QUE SONT LES « PETITES A
tractions, de labeur consenti en commun, d'entraide
agissante, qui son( heureuses d'affirmer publiquement leurs sentiments de loyalisme envers la personne respectée el aimée du chef de l'État, de fidélité à la République dont elles sont la plus charmante et la plus sûre espérance, les plus résolus et les plus fermes soutiens.
Les Petites A:' L'appellation est quelque peu l matique. Elle participe du vaudevilleetdu sport. Elle n'a pas attiré l'attention, excité les défiances, et c'est tant mieux. Modestement, patiemment, l'o uvre a pu se constituer, se fortifier et s'étendre. Et maintenant elle est debout et en marche, encadrant les générations qui montent.
Les Petites A sont nées de l'école laïque, et, logiquement, ne pouvaient pas ne pas en naître. Institutrices, instituteurs, que la Convention saluait, à raison, par avance du titre d'éducateurs nationaux ont, pendant plus d'un quart de siècle, tellement répété à l'enfance, dans leurs nettes et probantes leçons de morale et d'instruction civique : « Aimezvous. Aidez-vous. Associez vos faiblesses : elles seront des forces. Pratiquez l'union pour la vie, et comme le dit le poète : soyez bons, soyez frères », que l'adolescence ouvrière et rurale, de la théorie, lu profond des intelligences et des cœurs, ssé à la beauté généreuse de l'acte. La jeunesse populaire, par reconnaissance envers ses maîtres, par foi sociale, s'est groupée autour de l'école devenue Maison d'amitié et de solidarité.
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Les Petites A, dans des milliers de communes où déjà elles affirment leur action, ont empli classes et préaux de leur joie. Elles en ont montré le chemin à la famille. Par le concert, le spectacle, la causerie illustrée de vues, elles ont fondé une manière de théâtres aux faubourgs et aux villages. Puis elles se sont tournées vers l'instruction, surtout vers l'éducation sociale. Par une heureuse évolution, elles tendent à devenir les cadres, combien souples et forts, de la jeune démocratie qui s'organise, qui, librement, se forme aux mœurs de la liberté et s'impose l'apprentissage nécessaire pour passer de l'École... au ménage, de l'Ecole... au régiment, de l'École... à la Cité et à la Patrie.
Déjà les Petites A, d'abord dispersées, isolées, se sont rencontrées à Paris, à Saint-Étienne, à Lyon, à Montpellier, et, dans les Congrès de Normandie, à Honfleur, à Alençon. Elles viennent, dans les trois glorieuses et utiles journées du Havre, de prendre définitivement conscience de l'action qu'elles peuvent et doivent exercer, des responsabilités qui leur incombent. Elles savent qu'elles personnilient l'Élite des Etudiants populaires qui peinent au bureau, à la ferme, à l'atelier, et que ce qu'elles seront, la France de demain le sera.
Mais le passé permet de bien augurer de l'avenir. La jeunesse populaire, et celle des campagnes, ne se laisse aller ni au découragement, ni au dilettantisme desœuvré, ni surtout au regret des choses à jamais abolies. Forte des doctrines qui ont forgé sa
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conscience collective, simple el robuste, riche «l^ sa belle santé physique et intellectuelle, acceptant joyeusement la loi du travail, elle s'élance dans les voies lumineuses de la science et «lu progrès.
Les Petites A sont Écoles d'énergie, de civisme; d'effective fraternité. Kilos répandent autour d'elles d< - sentiments de concorde et d'amour et elles les propageront avec une audience pleinement élargie le jour où, selon levœu prophétique <!<> Michelet, la Nation tout entière fraternisera dans l'Ecole nationale. Kilos n'enseignent pas la haine créatrice... de ruines matérielles et morales. Elles enseignent la République et la Patrie dont le culte est indissoluble.
Elles onl . les Petites A, dans ce beau Congrès du Havre, délibéré chaudement, certes, mais affectueusement, comme elles le font dans les humbles salles d'école, avec quelle sagesse, aveoquel sérieux, avec quelle précision de volonté réfléchie ! Elles ont fixé leur doctrine nettement solidariste, arrêté certaines idées directrices, tracé le programme dont devra, dans les divers milieux économiques et sociaux, et pour les jeunes filles et pour les jeunes gens, s'inspirer leur neuve et féconde activité. Demain, aux paroles succéderont les actes, aux vœux, les résultats.
Mais le Congrès national des Petites A est déjà un résultat.
i )n a pu dans cette villedu Havre où il y a quinze ans, en IN'.'.'., retentit l'appel aux libres collectivités