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CyaTtzne- Safranûie^
6° Série d'expériences.
Quoique nous ayons toujours pris la précaution de suspendre nos fragments de flanelle au milieu des liquides antiseptiques et d'agiter de temps en temps les vases qui les contenaient, on pourrait supposer que le liquide, qui est en contact immédiat avec les fragments de flanelle, ne présente pas pendant tout la durée de l'expérience sa composition initiale, par suite des échanges qui se produisent entre ce liquide et les substances auxquelles la flanelle sert de support. Ce changement de composition devrait surtout être marqué, lorsque l'antiseptique employé se décompose avec facilité comme, par exemple, le permanganate de potasse, dont l'oxygène se porte sur les matières organiques.
Pour vérifier le fait, et savoir si cette action pouvait modifier les résultats des expériences précédentes, nous avons entrepris quelques expériences nouvelles, et disposé les choses de telle façon que les fragments de flanelle fussent toujours en contact avec de la solution antiseptique fraîche.
Afin de réaliser ces conditions, nous avons suspendu les fragments de flanelle dans un vase muni d'une tubulure inférieure recourbée en comme celle d'un récipient florentin à large ouverture ; la solution antiseptique, s 'écoulant d'un flacon placé au-dessus, tombait dans ce vase, avec un débit d'un litre environ pour 5 à 6 minutes : de cette manière les fragments de flanelle étaient plongés dans une solution antiseptique constamment renouvelée.
Nous n'avons fait ainsi que deux séries d'expériences, l'une avec le permanganate de potasse à 0,25 p. 1000, l'autre avec le bichlorure de mercure à 0,20 p. 1000. Elles nous ont montré que l'action des liquides antiseptiques est à peu près indépendante de l'état de repos ou de mouvement de ces liquides.
Expérience I. — Un morceau de flanelle était stérile après un séjour de 34 minutes dans le permanganate de potasse à 0,25 p. 1000, tandis
STREPTOCOQUE ET STAPHYLOCOQUE
qu'un morceau de flanelle absolument identique, mais soumis à un courant du même liquide antiseptique, devenait stérile au bout de 33 minutes.
Expérience II. — Flanelle séjournant dans le permanganate de potasse à 0,25 p. 1000 : elle devient stérile au bout de 32 minutes; flanelle soumise à un courant de ce liquide : stérilisation au bout de 32 minutes.
Expérience III. — La flanelle était stérile après un bain de 9 minutes dans la solution de bichlorure de mercure à 0,20 p. 1000 ; celle qui était plongée dans le courant de ce liquide, le devenait au bout de 8 minutes.
Expérience IV. — Cette expérience donna les mêmes chiffres que la précédente.
7e Série d'expériences .
Immédiatement au sortir des solutions antiseptiques, on introduit, dans des tubes de culture contenant 10 centimètres cubes de bouillon nutritif, les fragments de flanelle albumineuse, qu'on s'est contenté de secouer pour enlever l'excès de la solution antiseptique qui les imbibe, sans faire aucun lavage.
Dans ces conditions, l'effet de l'antiseptique est évidemment double, car à son action sur le microbe pendant le séjour de celui-ci dans la solution antiseptique, vient s'ajouter l'action de la plus ou moins grande quantité d'antiseptique introduite avec la flanelle dans le bouillon.
Nous avons donc expérimenté avec chacune des solutions antiseptiques suivantes, et nous avons trouvé que les fragments de flanelle imprégnés de streptocoques devenaient stériles après un séjour de :
Dans une solution formée de
Biiodure de mercure.
Iode .
Acide phonique.
Permanganate de potasse.
Sulfate de cuivre.
Acide salicylique.
Acide tartrique.
Chlorhydrate d'ammoniaque.
Iodure de potassium.
Thymol.
Soude caustique.
STREPTOCOQUE ET STAPHYLOCOQUE
Dans une solution formée de :
Acide phénylsulfurique aU- préparé à froid.
Acide phénylsulfurique préparé à chaud.
Oxycyanure de mercure.
Bichlorure de cuivre.
Sulfate de cuivre ammoniacal.
Azotate de cuivre ammoniacal.
CMoral (hydrate).
Créoliiie (de Pearson).
Acide borique.
Naphtol ?
Cyanine.
Safranine.
Violet de méthyle (pyoctanine).
Jaune (auramine) de méthyle (pyoctanine).
Microcidine.
Fluochlorure de sodium (solution saturée) .
