De l'assistance et de l'extinction de la mendicité
L'une des questions les plus importantes qui atient été depuis long-temps soumises aux méditations des philosophes, des économistes ou des administrateurs» est sans contredit l'œuvre de V extinction de la mendicité.
Ces mots seuls éveillent encore dans certains esprits des sentiments de doute ou d'incréduUté , et beaucoup de personnes restent convaincues que le problème est insoluble. Elles invoquent d'ailleurs l'autorité des faits, et rappellent l'hnpuissance des tentatives qui ont eu lieu de tous les temps et sous tous les régimes. De nou-^ veaux essais leur paraîtraient superflus ; aussi , tout en déplorant les abus de la mendicité , elles ne craignent pas de condamner à l'avance les efforts qui pourraient
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être inspirés à l'administration par le désir de s'attaquer à cette lèpre sociale.
En présence de ces idées préconçues, nous avons senti nous - même nos convictions ébranlées , et nous nous sommes demandé s'il n'y aurait pas quelque témérité de notre part à entreprendre, à poursuivre l'accomplissement d'une œuvre que l'opinion publiqucî semblait envisager avec tant de défiance.
Cependant, de semblables appréhensions n'étaient pas de nature à nous empêcher d'aborder l'étude et l'examen sérieux d'une question aussi grave. Cette occasion nous ayant même été spécialement offerte dans deux des départements dont la direction nous a été confiiée depuis quelques années, nous avons considéi^é comme un devoir de rechercher les moyens qpi pourraient nous permettre de prévenir le mal dans sa cjrtise, de l'atteindre dans ses effets, et surtout d'associar au «uccès de notre entreprise l'ensemble des popuîatiofts. Seulement, nous avons pewsé qu'avant de prononcer l'interdiction de la mendicité , il fallait songer à venir en aide aux véritables indigents ; nous avons pensé qu'avant de prohiber des habitudes entretenues par une eharité sauvent inintelligente et trompée, il fallait créer ôes secours permanents pour les besoins sérieux , ^ des soulagements pour toutes les souffrances. L'assis-