‹ De l'éducation correctionnelle et de l'éducation préventive. Étude sur les modifications à apporter à notre législation concernant les jeunes détenus et les mineurs abandonnés ou maltraitésChapitre 1 sur 3 · L’ÉDUCATION PRÉVENTIVE · texte numérisé non relu

L’ÉDUCATION PRÉVENTIVE

Le travail que nous publions a pour objet deux questions dont l’intérêt n’a pas besoin d’être démontré : celle des jeunes détenus, dont le régime actuel soulève, depuis plusieurs années, de justes réclamations, et celle des enfants abandonnés ou maltraités auxquels la loi doit assurer enfin, avec l’éducation, une protection qui leur fait encore défaut dans notre pays.

La première de ces questions est du domaine de la Réforme pénitentiaire ; la seconde appartient surtout à l’Assistance publique. Mais elles sont si étroitement connexes par leur sujet même, qu’il n’est pas possible de les séparer lorsqu’on étudie de près le sort déplorable des enfants que le vagabondage, la mendicité ou d autres délits placent incessamment entre les mains de la police et de la justice. C’est ainsi que nous avons été amenés à les réunir dans une même étude.

Cette étude comprend deux Rapports présentés à la Société générale des Prisons, au nom de sa Section d’éducation correctionneUe. Le premier, lu dans la séance du 5 févrirr 1879, a pour objet la révision de notre législation concernant les jeunes dé-

tenus, dont tout le monde reconnaît la nécessité depuis la grande Enquête parlementaire de 1872. Nous avons joint à ce Rapport un résumé et quelques extraits des discussions qui lui ont fait suite dans les séanes de la Société des 5 mars, 2 avril et 7 mai.

Le second Rapport, présenté dans la séance du 12 juin dernier, traite d’abord la question encore controversée des Écoles industrielles d’Angleterre et d’Amérique. Nous avons recherché, sans engouement pour les institutions des pays étrangers et sans aucun parti pris, quels services on est fondé à attendre pour l’éducation et la protection des enfants abandonnés et maltraités, d’établissements créés en dehors du régime pénitentiaire et investis du droit de détention ou de garde des mineurs qui leur seraient confiés. C’est le point neuf et délicat de notre sujet. Nous avons dû, en le traitant, toucher à une question très-difficile : la puissance paternelle, dont il s’agit de sauvegarder les droits, en parant à ses défaillances et réprimant ses plus criants abus.

En donnant aux conclusions de ce second Rapport la forme d’une Proposition de loi, nous n’avons pas eu la prétention d’anticiper sur l’oeuvre du législateur. Nous avons pris la forme la plus propre, suivant nous, à bien marquer notre but pratique et notre conviction que ces questions sont mûres pour une solution législative. Il nous a semblé aussi que nous rendrions plus facile la critique, c’est-à-dire le concours utile, de tous ceux qui s’intéressent à ces questions et se préoccupent d’améliorer le sort de l’enfance malheureuse.

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