IODE
serait habituellenent utilisable en obstétrique, s'il ne présentait des inconvénients que je vais vous indiquer.
L'iode métallique ne peut être transporté en paquets, car il est volatil et attaque le papier; aussi est-il nécessaire de le renfermer dans des flacons en verre bien bouchés. On pourrait faire préparer d'avance par le pharmacien de petits flacons contenant la dose d'iode nécessaire pour une injection; mais alors il faut prendre soin d'ajouter dans chaque flacon de l'iodure de potassium à l'iode, afin qu'en versant le mélange dans l'eau la dissolution se produise instantanément. La nécessité de se procurer ces petits flacons constitue une difficulté et une complication.
En outre, l'iode et l'iodure de potassium coûtent cher. J'ai calculé, en effet, qu'un litre d'eau iodée à 3 p. 1000 revient à 0,50 centimes, en ne comptant que le prix de la matière première. Si donc il devenait nécessaire de faire à une accouchée trois injections par jour, il en résulterait une dépense assez considérable.
Cependant la question de dépense est secondaire, et il n'y aurait pas lieu de s'en préoccuper outre mesure, si l'emploi de l'iode n'avait d'autres inconvénients plus graves.
D'abord, l'iode attaque les métaux et ne peut par conséquent être mis en contact qu'avec des instruments en verre.
L'eau iodée colore les mains en jaune, mais il est facile de faire disparaître cette coloration, en se lavant les mains avec une solution d'iodure de potassium ou d'ammoniaque ; on peut encore se chauffer légèrement les mains, et l'iode, qui est très volatil, s'évapore ; du reste, cette coloration disparaît spontanément au bout de quelques heures, ainsi que l'odeur désagréable que l'iode communique à la peau. Le linge est également taché par l'iode, mais ces taches s'effacent au lessivage.
Il donne au sang une coloration rouge brun et forme avec lui un liquide d'apparence sale, très désagréable à voir, et ressemblant à certains chocolats mal faits ; c'est sous cet aspect que ressort le liquide d'une injection iodée intra-utérine, pratiquée immédiatement après la délivrance,
DES ANTISEPTIQUES EN PAHT1CULIEIÎ
L'eau iodée et la teinture d'iode ont une odeur pénétrante, qui provoque du picotement des yeux, des narines et de la gorge. Absorbé en quantité trop grande, l'iode produit les phénomènes del'iodisme : coryza, gonflement parotidien, larmoiement, etc., qu'on observe surtout à la suite de l'administration interne de l'iodure de potassium. Ces accidents n'ont pas de gravité, car ils disparaissent ordinairement sans laisser de traces, dès qu'on suspend l'emploi de ce médicament . Je dois dire, du reste, que je ne les ai jamais vus se produire chez les femmes que j'avais soumises aux injections vaginales ou intrautérines d'eau iodée.
L'iode est éliminé très rapidement après les injections intrautérines : au bout de cinquante minutes, on le trouve déjà dans la salive, mais il n'apparaît qu'un peu plus tard dans l'urine. Il ne paraît pas exercer d'action nuisible sur le rein, son élimination ne produit pas d'albuminurie; de plus, s'il existe de l'albuminurie du travail, celle-ci disparaît comme à l'ordinaire sans avoir été aggravée par l'iode.
Employées en injections vaginales, les solutions iodées déterminent des douleurs vives, de la cuisson, voire même de la brûlure, et il est presque impossible de les répéter. Il n'en est plus de même pour les injections intra-utérines qu'on ne renouvelle qu'à intervalles éloignés.
L'iode ne peut donc pas être employé pour faire les injections vaginales des suites de couches. Néanmoins, il est utilisable pour les injections intra-utérines, quelle que soit d'ailleurs la forme d'infection à combattre, qu'il s'agisse de la forme suppurative ou de la forme septicémique ; mais c'est principalement dans les cas d'infection putride que son emploi est indiqué, lorsque, par exemple, des débris de placenta ou de membranes se putréfient dans l'utérus. Le sublimé, vous ai-je dit, serait dangereux dans ces circonstances et il faut lui préférer l'acide phénique (voy. p. 251), mais l'iode pourrait également être utilisé avec avantage.
Formules. — Pour les injections intra-utérines, on se ser