STREPTOCOQUE ET STAPHYLOCOQUE
Les expériences qui précèdent, surtout celles de la 7e série, permettent de créer immédiatement deux catégories parmi les agents que nous avons étudiés : la première comprenant les antiseptiques réellement actifs, la seconde les antiseptiques sans grande valeur.
A. — Dans le premier groupe entrent, d'unepart, les substances dont le maniement est commode et l'usage plus ou moins répandu; d'autre part, celles que leurs inconvénients doivent, à notre avis, faire reléguer au second plan.
1° Les antiseptiques actifs et d'un emploi pratique sont au nombre de six ; ils peuvent être rangés dans l'ordre suivant, qui indique le degré de puissance de leurs solutions préparées au titre le plus compatible avec les exigences de la clinique obstétricale :
1° le biehlorure de mercure., à 0,20 pour 1.000 (2 minutes)
2° le biiodure de mercure. .. . à 0,25 pour 1.000 (6 minutes)
3° la microcidine à 4 » pour 1.000 (8 minutes)
4° l'acide phénique à 20 » pour 1.000 (10 minutes)
5° le sulfate de cuivre à 5 » pour 1.000 (10 minutes)
6° le permanganate de potasse à 0,25 pour 1.000 (15 minutes)
2° A côté d'eux, il convient encore de ranger parmi les antiseptiques puissants : le thymol, le lysol, l'iode, l'oxycyanure de mercure et l'acide phénylsulfurique ; mais pour différentes raisons relatives, soit à leur préparation, soit aux inconvénients de leur emploi, ou à leur prix comparativement élevé, nous ne croyons pas que leur usage se répande.
B. — Dans le groupe des antiseptiques médiocres ou insuffisants dans l'habitude de l'obstétrique, nous avons réuni le chloral, l'acide borique, le naphtol, l'acide salicylique, le bichlorure de cuivre, le sulfate de cuivre ammoniacal, l'azotate de cuivre ammoniacal, la créoline, le fluochlorure de sodium, la cyanine, la safranine, le violet et le jaune de méthyle. Quelquesuns de ces corps (chloral, acide borique, naphtol, acide salicylique) peuvent cependant rendre de réels services dans des cas particuliers que je vous signalerai plus tard.
RECHERCHES EXPERIMENTALES
8e Série d'expériences.
Il ne nous reste plus qu'à déterminer cliniquement la valeur de quelques-uns des antiseptiques qui, dans nos expériences précédentes, se sont montrés les plus puissants. Nous avons naturellement employé ces agents à doses suffisamment fortes pour avoir une action antiseptique réelle, mais suffisamment faibles pour ne pas exposer les femmes à un empoisonnement.
Pour faire ces dernières recherches, M. Vignal et mon chef de clinique, M. Tissier, recueillaient, sur un petit tampon d'ouate stérilisée, du mucus utérin chez des nouvelles accouchées bien portantes. Le tampon, saisi avec des pinces flambées, était introduit dans le col, mis à découvert à l'aide d'un spéculum stérilisé, et on évitait avec grand soin que l'ouate ne vînt toucher les valves du spéculum. Puis, on plongeait chaque tampon d'ouate dans un tube de bouillon de culture. Si le bouillon restait clair, c'est que les lochies étaient stériles; si, au contraire, il se troublait après un séjour à l'étuve de trois ou quatre jours, cela indiquait que les lochies contenaient des micro-organismes.
Par ce procédé, toujours contrôlé par l'examen microscopique de la culture, nous pouvions donc connaître l'état bactériologique du mucus cervical, mais non déterminer si les tubes féconds renfermaient des micro organismes pathogènes, ou seulement des microbes inoffensifs. Cette détermination nous eût entraînés dans une série de recherches d'une très grande longueur, que nous n'avons pas entreprises. Nous avons cependant isolé les microbes contenus dans quelques tubes, au nombre de six, et dans aucun de ces six tubes nous n'avons rencontré le staphylocoque ni le streptocoque. Par contre, dans tous ces tubes, entre autres micro-organismes, nous avons trouvé : un petit bacille court, assez semblable à celui du foin, un autre bacille plus long et de gros cocci.
