LA JEUNESSE POPULAIRE
Irise oratoire et politique de M. Raymond Poincaré, — et, les deux fois, sous la présidence d'un administrateur qui sut ('Ire un éducateur : Octave Gréard, donl Paris vient de consacrer la mémoire par un monument, à la veille même de notre réunion où il est honorable pour nous tous, comme préface aux délibérations, d'évoquer le souvenir de ce grand Normand, appelé ici même : « le premier instituteur de France ».
La Réforme scolaire, la Renaissance postscolaire ont reçu leur consécration, ont pris leur mot d'ordre, monsieur le .Maire, dans votre cité qui se prévaut, et à raison, de son amour pour l'École de l'enfance et pour 1 Kcole prolongée.
Le déroulement du vivant triptyque s'achève aujourd'hui.
C'est la jeunesse ouvrière et rurale, ce sont les anciens élèves de l'école laïque qui viennent, au 1 Livre, proclamer nettement ce qu'ils doivent à l'école et au lendemain de l'école et qui, à cette manittion particulièrement significative de reconnaissance, joignent leurs vœux et leurs aspirations. Ils tiennent, en outre, à rendre hommage à leurs aines à qui les unit leur foi solidaire, aux devanciers qui, dans cette ville, élue deux fois par les maîtres de la pédagogie française, ont collaboré à l'œuvre de la première et de la seconde instruction dont les générations nouvelles ont bénéficié.
Mais dans ce troisième Congrès qui a sa marque propre et originale, ils» viennent, eux, les jeunes,
« ceux de demain » travailler en commun, avec le concours volontaire des éducateurs professionnels, à l'élaboration méthodique du plan d'action dont, à l'user, ils ont ébauché les lignes et dont ils ont fait les premières applications.
Spectacle attachant et peu banal. Ce sont les représentants de la jeunesse populaire qui vont dire : « Voilà ce que nous, les jeunes, nous pensons : Voilà quelle est la raison de nos actes et, pour la pratique de la vie collective, voici nos intentions ». Ce sont les intéressés eux-mêmes qui vont s'occuper de leurs intérêts. Us vont faire entendre la voix de ceux qui débutent dans la vie économique et sociale, des apprentis de la ferme, du comptoir, de l'atelier qui, formés dès l'école aux doctrines de la solidarité fraternelle, logiques dans leurs idées et dans leur conduite, résolus de passer du mot à la chose, se concertent pour fixer les règles pratiques de l'entraide civique aux villages comme aux cités populeuses, se rapprochent pour tirer de l'association tout le rendement d'énergies multipliées qui est en clic et lui donner une organisation vraiment rationnelle.
On ne saurait trop remercier ; trop féliciter le Groupe havrais de la Ligue française de l'Enseignement qui, reprenant la tradition nouée à Paris, à Lyon, à Saint-Etienne, à Montpellier, a convoqué les Petites A de France, à ces imposantes assises, leur a donné à elles-mêmes, par le dénombrement de leurs délégués, confiance en leur vitalité et en leur utilité, fierté de l'œuvre déjà réalisée, espoir des
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prochaines victoires. Le Groupe havrais a bien mérité de la Ligue, dans le secrétaire général, mon compagnon de propagande, mon cher ami Léon Robelin, est à mes côtés fraternellement, et dont le président, M. Dessoye, assistera demain à vos délibérations.
Vous ne sauriez, mes amis, manifester trop de gratitude envers le Comité d'organisation qui s'est dépensé avec une si jolie vaillance pour assurer le succès de la réunion. 11 m'a été donné de surprendre plus d'une fuis, en plein élan de préparation exacte et minutieuse, dans le local de la rue de Paris, tout bourdonnant d'activité joyeuse et féconde, ces bons ouvriers <!e l'œuvre bonne qui ont pensé, voulu, réalisé le Congrès : MM. René Cotry, Ariste Decorde, Edmond Meyer, Masselin, l'infatigable Gonfreville, travaillant jusqu'au surmenage, se donnant et se dévouant tout entier, et M. Paul Osswald réglant les conditions du championnat de tir avec M. Loisel et le capitaine Tisserand e\ M. Brunel, défenseur de la ■jgraphie, et combien d'autres encore qui, pendant toute une année n'ont vécu que pour préparer les trois grandes journées de l'éducation populaire. J'y ai revuaussi mon vieil ami Olivier, promoteur des réunions normandes, ([ni nous mena à Honfleur et qui, avec M. 1 inspecteur d'Académie Mourlot, nous lit prendre la route d'Alençon, avant de nous faire, au Havre, a goûter les délices du port ».
Le Congrès de 1909, .Messieurs, vient à son heure.
