‹ De l'autorité de Rabelais dans la révolution présente et dans la constitution civile du clergé;Chapitre 32 sur 67 · CHAPITRE PREMIER Des moines et ordres religieux · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Des moines et ordres religieux

Je sera maintenant une histoire piquante là faire que celle du monachisme. Ni la ïsatyre ni la comédie ne sont rhistoire; mais elles peuvent y suppléer lorsqu'elles peignent iidellemeni les mœurs. Il seroit long de mettre ici tout ce que' Rabelais dit des moines et de l'esprit monacal. Ce sera bien assez des principaux traits de caractère, pour nous élever plus promptement

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rwm, wm', v'ous : Adieu ne donne au .mt bien couir le cordieu, jdans. Ventre cndant, nous àeu! da mthi

Que fera cet rison! Troudit le moine, • soit troublé; , aimez boire a de bien. Ja- < vin; c'est un a ! les biens de Tliomas l'anir^tsij'y mou-

rainant ainsi celte

rois, ne serois-je saint de même? Je n'y mourrai pas pourtant, car c^est moi qui le fais aux autres. » Ventredieu ! les biens de F Église ! c'est ce qu^ont tant répété nos prêtres en chœur avec ce brave moine. Peut-être ne pensoient-ils pas comme lui à prendre Thomas Becquet pour modèle; mais, sans se rappeller ce trait d'histoire, on voyoît en eux une grande ferveur pour le martyre, c'est-àdire dans chacun d'eux un grand désir du martyre de son voisin : les pauvres gens n'ont pu seulement obtenir le meurtre du plus chétif habitué de paroisse. Ils sont parvenus à faire verser du sang, mais ce n'étoit pas du leur, ce qui, dans leur espé« rance, en eût fait verser bien davantage.

Pour soutenir tes droits, que le Ciel autorise. Abîme tout plutôt, c'est Tesprit de TÉglise : Cest par là qu'un prélat signale sa vigueur.

C'est le conseil du vieux Sidrac, dans le Lufrm. L'esprit de VÉglise est toujours le même, mais non pas son pouvoir. Nos prélats sont moins vi-

Rome, flvoit fait échouer le dessein du roi. Peu de tems après, l'archevêque fut trouvé mort : on soupçonna Henri de l'avoir fait assassiner. Le pape excommunia le roi d*Angleterre; l'excommunication subsista jusqu'à ce que ce foible prince eût souffert d'itre fouetté par tout un chapitre de moines autour du tombeau de Thomas Becquet, qui fut canonisé comme martyr des libertés de TÉglise.

goureux que ceux du bon tems; ils n'ont pu rien abîmer, et sont abîmés eux-mêmes.

Ce n'est pas là ce qu'espéroit le frère Jean des Entommures de l'Assemblée nationale, lorsqu'à Versailles, après la nuit du 4 août, il disoit si chrétiennement : a Avant qu'on en pût faire autant au clergé qu'on vient d'en faire à la noblesse, on verroit la banqueroute et la guerre civile. » Ni guerre civile ni banqueroute, mon cher abbé, quoiqu'on vous ait encore plus maltraités que les nobles. Les têtes de Thydre, les griffes du tigre, les serres du vautour, sont coupées, grâce au progrès des lumières, grâce aussi peut-être à vos fureurs et à votre éloquence.

Mais revenons au frère Jean de Rabelais, Il ne perd point son tems en beaux discours académiques; il s'arme du bâton de la croix, fond sur les ennemis, les assomme, les renverse, et, plus heureux que nos prélats et nos prieurs dépossédés, les fait égorgeter par ses frères.

Gargantua, instruit de cet exploit, le fait venir, l'embrasse et le fait asseoir à table auprès de lui. Gymnaste lui propose d'ôter son froc, a Mon ami, dit le moine, laisse-le-moi, car pardieu je n'en bois que mieux. Si je le quitte, je n'aurai nul appétit; mais, si en cet habit je m'assieds à table, je boirai pardieu et à toi et à ton cheval... Que Dieu est

bon, qui nous donne ce bon vin f J^avoue Dieu ! si î^eusse été au tems de Jésus-Christ, j^eusse bien empêché que les juifs ne le prissent au jardin des Oliviers. Ensemble, le diable me faille si j'eusse failli de couper les jarrets à messieurs les apôtres, qui fuirent tant lâchement après qu'ils eurent bien soupe y et laissèrent leur bon maître au besoin. »

En parlant d'un moine de ses amis : « C'est un bon compagnon, dit-il; mais quelle mouche l'a piqué? Il ne fait rien qu'étudier depuis je ne sais quand. Je n'étudie point de ma part. En notre abbaye, nous n'étudions jamais, de peur des oreillons « . Notre fou d'abbé disoit que c'est chose monstrueuse voir un moine savant. Pardieu, monsieur mon ami, magîs magnos clericos non sunt magis magnos sapientes^,

— Foi de chrétien, dit Eudemon, j'entre en grande rêverie, considérant l'honnêteté de ce moine, car il nous ébaudit ici tous^ Et comment donc est-ce qu'on chasse les moines de toutes bonnes compagnies, les appellant trouble-fétes.

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