I. Les jeuv appelés fonds d'orgue
inventeurs inconnus de cet instrument gigantesque, et l'industrie admirable avec laquelle ils sont parvenus à réaliser ce qu'an délicat instinct, beaucoup plus sans doute que la réflexion, leur montroit comme un but qu'ils dévoient s'efforcer d'atteindre. On a vu comment la cloche, par d'innombrables vibrations partielles, et conséquemment par autant de sons coexistants au son principal, représente la voix une et multiple de la Nature. 11 étoit nécessaire que l'orgue, pour correspondre en tout au symbolisme du temple chrétien, produisît un effet analogue. Mais que de difficultés, insurmontables en apparence, dans une semblable tentative ! On les a pourtant surmontées avec une merveilleuse hardiesse, enjoignant au diapason fondamental S accompagné de ses registres consonnants, les jeux de mutation dont plusieurs- offrent d'horribles dissonances, mais qui se perdent dans la masse harmonique de l'instrument. Ces discordances, perçues à peine, rappellent par leur contraste les bruits indéterminés de la nature, en font naître la sensation fugitive, lointaine, en même temps que les sons aigus de ces jeux singuliers produisent sur l'oreille la vague impression qu elle reçoit, quand la cloche s'éveille, des multitudes de vibrations qui, se pro-