RÉSUMÉ
contraire, exclusivement pour le lavage des mains, pour la désinfection des canules et sondes en verre, pour les toilettes des organes génitaux externes, et pour le pansement prophylactique des seins. Sauf contre-indications spéciales, albuminurie, etc., souvent je fais avec le sublimé les injections vaginales, pendant la grossesse et les suites de couches. Vous voyez que ses indications sont nombreuses ; toutefois, pour les injections vaginales, il peut être remplacé par la microcidine.
b. — La microcidine ou naphtolate de soude (voyez p. 310) est très efficace et n'est pas toxique. Je l'emploie aujourd'hui à la salle d'accouchements pour les injections vaginales, et pour les injections intra-utérines consécutives à la délivrance ; je l'emploie aussi dans les trois premières salles des accouchées, pour les injections vaginales, les deux autres salles étant réservées au sublimé. J'en suis très satisfait, et j'ai de la tendance à en étendre de plus en plus l'emploi.
Le naphtolate de soude peut d'ailleurs être vendu à bon marché, car les matières premières (soude et naphtol), nécessaires pour en fabriquer un kilogramme, ne reviennent à la Pharmacie Centrale des hôpitaux qu'à 3 fr. 33 centimes.
c. — L 'acide phénique n'est plus à la Clinique aussi en faveur qu'autrefois. Nous ne l'employons guère qu'au moment des opérations, pour y baigner, après flambage, les instruments métalliques. Je ne m'en sers ni en injections intra-utérines, ni en injections vaginales, dans les cas ordinaires. Mais il est des circonstances, heureusement rares, où son emploi est indiqué ; je veux parler de l'infection putride due à la rétention du placenta ou des membranes. Le microbe qu'il faut attaquer est le vibrion septique, et vous vous rappelez que l'expérimentation nous a montré l'efficacité de l'acide phénique (sans lavage) en présence de ce micro-organisme. Vous serez alors autorisés à vous servir d'acide phénique en injections vaginales et en injections intra-utérines ; mais
vous n'oublierez pas que des accidents syncopaux peuvent se produire pendant les injections intra-utérines pratiquées avec l'acide phénique, de sorte que vous aurez plus de sécurité en employant la microcidine ou le permanganate de potasse, qui ont à peu près la même puissance antiseptique.
d. — Le sulfate de cuivre est un bon antiseptique, mais il a l'inconvénient de salir les mains, et de former avec le sangune bouillie noirâtre très adhérente. On ne peut se servir du sulfate de cuivre, ni pour le lavage des mains, ni pour les toilettes savonneuses. Il est bon en injections vaginales, mais il doit être abandonné pour les injections intra-utérines, par crainte de mort subite (voyez Accidents syncopaux causés par les injections intra-utérines). J'en ai restreint l'emploi, depuis que j'ai adopté la microcidine.
e. — Le permanganate de potasse est un antiseptique facile à transporter, bon marché, très soluble, inoffensif; il m'inspire la plus grande confiance. Si je n'y ai pas recours plus souvent, c'est qu'il a l'inconvénient de tacher les doigts et les linges. Je m'en sers en injections utérines et en injections vaginales, toutes les fois que, pour une cause ou pour une autre, les autres antiseptiques puissants sont contre-indiqués ; je l'emploie, en outre, pour les injections supplémentaires. Il est particulièrement utile dans les cas de fétidité des lochies, qu'il désinfecte mieux que la plupart des autres antiseptiques.
f. — L'acide borique est pour nous un pis-aller. Nous n'y avons recours que dans les cas où il est absolument impossible d'employer un des antiseptiques précédents. 11 nous rend cependant des services en injections vésicales chez les femmes atteintes de cystite, en applications sur les mamelles quand le sublimé a déterminé de l'hydrargyrie ; enfin nous l'employons souvent chez les enfants, parce qu'ils supportent certains antiseptiques moins bien que les adultes.