Ed. Petit. 14
Il est une réponse à des Congrès de combat où l'École laïque a été attaquée et calomniée. Il montrera ce que sont les Petites A, ce que sont les Patronages, ce que sont les Mutualités scolaires, toutes les Œuvres complémentaires de l'Ecole qui en sont le prolongement, mais aussi la protection et la défense.
Les Petites A, surtout, Cercles de la jeunesse populaire, nettement laïques et républicaines, où les maîtres de la veille et les élèves d'hier se revoient, où la famille se rapproche de l'école grâce à ses filles et à ses fils, où l'on se propose un triple objet : se récréer, s'instruire, se prêter une aide effective, sortiront de leur obscurité, de la modestie dont elles enveloppent l'heureuse ingéniosité de leurs efforts. Après s'être révélé à elles-mêmes leur influence, elles la révéleront aux autres. Elles feront connaître que nées d'hier elles ont passé en quinze ans de 57 à près de 6.500 ; qu'elles groupent 750.000 jeunes fdles et jeunes gens, et que, de mois en mois, elles étendent l'aire de leur action.
Le Congrès du Havre sera pour elles un congrès de propagande. Et il sera aussi un congrès d'action, car par la prise de contact qui s'établit entre elles, il leur permettra de se joindre en « Union de villes », en « Unions régionales » qui accroîtront leur force de pénétration par des combinaisons associées d'associations.
Mais le Congrès doit être et sera surtout un congrès de travail. Le cadre est vaste où votre activité
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est appelée à se mouvoir : les Petites A et les patronages laïques, — l'adaptation au milieu économique. — l'apprentissage, — la culture physique, — la Mutualité postseolaire qui porte en soi l'avenir des retraites nationales. Et dans le Congrès féminin inséré si logiquement dans le Congrès national : I éducation ménagère, les moyens de récréation. Le Plan, au vrai, embrasse toutes les questions, pressantes et troublantes, que l'éducation de la démocratie nouvelle pose devant l'opinion publique.
Mais les rapports préparatoires confiés à la compétence de M::' -Gantois et Duriez, de MM. Viltecoq, Hunel, Louis, Laurent, ont simplifié la complexité des problèmes, car ils se caractérisent tous par la - m et la netteté et tous sont résumés dans le rapport général de M. André Siegfried dont la souple ■ i forte pensée a su dominer le détail des commentaires et des résolutions et les fondre enune belle et probante synthèse.
C'est, Messieurs, sous d'heureux auspices et dans des conditions favorables que vous commencez vos travaux. La préparation, la mise au point sont parfaites. Discutez avec ardeur, — si vous n'étiez pas ardents à voire âge, vous n'auriez plus de flamme et d'enthousiasme passé quarante ans, — mais n'oubliez pas que le Congrès éveille au dehors une curiosité chez les uns affectueuse, chez d'autres jalouse et intéressée et que l'on escompte erreurs et écarts, qui, je le sais, ne se produiront pas.
Efforcez-vous de trouver les solutions les plus
j 1 1 s I es, surtout les plus claires, les plus simples, celles dont l'exécution ne dépend que de vous. Vous êtes des sociétés d'initiative privée. Comptez sur vousmêmes, non sur l'Etat. On vous aidera, surtout, si vous savez vous aider. C'était la maxime chère à Jean Macé, mon maître. D'ailleurs, votre force est en vous-mêmes, si vous savez l'utiliser. Vous tenez un puissant levier en main : l'association, qu'il faut apprendre à manier pour le bien public.
Permettez-moi encore un conseil, croyez-en un vieux praticien des Congrès. Rédigez un petit nombre de vœux. Ne saisissez le grand public et vousmêmes que de quelques conclusions, car si votre cahier de doléances ou plutôt de désirs, est trop chargé, nul ne le lira, pas même vous qui l'aurez composé. Effrayés par l'étendue de la tâche, vous resterez les bras croisés près de l'outil.
Donnez, vous, les jeunes, cet exemple à vos aînés, de tenir un Congrès qui soit autre chose qu'un concert de voix et de paroles, et qui ait un lendemain «l'action. Limitez vos demandes et vos espoirs aux possibilités de la réalisation.
Je sais qu'il y a des mandats, et même impératifs ; je sais qu'il y a des sacrifices d'amour-propre à consentir, même des risques à courir. Mais vos électeurs vous absoudront car ils se rendront compte que vous avez bien servi leur cause. Donnez-nous, en quelques traits brefs, en quelques formules netli nient condensées, après tant d'enquêtes et de consultations, la charte de la Jeunesse populaire
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associée, ce sera la charte même de la Patrie et de la République.
Messieurs, au nom de M. Gaston Doumcrgue, ministre de l'Instruction publique et des Beaux- Arts, je déclare ouvert le Congrès national des Associations d'anciennes et d'anciens élèves des Écoles laïqui