‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 82 sur 161 · ET DU MYSTICISME. LXXXVII · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. LXXXVII

« à la manière que la raison prouve qu'il le faut « aimer et que l'entendement le conçoit, n'aime « point le vrai Dieu. Dieu agit dans 1 ame toutes « les fois qu'elle n'y met pas obstacle par ses pen- « sées et ses opérations. Il faut dans l'oraison de- « meurer dans la foi obscure et universelle, la « quiétude, et dans l'oubli de toute pensée partice culière , même de la distinction des attributs de « Dieu et de la Trinité.» Voilà bien, sous un autre langage, la pure essence de Plotin et des autres. Mais Molinos va plus loin que qui que ce soit, et l'oraison telle qu'il la décrit est vraiment bien étrange. « Quoiqu'on soit accablé de sommeil ou « tout à fait endormi, on ne cesse pas d'être dans « l'oraison et la contemplation actuelle, parce que « l'oraison et la résignation, la résignation et l'o- « raison ne sont qu'une même chose, et que l'o- « raison dure tout autant que la résignation.» L'oraison ainsi entendue, on voit sans peine comment Molinos peut ajouter: «Quand une âme intérieure « a du dégoût des entretiens de Dieu ou de la vertu, « et quand elle est froide et sans ferveur , c'est un « bon signe... Aucun contemplatif ne pratique de « vraies vertus intérieures, autrement il ne serait « point mort ; il ne fait aucun acte d'amour, ni

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