‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 109 sur 161 · VIE DE PLOTIIN PAR PORPHYRE · texte numérisé non relu

VIE DE PLOTIIN PAR PORPHYRE

sait en lui-même sa pensée d'un bout à l'autre, et une fois qu'il se mettait à écrire le résultat de ses réflexions, c'était avec tant de continuité, qu'on eût dit qu'il ne faisait que transcrire d'un livre ce qu'il avait ordonné dans son esprit. De là venait aussi qu'en causant avec nous, et en portant la conversation sur l'objet de ses pensées, il pouvait à la fois satisfaire aux besoins de l'entretien, et poursuivre sans s'interrompre la méditation du sujet qui l'occupait. Aussi quand l'interlocuteur était parti, sans relire ce qu'il avait écrit auparavant (4), parce que la faiblesse de sa vue, avons-nous dit, ne le lui permettait pas, il reprenait la suite de sa composition, comme s'il ne s'était pas écoulé un intervalle pendant lequel il eût été à la conversation. Il vivait donc ainsi tout à la fois avec lui même et avec les autres. Il ne se reposait jamais de cette attention intérieure : elle cessait à peine durant le sommeil, troublé souvent pour lui, et par l'insuffisance de la nourriture, car parfois, il ne prenait pas même de pain, et par cette concentration perpétuelle de son esprit.

(1) Voir plus haut le rapport, pages 7, 28, 29.

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