‹ De l'autorité de Rabelais dans la Révolution présente et dans laChapitre 35 sur 64 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des prêtres et moines, des cardinaux

et du pape.

PRÈS cette escarmouche contre les moines, voici maintenant tout le clergé pris corps à corps. Sous Timage d^oiseaux chantans au son des cloches , la hiérarchie sacrée passe en revue, depuis les prestolets jusqu^au pape. D^autres ont violemment écrit contre elle, mais aucun ne Ta mie;ux saupoudrée de ridicule; et, si du tems de Rabelais Panti-papisme étoit une hérésie, ce n^est pas trop injustement que les dévots le nommoient hérétique. On ne voit pas qu^il s^en soit plus mal porté.

Quoi qu^il en soit, voilà Pantagruel et sa cour voyageant par mer, pour aller consulter un oracle sur le mariage de Panurge. L'auteur se met luimême du voyage, et raconte ainsi leurs avantures : « Au quatrième jour apperçûmes terre, et i^ous

fut dit par notre pilote que cMtoit Tisle Sonnante ; et entendîmes un bruit de loin venant, fréquent et tumulteux, et nous sembloit à Poulr que ce fussent cloches grosses, petites et médiocres, ensemble sonnantes, comme on fait à Paris, à Tours et ailleurs aux j'ôofs des 'grandes fStes, Plus approchions, plus entendions cette sonnerie ren-* forcée^.

« Approchant da^^ntage^ ratendîmes entre la perpétuelle sonnerie des cloches tant infatigables des hommes résidans là, comme étoit notre avis, Pantagruel fut d'opinion qu'avant d'ahorder en rislé Sonnante, descendions avec notre esquif en un petit roc auprès duquel recorinoissions un herihitage et quelque petit jardinet. Là trouvâmes un petit bôn-homme bermite, lequel nous donna pleine instruction de toute la sonnerie, et noua fêtdya d'une étrange façon. Il nous fît quatre jours cbnséqueiis jeûner, affirmant qu'en l'isle Sonnante, auti'ement reçus ne serions, ps^rçe que lors étoit le. jeûne des quatre- tems. »

Cela n'arrange point Panurge, qui. meurt de faïM! Waîs l'hermite tient boii ; le terme' de quatre jours, dit-il, est fatal * : « Qui contredit est héré-

I. Pris dans le sens du latin^ c'Qst-ardivQ tnévitablCf ordonné. pix to dtêtiay fatum»

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tique, et ne lui faut rien que le feu. —Sans faute, patçr, dit Papurge, étant sur mer,, je crains beaucoup plus être mouillé que chauffé, et être noyé que brûlé. » Il se décide pourtant à jeûner pour pôuvoîr entrer dans l%ie. Les'jeûties^acheyés, l'hermite leur donne une lettre pour maître Editu«, gardien de risle* Sonnante. •

«G'étoit un petit bon-homme, vieux, chauve, k mùséaU bi^n enluminé, et face bien cramoisie. H nous fit très-bon' accueil, par la recommanda-^ tion dé rhermîter, entendant . qu'avions jeûné. Après avoir repu , nous exposa les singularités de risle, affirmant qu'ielk ivoit été premièrement habitée 'par les Siticin^»; mais paroidrede nature;, comme toutes choses varient;, ils étbiént de*» Vénus oiseaux. Depuis il'e noU9 tim phxs- stutres propos que d^oiseaux - et cages. Lési cages étoient grandes, riches, somptueusjés et faites par mérveil-. leûse architecture. Les oiseaux étoieni beaux, grands et ^iolis à ^avenant, ressemblans aux hommes de ma .patrie, buvôient-^t mangeoient ccmv^t homm0$i} bref , à ki voir de prime face, eussiez dit que fussent hommes;, toutefois ne Tétoient mie, selon l'instruction de maître Editue,

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