‹ De l'œdème des nouveau-nésChapitre 14 sur 20 · PRESS · texte numérisé non relu

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une quantité trop grande de lait, qu'il ne pourrait digérer, étant donné la difficulté de la digestion et l'intolérance de l’estomac.

Mais il arrive bien souvent qu’il ne peut prendre le sein de

la nourrice ; il est bon alors de faire couler du lait dans la bouche de l'enfant, soit en pressant le sein, soit à l’aide d’une cuiller à café. Il en faut d’abord une faible quantité pour amener la satiété; mais elle passe vite, et quelques minutes après, l'enfant se montre disposé à en prendre de nouveau.

West recommande, si l'enfant est trop faible pour téter, de lui donner le white wine whey{ petit-lait vineux préparé en ajoutant du vin et séparant le casfum après coagulation ) ; si l'allaitement par la mère ou par une nourrice est chose impossible, le pronostic s'aggrave d'autant.

Au lait humain il faut alors substituer le lait de l'animal, vache, chèvre, etc. ; au sein maternel, le biberon.

Or Bouchut, Parrot, etc., ont montré les dangers qui résultaient de ce genre d'allaitement ; il sera bon de s’entourer de toutes les précautions destinées à en atténuer les inévitables dangers : on coupera le lait de façon à lui donner la densité et la composition du lait de la femme et on entretiendra le biberon dans un état de propreté aussi méticuleuse que possible.

Nous venons de passer en revue l'alimentation : c’est là, ül est vrai, une condition indispensable pour le développement du nouveau-né; mais elle ne suffit pas. L'enfant qui vient de naître a besoin de chaleur ; il ne produit pas assez de calorique ; il doit avoir constamment chaud. S'il est né avant terme, s’il est atteint de faiblesse congénitale, il doit être pour ainsi dire couvé. Pour assurer à l'enfant cette chaleur suffisante, cette température d'environ 37° dontil a un besoin continuel, il faut lutter contre les agents extérieurs qui font perdre la chaleur à mesure qu’elle se produit. Cette déperdition s’effec-

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tue par le rayonnement, par le contact du milieu ambiant et la perspiration cutanéeet pulmonaire. L’immobilité, le contact de langes presque constamment mouillés par les urines, fournissent des éléments nouveaux à l’évaporation et par suite aux refroidissements.

Le vêtement des enfants faibles et chétifs doit différer de celui des enfants nés à terme et robustes. Pour ces derniers, il doit être simple et facile à changer ; il doit tenir chaud, tout en laissant un libre jeu des articulations ; mais, pour les enfants nés avant terme, dont la puissance de calorification est si faible, cette manière de les vêtir leur serait préjudiciable. Pour leur donner la chaleur nécessaire, on les couvrira de la tête aux pieds d’une épaisse couche d'ouate bien chauffée, et on les enveloppera dans la flanelle.

On créera autour d’eux une atmosphère artificielle chaude et aérée. De nombreux moyens ont été employés pour remplir ce but: des bouteilles d’eau chaude placées dans le berceau de l'enfant, les berceaux à double fond remplis d’eau chaude inventés par Clementowsky (de Moscou).

Ces procédés sont à peu près tous oubliés, grâce à la couveuse de Tarnier. Celle-ci remplit d’une façon commode et constante ces diverses conditions. On mettra donc l’enfant dès sa naissance dans la couveuse, et on l'y maintiendra tout le temps que son état de débilité paraïtra le nécessiter.

Si nous avons insisté longuement sur les précautions hygiéniques qu'on doit prendre pour assurer la santé des nouveaunés, nous avons pour excuse l'importance capitale de ces soins, et nous objecterons que l’incurie, la misère, les préjugés et l'inexpérience sont des causes qui, isolées ou réunies, placent trop souvent les nouveau-nés dans les plus mauvaises conditions. C’est d’ailleurs plus par l'hygiène que par l'usage des médicaments spéciaux qu'on triomphe. des affections des nouveau-nés, et ces soins préventifs nous seront encore très-

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précieux lorsque nous aurons à combattre et à guérir l’œdème.

Ces règles ayant été exécutées, l’œdème apparaît : qu’allons-nous faire ? Nous avons vu que cet œdème est dû à une respiration défectueuse, à la stase et à la congestion passive du sang résultant de la gêne circulatoire. Nos efforts thérapeutiques doivent donc consister à développer le champ respiratoire, à rendre les contractions du cœur plus énergiques, à favoriser la circulation du liquide épanché dans les mailles du tissu cellulaire, enfin à réchauffer l’enfant.

Nous allons étudier les divers moyens qui répondent à ces indications. Et disons tout d’abord qu'il faut peu compter sur le traitement interne. Nous ne ferons que mentionner : les

potions cordiales à l’eau de menthe, l’eau de mélisse ou de

cannelle ; l’emploi du Banyuls et du Malaga, qui ne pourra se faire qu'avec la plus grande circonspection. Il n’est qu'un véritable médicament, c’est l’allaitement naturel. Nous répéterons avee Dugès : « Du lait de femme, c'est là le vrai cordial, la vraie panacée des enfants » ; sans lui, les autres moyens n'ont aucun effet.

Le traitement externe est plus riche en moyens ; mais quelle variété dans leur emploi et leur application ! Chaque auteur a préconisé un traitement spécial ; nous allons les passer rapidement en revue, et nous terminerons en disant quelle méthode nous parait le mieux répondre aux indications et de quelle manière il faut l’appliquer.

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