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culièrement désirable; enfin, comme la valeur morale de la famille et la stabilité des institations sont les premiers intérêts et les premiers besoins d'un pays, nous avons montré comment l'enfant peut être préparé dès l'école à Taccomplissement des devoirs qu'il aura un jour à remplir comme chef de famille et comme citoyen.
La conclusion qui sort tout naturellement de cet ouvrage, c'est qu'il faut des instituteurs qui puissent donner à l'enfance l'éducation reconnue nécessaire. Sans vouloir rabaisser nos maîtres, nous pouvons dire que, si, parmi eux, nous comptons de bons éducateurs, il en est beaucoup qui ne sont encore que capables de le devenir, et beaucoup aussi qui ne le deviendront jamais. Et il y aurait deFinjustide à le leur reprocher, comme il y aurait de la naïveté à s'en étonner. Les portes de l'enseignement primaire sont ouvertes à deux battants, et l'on peut dire sans exagération, qu'on y entre sans frapper. Le modeste examen qui en garde l'entrée mérite à peine le nom d'épreuve. Que demande le programme à ceux qui se présentent? l'a 6 c du métier; d'éducation, il n'en est pas question. Quoi d'étonnant si les aspirants ignorent ce qu'ils n'ont pas appris, et s'ils n'apportent pas les garanties qu'on n'exige pas d'eux?
Le certificat de bonne vie et mœurs autrefois demandé n'avait qu'une valeur négative; on y a renoncé. Que reste-t-il en fait de garanties ? Les renseignements que les inspecteurs d'académie se
in DE L'ÉDUCATION
fournissent les uns aux autresne sont pour Tordmaire qu*un témoignage de hohne conduite, quelquefois un certificat d'aptitude à l'enseignement, rarement, presque jamais, une preuve d'aptitude à l'éducation. A l'homme qui va prendre en main non-seulement la direction intellectuelle, mais la direction morale de l'enfance, en réalité, • on ne demande rien qu'un modeste parchemin. Il est vrai qu'on prend de tout jeunes gens, presque des enfants, auxquels on livre l'enfance.
On ne manque aucune occasion de dire et de répéter à nos maîtres: « Vous devez être des éducateurs. » Le conseil est bon, mais il ne suffit pas. Il y aurait des mesures à prendre pour développer chez ceux qui la possèdent l'aptitude à l'éducation et pour reconnaître et écarter ceux qui en sont dépourvus. Ne pourrait-on introduire dans l'examen une épreuve spéciale et éliminatoire ? Ne pourrait-on choisir pour la composition française non pas une question d'instruction morale et civique, dont l'aspirant peut trouver la réponse dans sa mémoire, mais une question d'éducation dont il fût obligé de tirer la réponse de son propre fonds, et qui permît de voir s'il a quelque connaissance de la nature humaine, s'il sait ce qu'est l'enfance, s'il est en état de développer une qualité, de combattre un défaut, de redresser une idée fausse, déjuger un principe, une règle de conduite (1).
(l)Le sujet donné à la dernière session 6*e8t trouvé de ce
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Ne pourrail-K>n aussi exiger les qualités extérieures sans lesquelles un maître est sans action ; une bonne tenue, de bonnes manières, une élocution convevenable, en un mot les dehors de l'homme bien élevé; car il ne suffit pas que l'éducation s'adresse à Tesprit, il faut qu'elle parle aux yeux.
Je n'ignore pas les objections qu'on peut élever contre ces exigences, et je n'en méconnais pas la portée. En ce sujet, comme en bien d'autres, c'est l'argent, ou pour mieux dire, le manque d'argent qui paralyse tout. 11 en est des hommes comme de toutes les choses précieuses ; pour les avoir ou les former, il faut y mettre le prix. Mais en fait d'éducation et dans les conjonctures présentes, il y va d'un si grand intérêt qu'un sacrifice me semblar rait un bénéfice, et la plus large dépense le meilleur des placements.
Je voudrais donc que la condition de l'instituteur fût assez améliorée pour devenir enviable et pour être enviée, je voudrais qu'au prix de cette amélioration nécessaire, on échapp&t à la nécessité présente du recrutement banal, qu'on acquit le pouvoir de choisir, le droit d'exiger des futurs maîtres les preuves d'une maturité suffisante et d'une vocation véritable.
L'apprentissage des maîtres et l'épreuve de la vo-
genre. Les résultats ont prouvé la nécessité de la réforme que Je demande ; rimmense majorité des candidats a pris pour vérité une grossière erreur de morale.
cation se font au détriment du pays; il ne faut pas qu'on vienne à nous parce qu'on ne peut aller ailleurs et renseignement devrait être une carrière de choix et non un pis aller.
Si, comme le dit H. Spencer, l'art de l'éducation est de tous les arts le plus difficile, ce n'est psis à des mains novices ou malhabiles, qu'il convient d'en confier l'exercice.
En votant la loi du 28 mars 1882, loi qui double le nombre des matières de l'enseignement obligatoire, le législateur a certainement prévu les conséquences que devait eqtratner cette loi bienfaisante. C'est à lui qu'il appartient de prendre les mesures sans lesquelles elle risquerait de demeurer inapplicable ou ne serait qu'à demi appliquée. Commencée , dans l'instruction, la réforme se poursuivra dans . l'éducation, et la pleine exécution de la loi du , 28 mars sera le gage d'un progrès si nécessaire.