Les femmes, dont nous avons examiné les lochies, étaient
STREPTOCOQUE ET STAPHYLOCOQUE
accouchées depuis deux jours au moins et dix jours au plus ; on leur avait fait, immédiatement après la délivrance, une injection intra-utérine d'environ 2 litres de liquide antiseptique ; puis, pendant les suites de couches, on leur donnait quotidiennement trois injections vaginales de 1 litre et demi à 2 litres. Ces injections étaient faites, la première à 6 heures du matin, la seconde à 1 heure de l'après-midi et la troisième à 6 heures du soir. Nous avons constamment recueilli les lochies entre 11 heures du matin et 1 heure de l'aprèsmidi, c'est-à-dire entre la 5e et la 6e heure après la première injection vaginale de la journée.
Nos expériences. peuvent se diviser en deux groupes: dans le premier, l'injection intra-utérine consécutive à la délivrance et les injections vaginales pratiquées pendant les suites de couches, ont été faites avec la même solution antiseptique ; dans le second groupe, on a employé pour les deux sortes d'injections, des liquides différents.
Chacune de nos séries d'expériences a porté sur 10 accouchées.
Expérience I. — Biclilorure de mercure à 0,20 p. 1000 en injection intra-utérine après la délivrance ; même solution pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 8 tubes sur 10 sont restés stériles.
Expérience II. — Sulfate de cuivre à 5 p. 1000 en injection intrautérine après la délivrance, et biclilorure de mercure à 0,20 p. 1000 pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 7 tubes sur 10 sont restés stériles.
Expérience III. — Microcidine à 4 p. 1000 en injection intra-utérine après la délivrance ; même solution pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 7 tubes sur 10 sont restés stériles.
Expérience IV. — Sulfate de cuivre à 5 p. 1000 en injection intrautérine après la délivrance ; même solution pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 6 tubes sur 10 sont restés stériles.
Expérience V. — Acide phéuique à 25 p. 1000 en injection intra-utérine après la délivrance ; même solution pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 6 tubes sur 10 sont restés stériles.
Expérience VI. — Sulfate de cuivre à 5 p. 1000 en injection intra-utérine après la délivrance et acide phéniqne pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 6 tubes sur 10 sont restés stériles.
Expérience VII. — Biiodure de mercure à 0,20 p. 1000 en injection intrautérine après la délivrance; même solution pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 5 tubes sur 10 sont restés stériles.
Expérience VIII. — Sulfate de cuivre à 5 p. 1000 en injection intrautérine après la délivrance, et biiodure de mercure à 0, 20 p. 1000 pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 5 tubes sur 10 sont restés stériles.
Expérience IX. — Permanganate de potasse à 0,25 p. 1000 en injection intra-utérine après la délivrance ; même solution pour les 3 injections vaginales des 24 heures. — 2 tubes sur 10 sont restés stériles.
TABLEAU V. — 8e SÉRIE D'EXPÉRIENCES
Dans ce tableau, la hauteur des colonnes représente le nombre des femmes, sur dix, chez lesquelles le mucus du col utérin a été trouvé stérile. La valeur des antiseptiques, telle qu'elle résulte de ce genre d'observations, est donc proportionnelle à la hauteur des colonnes, contrairement aux tableaux précédents.
A'ombre {fvs Expériences
STREPTOCOQUE ET STAPHYLOCOQUE
A la Maternité et à la Clinique d'accouchements, il est de règle de faire une injection intra-utérine immédiatement après la délivrance, et des injections vaginales pendant les suites de couches. Mais cette pratique n'est pas suivie dans tous les services d'accouchements de Paris, où l'on ne fait le plus souvent que des injections vaginales, tant après la délivrance que pendant les suites des couches. Nous avons donc voulu savoir quel résultat nous fournirait l'examen bactériologique du mucus cervical chez des femmes soumises aux injections vaginales, non précédées d'une injection intra-utérine, et pour cela nous nous sommes servis du biiodure de mercure au titre de 0,25 pour 1000. Voici ce que nous avons observé sur une série de 10 accouchées :
Expérience X. — Biiodure de mercure à 0,25 pour 1000 en injection vaginale après la délivrance ; même solution pour les 3 injections A^agïnales des 24 heures. — 1 tube seulement sur 10 est resté stérile.
Résumé. — Si nous envisageons les résultats de ces recherches cliniques, nous voyons qu'ils s'accordent presque parfaitement avec ceux des expériences de laboratoire (voyez p. 155).
Ces recherches démontrent, en effet, que, pour s'opposer à la pullulation des microbes chez la femme vivante, les antiseptiques peuvent être rangés dans l'ordre suivant :
1° Bichlorure de mercure à 0,20 p. 1.000 (8 tubes stériles, exp. I).
