‹ De l'assistance en provinceChapitre 19 sur 83 · SOULAGEMENT DES MISÈRES SPÉCIALES · texte numérisé non relu

SOULAGEMENT DES MISÈRES SPÉCIALES

Il a été distribué aux premiers pour 8,610 fr. de médicaments.

Quant aux nécessiteux, leur inscription sur la liste ne leur donne pas droit à la gratuité absolue des secours de l'assistance médicale. Ils ne jouissent que du bénéfice de la réduction du prix des visites et de cmle des médicaments. Avantage immense pour ces malheureux! lorsqu'on réfléchit que naguère ils aimaient mieux mourir sans soins ou se confier à ceux des empyriqnes ou rebouteurs de leur village, que de s'adresser à des praticiens éclairés.

En dehors de ces moyens d'assistance, placés dans chaque commune sous le patronage de l'administration, et de tous les efforts persévérants de la charité privée, soit collective dans ses œuvres , soit individuelle dans son action, est-il besoin de rappeler que jamais, à aucune autre époque, le soulagement des misères spéciales ou générales n'a été l'objet de tant de sollicitude et de sacrifices. Les enfants trouvés, les aliénés, les sourds-muets, les jeunes aveugles, les incurables, les orphelins et même les enfants légitimes de mères veuves participent dans une large proportion à la distribution des secours qui leur sont ménagés par l'emploi de crédits spéciaux inscrits aux budgets des départements.

Dans la Nièvre, les sommes affectées à cette pieuse destination et réunies à celles de l'œuvre générale de l'assistance, ne s'élèvent pas à moins de 816,766' 46' (1).

(1} Y. à TAppendice notre circulaire du l«r janvier 1861.

Telle est , dans un dépariemeut qui, sur une population de 326,085 habitants, compte eo mojefom chaque année 6 à 7,000 indigents ou nécessiteux, la somme allouée, tant par la sollicitude de la charité, que par la prévoyance de l'administration , au soulagem^t des mifères.

Les économistes reconnaissent que l'assistance peut être nécessaire dans une juste mesure. Qu'adviendrait* il cependant si, pour favoriser l'application de leur système restrictif, on cherchait à diminuer le budget des pauvres et à leur faire des raisonnements, au lieu de répondre à leurs besoins par des secours, et à leurs souffrances par des moyens de soulagement mis instantanément à leur disposition ?

C'est qu'entre l'économiste qui discute des théories et l'administrateur qui est chargé de les pratiquer, il y a souvent la différence qui existe entre le soiige et la réalité. Loin de nous assurément la pensée de critiquer d'une manière absolue le système restrictif qui se propose de rendre les effets de l'assistance moins nécessaires, en moralisant les classes ouvrières, en développant l'essor du travail et celui de l'industrie. Mais toutes les institutions dont le législateur moderne et, plus récemment encore, le gouvernement de l'Empereur, ont doté le pays, tous les principes écrits dans nos lois depuis 1789, ne se proposent pas d'autre but ; et la tâche la plus habituelle de l'administration est précisément d'assurer la prospérité , la marche des unes et l'application aussi large que possible des

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autres. Aussi âvons-nous à cœur de démontrer aojourd'hai que lorsque» malgré tous les efforts de la société^ du gouvernement iBt de Fadaiimstr;atjon , les misères apparaissent et se révèlent sous les formes nombreuses et variées qui s'attachent à l'infirmité originelle de la nature humaine, il est du devoir étroit des mandataires d'un pouvoir protecteur, de satisfaire les besoins et de calmer les souffrances.

Le système organisé dans ce but, et qui fonctionne depuis cinq ans dans la Nièvre , a-l-il été exclusif de l'application du principe de moralisation , ou celui-ci y a-t-il au contraire trouvé des éléments puissants de développement ? C'est ce que nous nous proposons d'examiner dans les chapitres ci-après.

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