‹ De L'Arthrotomie Dans Les Hydarthroses Du Genou (Dites Essentielles): Sa Valeur Diagnostique et ThérapeutiqueChapitre 13 sur 42 · I. — LÉSIONS MÉNISCALES · texte numérisé non relu

I. — LÉSIONS MÉNISCALES

Devant toutes les Hydarthroses du Genou que nous avons examinées, nous avons recherché systématiquement la possibilité d’une lésion Méniscale.

Certes, dans les cas où existe la notion nette d’un blocage, l’existence d’une douleur précise avec saillie du ménisque et une atrophie musculaire manifeste, le diagnostic étiologique de l’'Hydarthrose nous a paru facile.

En réalité, ce ne sont pas ces formes typiques qui posent un problème diagnostic délicat, mais bien les formes où l’Hydarthrose est le seul signe clinique ou presque, et l’on sait que l’Hydarthrose est le plus irrégulier des symptômes des lésions méniscales. Notre maître, Monsieur le Professeur SorRErz, nous l’a enseigné depuis longtemps : « Le chapitre des lé- « sions post-traumatiques croît singulièrement de-

« puis plusieurs années, dit-il; les lésions méniscales « sont fréquentes et à côté du type caractérisé si net- « tement par un blocage douloureux suivi d’épan- « chement articulaire immédiat, il existe une série « de formes très discrètes. L’Hydarthrose peut sur- « venir sans que les phénomènes douloureux aient « attiré beaucoup l’attention et il faut parfois un « interrogatoire très serré et une observation très « précise des conditions dans lesquelles se produit « cette Hydarthrose pour en reconnaître la cause. »

Au sujet du blocage, seule preuve absolue de la réalité d’une lésion méniscale, il est difficile d’en faire état à coup sûr, ce signe n’existant qu’en fonction de la justesse de l’anamnèse fournie par le malade ; et pourtant dans 2 observations de nos malades nous avons noté l’existence d’un blocage « au lit ». Le sujet couché faisant un mouvement d’extension de la jambe sur la cuisse présentait un brusque arrêt dans l’exécution de ce mouvement.

La première fois que nous avons noté ce signe chez un sujet qui se présentait avec une Hydarthrose isolée, nous n’avons pas su en donner une interprétation exacte.

La deuxième fois, instruit par l’histoire de notre premier malade et les constatations faites au cours de l’Arthrotomie exploratrice, ce signe nous a permis de soupçonner une lésion méniscale; lésion qui fut vérifiée à l'examen opératoire.

Ce signe a pour nous maintenant une grande valeur diagnostique et nous ne manquons jamais de la

CDR Louer

rechercher chaque fois que la symptomatologie méniscale n’est pas au complet. Ce symptôme d’ailleurs avait déjà été signalé par Tavernier et Moucxer dans leur étude sur la Pathologie des ménisques. « Nous connaissons un malade, disent-ils, qui, si « paradoxal que cela puisse paraître, ne se bloque « que dans son lit. » Nous n’avons trouvé mention de ce signe nulle part ailleurs.

Mais quelque soit l'intérêt de recherches cliniques minutieuses, l’absence de signe de certitude a amené les chirurgiens à chercher des procédés de diagnostics nouveaux :

la radiologie simple sur clichés de face, de profil, de 3/4, ou même sur clichés avec films cintrés (Bé- CLÉRE) ;

les injections intra-séreuses d’air, de substance de contraste ; soit indépendamment, soit en association, pour ingénieuses qu’elles soient, semblent devoir être d’interprétations délicates.

Certes, ces diverses méthodes ne paraissent pas dangereuses, sauf peut être la possibilité exceptionnelle d’une embolie gazeuse, mais l’importance des risques qu’elles entraînent ne doit guère être inférieur à celui d’une simple Arthrotomie du Genou. Mais ce qui constitue surtout la supériorité del’intervention sanglante c’est moins au demeurant une question de gravité de la technique que de précision plus grande dans les résultats.

Dans les 3 cas de lésions méniscales découvertes au cours de l’Arthrotomie pratiquée pour Hydar-

Page 1