2o Microcidine à 4 p. 1.000 (7 tubes stériles, exp. III).
3° Sulfate de cuivre à 5 p. 1.000 (6 tubes stériles, exp. IV).
4° Acide phénique à 25 p. 1.000 (6 tubes stériles, exp. V).
5° Biiodure de mercure à 0,20 p. 1.000 (5 tubes stériles, exp. VII).
6° Permanganate de potasse à 0,25 p. 1.000 (2 tubes stériles, exp. IX).
Elles tendent également à prouver que l'antisepsie presque parfaite ne peut s'obtenir qu'en pratiquant au moins une injection intra-utérine après la délivrance, et que, si on se contente d'injections vaginales, l'antisepsie est plus aléatoire (1 tube stérile, exp. X, p. 159, à comparer avec l'exp. VII, p. 158).
b. — Vibrion septique.
Nous avons reproduit sur le vibrion septique toutes les expériences que nous avons faites sur les deux microbes pyogènes, le streptocoque et le staphylocoque. Ces expériences ont été exécutées exactement de la même façon, toutefois, nous avons été obligés d'adopter quelques dispositions spéciales pour éviter que les bouillons de culture ne fussent exposés à l'air ; le vibrion septique, en effet, est anaérobie, ce qui veut dire que l'oxygène le tue. L'oxygène empêche également le développement des spores du vibrion septique, mais il ne détruit pas la vitalité de ces dernières, de sorte qu'elles peuvent se développer plus tard, si elles sont placées dans des conditions favorables.
Pour cultiver le vibrion septique à l'abri de l'oxygène, nous avons fait usage de bouillon nutritif contenant 2 0/0 de glucose, dont nous avions chassé l'oxygène en le portant à l'ébullition, et dans lequel nous avions fait barboter en même temps du gaz hydrogène.
Le bouillon, ainsi débarrassé de tout l'oxygène dissous, était versé dans des tubes ou dans des ballons de culture, renfermés eux-mêmes, avant et après l'ensemencement, sous une cloche remplie d'hydrogène constamment renouvelé. Pour plus de sécurité encore, nous avons eu recours à l'excellent procédé conseillé par M. W. Wûrtz, c'est-à-dire que, pour créer une barrière infranchissable à l'air, nous avons pris la précaution de faire tomber quelques gouttes de pétrole à la surface des bouillons ensemencés.
Toutefois comme nous ne pouvions pas éviter de faire quelques-unes des opérations en présence de l'air et par conséquent de l'oxygène, nous avons été obligés d'expérimenter non pas sur les bacilles, mais à la fois sur les bacilles et les spores. Mais les résultats des expériences n'en sontpas faussés, ou du moins ils ne le sont que par excès, car les spores étant
VIBRION SEPTIQUE
plus résistantes que les bacilles, la dose qui suffit à tuer les premières tuera à plus forte raison les microbes adultes.
En procédant ainsi, nous avons répété sur le vibrion septique, bacilles et spores, les sept séries d'expériences que nous avions déjà faites avec le streptocoque et le staphylocoque.
Ce sont les résultats de ces expériences que nous allons exposer maintenant. Cependant, comme il serait trop long de redire, à propos de chacune d'elles, les détails dans lesquels nous sommes entrés, avec de longs développements, quand il s'agissait du streptocoque, nous nous contenterons d'indiquer nos chiffres, sans commentaires, en les accompagnant des tableaux qui les résument.
Nous avons, d'ailleurs, conservé les mêmes numéros d'ordre pour les différentes séries d'expériences.
Première série d'expériences.
Le bouillon nutritif est ensemencé avec du vibrion septique, et on y ajoute immédiatement la quantité d'antiseptique nécessaire pour empêcher le développement de ce microbe et le tuer. Il faut pour obtenir ce résultat :
Vibrion septique.
Grammes.
0,015 .... de bichlorure de mercure pur, additionné du double de son poids d'acide tartrique ou de chlorhydrate d'ammoniaque, ou encore de 100 fois son poids d'alcool.
0,045 .... de biiodure de mercure, additionné du double de son poids d'iodure de potassium.
1,85 d'acide phénique.
0,12 ... . de sulfate de cuivre.
0,15 de thymol dissous dans l'eau, avec addition du quart
de son poids de soude caustique.
0,70 . ... de naphtol (B.
0,35 de microcidine.