtenir l'affrontement régulier des bord dentelés, il en résulterait que l’union des greffes se ferait par des cordes cicatricielles du plus vilain aspect ; tandis que si les greffes sunt imbriquées, la partie couvrante se mortifie en suivant exactement les dentelures du bord couvert et l’union se fait suivant une ligne idéale (Juvara).
Quelques auteurs (Gueillot), pour simplifier la prise des lambeaux, font sur la peau qui va servir de greffe une pulvérisation de chlorure d'’éthyle, en même temps anesthésique, le chlorure d’éthyle rend la peau demi-rigide et facilite l’action du rasoir ; mais il faut que la pulvérisation. soit légère ; pour ne pas porter atteinte à la vitalité du lambeau. En général, on emploie l’anesthésie locale à la cocaïne, ou générale au chloroforme.
On panse la plaie du crâne avec un pansement sec ou plutôt de minces lamelles d'étain ou encore de petites bandelettes de gutta-percha laminées.
Cette méthode des grandes greffes dermo-épidermiques préconisée pas Socin de Bâle vient d’être perfectionnée par M. le professeur Pierre Delbet :
Pansier 5
as AA)
« L’énorme plaie du scalp peut et doit être répa: rée par les greffes de Thiersch. Les deux malades queje vous présente guéries montrent que ces greffes prennent sur l'os lui-même. Elles ont été appliquées en bien des points directement sur le diploé, après élimination de la table externe. On peul voir qu’elles sont solides, puisque la réparation est terminée chez l’une de mes malades depuis seize mois et chez l’autre depuis plus de deux ans. On peut même constater qu'il s’est formé au-dessous d'elle du tissu conjonctif assez souple, de telle sorte qu actuellement la cicatrice a une certaine mobilité sur le plan osseux.
La méthode de Thiersch est admirable et mérite d’être plus employée qu’elle ne l’est. Si dans bien des cas elle échoue ou ne donne que des résultats insuffisants, c'est parce qu’on l’emmploie mal. Les conditions du succès sont multiples et je ne puis les analyser toutes. Il en est deux seulement sur lesquelles je veux insister.
Les grefles doivent chevaucher les unes sur les autres, s’imbriquer comme les tuiles d’un toit. Ce ne sont point des centres d'épidermisation comme les greffes de Reverdin. On n'obtient de beaux succès qu’à la condition de recouvrir parfaitement la plaie, quand on laisse entre les greffes des espaces cruentés, si étroits qu'ils soient, ils suintent. Ce suintement ramollit les gréfles, les décolle et compromet le résultat.
Le second poiut très important, c’est de tailler les
greffes aussi larges et aussi longues que possible. On peut poser comme règle que les greffes dermoépidermiques prennent d’autant mieux que chacune d’elle est plus étendue. On fait souvent des greffes si petites qu'elles mériteraient plutôt le nom de Reverdin que celui de Thiersch. C’est une mauvaise pratique. La mosaïque doit être à larges pièces et celles-ci peuvent être relativement énormes, Chez une malade que j’ai présentée autrefois à l’Académie, j'ai réussi à tailler des greffes de plus de 40 centimètres de long.
Il va de soi que la réparation de l’énorme plaie du scalp ne peut être faite en une séance. Non seulement la durée de l'opération ferait courir des risques aux malades, mais les conditions mécaniques seraient mauvaises. Comme il faut bien que la tête prenne un point d'appui au moins pendant le sommeil, dans toute la zone exposée aux pressions, les greffes seraient déplacées par les frottements et ne pourraient pr.ndre. Force est donc de faire plusieurs séances. J'en ai fait trois chez chacune de mes malades. Mais dans chaque séance, j’insiste encore sur ce point, bien loin de répartir irrégulièrement les greffes, j'ai réparé complètement un territoire déterminé. » (Traitement du scalp, par M.le professeur Pierre Delbet.)
On a reproché aux cicatrices obtenues par les greffes de Thiersch d’être rétractiles. Cela dépend de l’époque à laquelle les greffes ont été faites et de l'infection antérieure de la plaie. Si on attend des mois
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pour faire les greffes, si pendant ce temps la plaie est septique, il se forme au dessous des bourgeons char. nus une épaisse couche de tissus fibreux et la cicatrice après la greffe est rétractile, car c’est cette couche fibreuse qui se rétracte (M. Pierre Delbet).
Donc,si des greffes quelconques ont pu amener la guérison de l'énorme plaie du scalp,les greffes faites suivant la méthodes de Thiersch ont donné de meilleurs résullats : sur les 12 cas de nos 32 observations, où elles ont été employées, on ne note qu’un seul insuccès.
est que les greffes de Thiersch présentent de nombreux avantages sur toutes les autres greffes dans le traitement du scalp. L'observation XXVII concerne une malade chez laquelle on essaya sans succès et les greffes de Reverdin et les greffes cutanées totales ; seules les greffes de Thiersch amenèrent la guérison. En effet :
1° Les greffes de Thiersch peuvent et doivent êlre faites de bonne heure, aussitôt l’asepsie de la plaie oblenue ;
° Elles peuvent se faire sur les os mêmes, table externe ou diploé;
3° Leur étendue permet de combler parfaitement la vaste plaie ;
4° Seules elles donnent une guérison rapide (vingthuit jours chez la malade de l'observation XIV) ;
9° Parsuite de la rapidité et de la perfection de la guérison, les greffes de Thiersch mettent la malade à l’abri des complications ;
6° La cicatrice obtenue par les greffes de Thiersch est parfaite, se continuant sans ligne de démarcalion avec les téguments voisins, souple, mobile et résistante.