L\V. — CHARLES-QUINT ET UN JEUNE MOINE DE SAINT-JUST
( n cherche souvent la retraite par inquiétude, plutôt que par un véritable esprit de religion.
CH. —Allons, mon frère, il est temps de se lever; vous dormez trop pour un jeune novice qui doit être fervent.
Le m. — Quand voulez-vous que je dorme , sinon pendant que je suis jeune? Le sommeil n'est point incompatible avec la ferveur.
Ch. — Quand on aime l'office , on est bientôt éveillé.
Le m. — Oui , quand on est à l'âge de votre majesté ; mais au mien, on dort tout debout.
Ch. — Eh bien ! mon frère , c'est aux gens de mon âge à éveiller la jeunesse trop endormie.
Le m. —Est-ce que vous n'avez plus rien de meilleur à faire .^ Après avoir si longtemps troublé le repos du monde entier, ne sauriez-vous me laisser le mien?
Ch. — Je trouve qu'en se levant ici de bon matin , on est encore bien en repos dans cette profonde solitude.
LeM. — Je vous entends, sacrée majesté : quand vous vous êtes levé ici de bon matin , vous y trouvez la journée bien longue : vous êtes accoutumé à un plus grand mouvement ; avouez-le sans façon. Vous vous ennuyez de n'avoir ici qu'à prier Dieu, qu'à monter vos horloges, et qu'à éveiller de pauvres novices qui ne sont pas coupables de votre ennui.
Ch. — J'ai ici douze domestiques que je me suis réservés.
Le m. —C'est une triste conversation pour un homme qui était eu commerce avec toutes les nations connues.
Ch. — J'ai un petit cheval pour me promener dans ce beau